L’ Université Marien Ngouabi a organisé, du 14 au 16 décembre 2022, à Brazzaville, un colloque scientifique international consacré à «Jérôme Ollandet: l’homme et son œuvre», sous le patronage de Mme Emmanuel née Edith Delphine Adouki, ministre de l’enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de l’innovation technologique. Trois jours durant, la communauté universitaire a rendu hommage au chercheur, historien, diplomate et juriste qu’a été Jérôme Ollandet, en croisant les regards dans une approche scientifique discursive et interdisciplinaire, sur l’immense œuvre intellectuelle qu’il a léguée à la postérité. L’événement a réuni des personnalités publiques, des universitaires et des chercheurs venus du Congo, de France, de Belgique et du Gabon, ainsi que des étudiants et des élèves.

Après le mot de bienvenue du sénateur Gabriel Zambila, président du comité d’organisation du colloque scientifique international sur Jérôme Ollandet, la ministre Adouki a procédé à l’ouverture des travaux. Dans son allocution, elle a souligné le caractère ambivalent de cette commémoration, car partagée entre souvenir mémoriel et hommage à l’homme et son œuvre. La tristesse «rappelle le souvenir de l’époux, du père, du frère, de l’ami, du collègue et de l’homme de science disparu, qui n’est plus physiquement avec nous». En même temps, «il nous rend particulièrement heureux et fiers de célébrer une personnalité hors du commun».
La leçon inaugurale a été donnée par le Pr Théophile Obenga, qui a indiqué le jour du 14 décembre de l’an 2022 est «un instant solennel, gonflé d’émotions et d’attentes variées, un moment de trait d’union communiel entre l’antique terroir des rois sacrés de Mbé et Brazzaville, dont l’appel incessant, insistant et répété à travers les monts et vaux est donné par le gong ancestral du village natal d’Oyomi, gouverné par Mwène Ngwembe». Et dans ce halo émotionnel, le sens de cet appel est «lié à la célébration mémorielle d’un homme qui fut un véritable grand homme du pays, de l’Afrique et du monde, par l’expérience riche de sa vie et, surtout, par sa production intellectuelle fort originale, irremplaçable dans l’historiographie africaine contemporaine», a-t-il souligné.
Les travaux du colloque ont réellement commencé l’après-midi du mercredi 14 décembre et se sont poursuivis jusqu’au vendredi 16 décembre, en six panels: «Jérôme Ollandet: écriture de la mémoire et de l’éveil de conscience»; «Jérôme Ollandet: épistémologie d’une écriture transversale»; «Jérôme Ollandet et l’historiographie congolaise; «Jérôme Ollandet: le Congo et le monde»; «Patrimoine/civilisations matérielles et dynamisme économique»; «Littérature, langues et civilisations à travers les écrits de Jérôme Ollandet».
Il ressort des trois jours de réflexion, d’échanges, de débats et de témoignages, une célébration scientifique de «Jérôme Ollandet qui a donné au monde ce qu’il a reçu de lui. Le Professeur Jérôme Ollandet était, est et restera une source d’inspiration pour les nouvelles générations des chercheurs du Congo et d’ailleurs, un modèle à suivre dans le dévouement professionnel pour la patrie, tant son apport dans la diplomatie congolaise est indéniable», lit-on dans le rapport final des travaux. Chacune de ses publications ouvre la voie à des réflexions nouvelles, pour repousser les frontières de la science et de l’ignorance le plus loin possible.
A travers sa production scientifique, les conférenciers ont retenu que le témoignage de «Jérôme Ollandet par lui-même est, à la vérité, un témoignage vivant de Jérôme Ollandet sur Jérôme Ollandet, un témoigne dans lequel et par lequel Jérôme Ollandet a communié avec tous les participants à ce colloque, en faisant lui-même la synthèse sur tout ce qui a été dit dans la salle de conférence du Palais des congrès, sur lui et sur son œuvre».
In fine, les conférenciers ont recommandé aux autorités rectorales de l’Université Marien Ngouabi de débaptiser un élément de son patrimoine (amphithéâtre, laboratoire, salle…), en l’honneur de Jérôme Ollandet, et de créer un prix destiné aux jeunes chercheurs dénommé «Prix Jérôme Ollandet pour la recherche». La ministre Adouki a promis de soutenir la publication des actes du colloque.

Joseph MWISSI NKIENI