Le Congo est de plus en plus absent dans les compétitons sportives internationales. Une seule raison: les finances font défaut. Qui peut y croire? Avant de soulever la question financière, il faudrait d’abord chercher à savoir si les pouvoirs publics sont réellement engagés à assurer la présence du Congo, partout où elle doit se manifester dans le domaine du sport.
En athlétisme, notre pays a brillé cette année par ses absences aussi bien dans les compétitions africaines que mondiales. Les athlètes congolais étaient, par exemple, attendus, le 5 juin dernier, au meeting international d’athlétisme de Dakar. Ils ne s’y sont pas présentés. Faute d’argent. Quant aux mondiaux d’athlétisme, qui se sont déroulés en juillet dernier aux Etats-Unis, n’en parlons même pas. Où est-ce qu’on pouvait trouver l’argent pour y aller?
Même dans les compétitons sportives sous-régionales, le Congo ne manque pas de briller par ses absences. Du 25 au 28 août dernier, la ville de Goma, en RD Congo, a abrité les championnats d’Afrique de karaté, région centre, en cadets, juniors et séniors et le Tournoi d’amitié de karaté, en séniors, des pays des Grands-Lacs. Le Congo était aux abonnés absents. Faute d’argent. Pourtant, les Diables-Rouges s’y étaient bien préparés. Leur entraîneur a même révélé, dans les médias, que c’est depuis des mois qu’il avait démarré la préparation de ces deux compétitions. Mais, grande a été son amertume d’apprendre que la délégation congolaise ne pouvait pas se rendre à Goma, par manque de billets. Et pour cause, la ligne budgétaire du sport au Congo est déjà épuisée cette année. Même à Goma, on ne peut pas donc y aller, faute d’argent. Comme le ridicule ne tue pas, il y a de quoi s’imaginer qu’au Congo, il engraisse. Qui trouve intérêt à nous ridiculiser comme ça: la crise économique?
En tout cas, sauf exception comme au football, le Congo ne devrait plus être présent, pour le reste de l’année, à une compétition sportive internationale. Mais, jamais on apprend que les dirigeants politiques congolais n’ont pas pu prendre leurs vacances cette année faute d’argent. Surtout que les vacances, la plupart d’entre eux, ils les passent principalement en Europe occidentale et aux Etats-Unis. En 2019 et 2021, la pandémie de covid-19 les avait cloués au pays. Mais, cette année, la tradition a repris. Toutes les délégations congolaises devant prendre les vacances en dehors du pays, y sont allées. La ligne budgétaire n’est pas épuisée. Au contraire, elle est toujours et grassement alimentée.
Les dirigeants nationaux sont-ils convaincus qu’investir dans les activités sportives, c’est aussi accroître le niveau de diversification de l’économie nationale? La culture et le sport sont des domaines qui jouent le rôle accélérateur du tourisme. Généralement, les pays qui tirent des ressources substantielles du tourisme, sont aussi ceux où les activités culturelles et sportives sont dynamiques. Reste maintenant à savoir comment appelle-t-on la politique nationale qui consiste à financer les vacances plutôt que le sport!

L’HORIZON AFRICAIN

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici