La 10ème réunion ministérielle du Comité des dix de l’Union africaine portant sur la réforme du Conseil de sécurité des Nations unies,  s’est tenue du 11 au 12 janvier 2023, au Centre international de conférences de Kintélé, au Nord de Brazzaville, sous le patronage du Président de la République, Denis Sasssou-Nguesso, en vue de dégager une position commune sur l’attribution de deux sièges permanents au continent africain, au Conseil de sécurité des Nations unies. On y a noté la participation des ministres des pays membres du C10, à savoir l’Algérie et la Libye (représentant l’Afrique du Nord), le Sénégal et la Sierra-Leone (l’Afrique de l’Ouest), le Kenya et l’Ouganda (l’Afrique de l’Est), la Zambie et la Namibie (l’Afrique australe), la Guinée Equatoriale et le Congo (l’Afrique centrale), en plus des hauts représentants de l’Union africaine et de l’Onu.

La 10ème réunion du Comité des dix de l’Union africaine sur la réforme du Conseil de sécurité de l’Onu avait démarré le mercredi 11 janvier, sous la direction de Jean Claude Gakosso, ministre des affaires étrangères, de la francophonie et des Congolais de l’étranger. «C’est à bras ouverts, comme je vous l’avais promis à Kampala, l’année dernière, que nous vous accueillons aujourd’hui à Brazzaville. Et ce, à la veille de deux événements majeurs, à savoir le sommet annuel de l’Union africaine et le lancement imminent du nouveau cycle de négociations intergouvernementales sur l’épineuse question et lancinante de réforme du Conseil de sécurité des Nations unies», avait-il indiqué à ses hôtes.

Le Président Denis Sassou-Nguesso (au milieu)
Le Président Denis Sassou-Nguesso (au milieu)

Jeudi 12 janvier, c’était la cérémonie solennelle d’ouverture, sous le patronage du Président de la République, Denis Sassou-Nguesso. Une fois de plus, le Chef de l’Etat a fait entendre sa voix sur ce qu’il qualifie comme une injustice à réparer. «En effet, depuis 17 ans, l’Afrique essaie de faire entendre sa voix pour que soit réparée cette injustice historique. Dans ce cadre, les initiatives n’ont pas manqué, parce que notre continent œuvre pour une gouvernance mondiale plus inclusive, plus transparente et mieux adaptée aux réalités du monde d’aujourd’hui dont la complexité est constituée des forces nouvelles sur la scène internationale, la polarisation des antagonismes, la résurgence du spectre de la guerre froide, notamment avec la crise russo-ukrainienne dont on ne perçoit pas toujours l’issue», a-t-il indiqué.
«L’Afrique, elle-même, est en proie à des nombreux foyers de tension. Dès lors, comment en assurer le règlement au sein des Nations unies et son conseil de sécurité, si le continent n’est pas représenté au niveau le plus élevé?», s’est-il interrogé.
Il a fait savoir que l’Afrique étant un acteur majeur de la scène internationale. Elle doit faire valoir ses droits et devoirs au sein des Nations unies. A cet effet, il est urgent d’instituer un conseil de sécurité reformé et rénové, plus transparente, plus démocratique et plus représentatif de la diversité culturelle mondiale. «A ce sujet, en lien avec la convention des Nations unies de 2005, cette revendication induit pour l’Afrique l’espoir de voir une ou de deux langues authentiquement africaines faire leur entrée aux Nations unies comme langue de travail», a-t-il fait savoir, tout en saluant l’initiative de Joe Biden d’œuvrer à l’attribution d’un siège permanent au continent africain.
Pour sa part, David John Francis, ministre des affaires étrangères et de la coopération internationale de Sierra-Leone, coordonnateur du C-10, a réaffirmé la position de son pays, en affirmant que le C-10 ne stagne pas, tout en étant conscient que reformer une institution internationale qui a fonctionné pendant plus de six décennies n’est pas une chose aisée. Notons qu’au cours de leurs travaux, les membres du Comité des dix de l’Union africaine ont plaidé pour l’attribution à l’Afrique de deux sièges permanents au Conseil de sécurité des Nations unies.

Achille TCHIKABAKA