Dans le cadre de son programme de prévention des «violences basées sur le genre au sein de l’Eglise et la société», mis en œuvre depuis 2013, avec l’appui financier et technique de l’Eglise évangélique de Norvège, le Conseil synodal de l’E.e.c (Eglise évangélique du Congo), a organisé, du 1er au 2 décembre 2022, à Brazzaville, un atelier de présentation du bilan d’exécution dudit programme qui s’achève cette année et qui sera remplacé par un nouveau projet pilote. A l’issue des travaux de cet atelier, il a été décidé que la lutte contre les violences basées sur le genre devient une activité permanente de l’église, qui sera assurée désormais par l’A.e.p (Action évangélique pour la paix).

Ouvert par le pasteur Juste Alain Bakoua, président de l’Eglise évangélique du Congo, l’atelier s’est déroulé avec la participation de la coordonnatrice du programme, Mme Joséphine Ntsika, des responsables des paroisses de l’E.e.c, des représentants de l’Eglise catholique, de l’Armée du salut, des O.n.gs et ceux de l’administration publique (Ministère de la justice, des droits humains et de la promotion des peuples autochtones et Ministère de de la promotion de la femme, de l’intégration de la femme au développement et de l’économie informelle).
L’Eglise évangélique du Congo s’est engagée depuis 2012 dans la lutte contre ces formes de violence, afin de réduire les «inégalités, les injustices et l’obscurantisme». Elle est la première au Congo à se doter d’une politique de lutte contre les violences basées sur le genre, considérées souvent comme tabou en milieu religieux. Quoique les résultats obtenus à travers le programme soient encourageants, beaucoup reste à faire. Pour assurer la continuité de cette lutte, l’A.e.p a été identifiée comme organe national de gestion des activités du programme de lutte contre les violences basées sur le genre, qui prend le relais de la cellule exécutive de l’actuel programme et d’élaborer une stratégie de mobilisation des ressources financières.
«Nous avons relevé avec une certaine satisfaction que les sessions d’information, d’éducation et de communication de proximité menées dans les paroisses et les écoles d’enseignement protestant ont permis d’amorcer un débat et une prise de conscience sur le phénomène, considéré quelque fois comme tabou», a déclaré le révérend pasteur Juste Alain Bakoua, en saluant les efforts accompli par l’Eglise. Le président de l’E.e.c en appelle à l’implication de tous pour obtenir un changement durable contre ces formes de violences. «Mettre fin à la violence contre les femmes et les enfants n’est pas de la responsabilité d’une personne, d’un groupe. Il est nécessaire que nous menions une action collective», a-t-il indiqué
Selon les statistiques, 16 consistoires sur 36 que possèdent l’E.e.c ont été directement touchés par les campagnes de sensibilisation, la formation et la prise en charge des victimes de violences (sexuelles, économiques, socioculturelles, verbales et physiques), 60 paroisses (soit environ 41,95% des paroisses de cette église). On note aussi 61 écoles (cycle complet) évangéliques, catholiques, privées et publiques dans lesquelles des sensibilisations ont été menées pendant près de dix ans.
Selon Mme Joséphine Ntsika, coordonnatrice du projet sur les v.b.g, une ligne spécifique sera créée dans le budget 2023 de l’église et l’A.e.p va s’ouvrir aux partenaires internationaux pour solliciter des aides». Une autre rencontre regroupant toutes les églises chrétiennes est prévue le 12 décembre prochain sur la mise en place d’une plateforme commune de lutte contre les violences basées sur le genre.

Roland KOULOUNGOU