Les élections qui viennent de se tenir dans le pays au mois de juillet dernier ont prouvé à quel point les médias sociaux sont devenus des instruments qui contribuent à la transparence électorale, au grand dam des acteurs politiques qui misent encore sur la fraude, la tricherie ou le tripatouillage des résultats, pour se frayer le chemin du succès. Le cas emblématique a été finalement Mouyondzi. Grâce aux médias sociaux, tout le monde a suivi ce qui s’y est passé, comme si on y était. Mise à part la manipulation des faits et/ou leur mauvaise interprétation ou présentation tronquée, non située et même contradictoire, on pouvait se faire une idée plus ou moins exacte de ce qui se passait.
Mais, le succès des médias sociaux a été à la fois aussi leur point faible, car tout le monde en a profité pour manipuler l’opinion. Toujours est-il que la victoire de l’opposition a été probablement rendue possible au plan officiel à Mouyondzi, grâce à la transparence renforcée par le rôle des médias sociaux. Il est un secret de Polichinelle que dans l’organisation de ces élections, le fait qui a troublé la conscience des Congolais, c’est la publication des résultats qui ne reflètent pas la réalité des urnes. Les Congolais sont convaincus que gagner dans les urnes ne suffit plus, encore faut-il avoir la chance que les résultats sortis des urnes, soient respectés à la publication. Il y a des cas où c’est vrai, mais il y en a d’autres où ça ne l’est pas. Le tripatouillage des résultats étant devenu un sport national auquel tout le monde se livre, dès qu’il en a la possibilité. Le faux en écriture publique est érigé en moyen de lutte politique. Ce n’est plus un délit qui conduit en prison.
Au soir même du scrutin du deuxième tour, le 31 juillet dernier, on a commencé à suivre les résultats de Mouyondzi comme des autres circonscriptions, quoique sur fond de doute, car n’étant pas sûr de ce qui se disait et des documents publiés dans les médias sociaux. Beaucoup pensaient même que si Claudine Munari a gagné dans les urnes, il y avait une forte probabilité que sa victoire soit torpillée. Alors, les oiseaux de mauvais augure promettaient déjà le pire, si ça devait être le cas. Est-ce par peur de l’explosion de violences qui menaçait de se produire à Mouyondzi que le laboratoire national de renversement des résultats n’a pas fonctionné? En tout cas, c’est un ouf de soulagement qu’il n’ait pas fonctionné. La victoire axée sur le renversement des résultats (la Varr), comme elle s’est produite dans certaines circonscriptions, aurait pu mettre le feu aux poudres à Mouyondzi. Du coup, la tension est retombée! Mais, le vœu des Congolais, c’est la fermeture définitive de ce redoutable laboratoire qui gangrène la démocratie congolaise. En sera-t-il le cas un jour?

L’HORIZON AFRICAIN

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