A l’exemple de la lutte contre la pandémie de covid-19 où une task-force avait été mise sur pied, le gouvernement a eu l’excellente idée d’adopter, au mois de juin dernier, un plan de résilience sur la crise alimentaire. Réaction tout à fait salutaire face aux menaces de crise alimentaire induites par la guerre d’agression menée par la Fédération de Russie contre l’Ukraine, deux pays considérés comme des greniers du monde en matière de production céréalière.
Une task-force gouvernementale a été mise sur pied, pour la mise en œuvre du plan de résilience. Un fonds de résilience a été budgétisé. Le plan de résilience prévoit des actions que l’Etat doit réaliser et des mesures gouvernementales qui doivent être prises, pour endiguer la hausse des prix des denrées alimentaires de base et relancer la production agricole, de façon à répondre à la demande nationale.
Seulement, voilà ! A la différence de la lutte contre la pandémie de covid-19, où les décisions étaient prises à un rythme intense, avec effets immédiats sur le terrain, les effets du plan de résilience se font toujours attendre, près de cinq mois après son adoption. D’ailleurs, il y a lieu de se demander si la task-force de mise en œuvre du plan de résilience se réunit souvent. Après les prémices du début, c’est plutôt le silence qui semble prévaloir.
La note circulaire du ministre de l’économie et des finances sur l’exonération de certains produits alimentaires apparaît comme l’une des rares décisions prises jusque-là dans le cadre du plan de résilience. Or, pour que celui-ci produise ses effets, il faut que le gouvernement mette en branle la batterie des mesures prévues. Tout donne à penser que la volonté politique n’y est pas.
Si pour la lutte contre la pandémie de covid-19, où l’essentiel des mesures gouvernementales était de nature à interdire, le gouvernement y est allé avec beaucoup de détermination, donnant même le sentiment de s’acharner sur son peuple, pour la crise alimentaire, où l’essentiel des mesures est de soutenir les populations dans la production agricole et la préservation du pouvoir d’achat, le gouvernement donne l’impression de manquer de volonté. C’est ça la différence remarquée. Enfin, voyons voir ce que ça donnera dans les prochains jours.

L’HORIZON AFRICAIN