L’égoïsme trumpiste des Etat-Unis, avec son slogan «America first», n’est plus qu’un vieux souvenir. Le pays de l’oncle Sam, tombé aux mains des démocrates avec l’élection sur le fil de Joe Biden, a décidé de renouer sérieusement avec l’Afrique, pour rattraper son retard par rapport à l’Union européenne, la Chine et la Russie, ces deux derniers pays étant ses farouches concurrents sur le vrai vieux continent. Pour ce premier sommet Etats-Unis/Afrique de l’ère Biden, du 13 au 15 décembre 2022, Washington a invité presque tous les pays africains, dont le Congo, à l’exception de cinq pays dont on comprend aisément les raisons. Même Teodoro Obiang Nguema Basogo, le Président équato-guinéen dont la réélection a été qualifiée de «simulacre» par le gouvernement américain, est parmi les Chefs d’Etat invités.
Sécurité alimentaire sur fond de la guerre contre l’Ukraine, lutte contre le réchauffement climatique, enjeux de la démocratie et de la bonne gouvernance sont les principaux chapitres auxquels le Président Joe Biden a invité ses homologues africains à discuter. Le sommet de trois jours va se terminer par l’annonce de nouveaux investissements américains sur le continent.
La diplomatie américaine précise qu’à ce sommet, le Président américain, qui est gagné à l’idée du multilatéralisme à laquelle l’Afrique est accrochée. En plus, Joe Biden, qui fut Vice-Président des Etats-Unis sous Barack Obama, surnommé «l’Africain», soutient la revendication de sièges permanents au Conseil de sécurité des Nations unies pour l’Afrique et l’Amérique latine. Le Président démocrate va même plus loin, en proposant un siège au G20 pour le continent africain, en plus de l’Afrique du Sud.
Mais, pour concurrencer la Chine, il faut du concret: les investissements. Si Pékin, au nom de son sacro-saint principe de la non-ingérence dans les affaires intérieures des Etats, investit à tour de bras sur le continent noir, aggravant même l’endettement des Etats africains, les Etats-Unis conditionnent leur aide au progrès démocratique et à la bonne gouvernance. En plus, l’Agoa, à l’heure de la Zlecaf (Zone de libre-échange continentale africaine), va devoir être adaptée, pour renforcer les échanges commerciaux entre les Etats-Unis et l’Afrique. Le message est donc clair. C’est aux gouvernements africains de faire les efforts, pour créer les conditions de la croissance des investissements américains sur le continent.

L’HORIZON AFRICAIN