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Virginie Batchy, chargée de missions au Ministère des hydrocarbures : «Les voix des femmes doivent compter sur toutes les décisions»

Virginie Batchy, chargée de missions au Ministère des hydrocarbures : «Les voix des femmes doivent compter sur toutes les décisions»

Ancienne Première dame de la République Sud-africaine et coordinatrice de l’A.f.w.i.d (sigle anglais signifiant: Forum africain femmes en dialogue), Mme Tabo Mbéki a organisé, du 4 au 8 novembre 2019, à Johannesburg, la deuxième édition du «Forum femmes en dialogue».

Celle-ci a réuni un millier de femmes venues du continent africain sans distinction de religion, de race et de culture, sur le thème: «Femme africaine, actrice du changement». Le Congo y était représenté par Mme Virginie Batchy, chargée de missions au Ministère des hydrocarbures. Dans l’entretien qu’elle nous a accordé, celle-ci s’appesantit sur l’implication de la femme dans les instances de prise des décisions et elle demande «au Président de la République, Denis Sassou-Nguesso, de responsabiliser les femmes car, pense-t-elle, elles font mieux que les hommes». Interview.

* Madame la conseillère, les femmes africaines se sont retrouvées en Afrique du Sud, à l’initiative de l’ancienne Première dame de ce pays. De quoi s’est-il agi exactement?
** Tout d’abord, je remercie votre journal pour l’opportunité qu’il me donne de parler de notre rencontre de Johannesburg. Pour répondre à votre question, je dirai qu’il s’agit du forum africain femmes en dialogue (en anglais: African forum women in dialogue), qui a regroupé un millier de femmes du continent autour des problèmes actuels et des défis à relever pour le développement, tant que notre implication est très attendue par les décideurs. Parler des problèmes qui nous échappent, parce que parfois, nous ne sommes pas au courant de ces problèmes.
C’était un moment très indiqué pour les femmes de faire entendre leur voix.
A la première édition, en 2018, le forum n’avait accueilli que les femmes de l’Afrique de l’Est. Cette fois ci, en 2019, la coordination du forum a intéressé toutes les femmes des autres sous-régions du continent, pour participer à cet échange d’expériences et porter très haut la voix de la femme africaine.
Lorsque nous faisons un rétrospectif, la femme africaine peut bien impulser le changement. Il suffit de vous rappeler de Beijing (Chine), en 1995, où plusieurs décisions avaient été prises sur l’implication de la femme dans le développement et sa présence dans les sphères de décisions. Malheureusement, rien de concret n’a suivi, alors que la plupart de nos pays ont ratifié les conventions et protocoles relatifs à l’émancipation de la femme. Il y a aussi la résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations unies qui exhorte les femmes à s’impliquer dans le processus de paix. Les femmes doivent s’impliquer totalement, parce qu’elles subissent en premier les conséquences des conflits déclenchés ici ou là par les hommes.

* Vous avez représenté le Congo à ce forum, qu’avez-vous retenu et que peut attendre la femme congolaise de ce forum par rapport au thème central?
** Je puis vous dire que j’ai été marquée par un exercice: celui de nous identifier d’abord. Nous sommes Africaines et sans distinction. L’Afrique est notre propriété commune, plus de frontières entre nous, quels que soient le niveau d’instruction et l’appartenance à telle ou telle religion. Plus de paysanne, plus d’intellectuelle, mais plutôt l’Afrique qui domine. Et elle est dominée en nous. Nous avons parlé avec les yeux, sans nous connaître et nous ne parlons pas une même langue. C’est magnifique!
Mais chez nous, au Congo, les parents nous interdisent de regarder certaines personnes, alors qu’on regarde, tu peux communiquer avec la personne et ne pas la regarder peut entraîner la haine. Toute l’Afrique était représentée et c’était profond.

* Que doit faire l’Africaine, la Congolaise, après avoir pris part à ce forum?
** J’ai été à ce forum en tant que femme. Certes, mon appartenance à la société civile a joué aussi. Parce que le dynamisme a compté, pour qu’on soit retenue comme participante.
Revenue au pays, il faut inciter les autres femmes à postuler. C’est la vision de cette plateforme de rencontre, pour stimuler les femmes à prendre leurs responsabilités.
Le Congo s’achemine, là, vers l’organisation des élections. Un moment où les gens s’entredéchirent et la tension monte. Il suffit de voir dans les réseaux sociaux où les insultes et autres bêtises commencent à prendre corps. Les femmes se doivent de travailler pour ramener les sentiments de paix et de quiétude dans la société. Nous ne sommes pas là pour défendre un parti, servir les intérêts de tel ou tel autre, non! Nous sommes là, dans l’intérêt de la Nation. Nous devons agir pour le rayonnement de notre pays. Nous avons tellement été marginalisées que les femmes doivent désormais jouer leur rôle. Notre pays a du potentiel intellectuel et des matières premières. Nous ne pouvons plus continuer à regarder d’autres personnes venir prendre nos richesses, être spectateurs de ce pillage organisé à grande échelle.
Pour nous, c’est vaincre le tribalisme, le régionalisme et seul le Congo compte. Bannir ceux qui tirent le pays vers le bas et promouvoir le dialogue pour permettre le développement tous azimuts du Congo. Les hommes aujourd’hui ont montré les limites de leur incompétence. Il est temps que le Président Sassou-Nguesso fasse confiance aux femmes. Les femmes peuvent mieux faire. Il y a des gens qui sont en poste depuis trente, quarante ans, c’est trop. Il faut laisser la place aux autres. Pourquoi rester au même endroit, au même poste? Il faut prospecter ailleurs. Il y a toujours des choses à faire dans le pays et beaucoup reste à faire.

* C’est la vision du forum femme en dialogue?
** Tout ce qui se décide, désormais, sans nous, nous ne l’acceptons plus. Trop de résolutions et protocoles d’accords, cela suffit. Nous ne voulons plus de nouveaux engagements, ça suffit. Il faut passer à la pratique. Qu’est-ce qui empêche aux autorités congolaises de responsabiliser les femmes et bien le faire? S’il y a trente ministres, que nous ayons quinze femmes et quinze hommes! Les femmes sont là, arrêtons de prendre les mêmes. Il faut bien faire le travail de casting. Les femmes congolaises sont dynamiques, compétentes et rassurantes. Nous devons changer les choses et cela est possible.

Propos recueillis par
Chrysostome
FOUCK ZONZEKA

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24 octobre 2020, 23: 45

L’editorial de la redaction

L’ÉDUCATION, LA FORCE ET LA QUALITÉ DE LA SOCIÉTÉ!

Ainsi donc, les élèves congolais ont renoué avec le chemin de l’école depuis le lundi 12 octobre. Après pratiquement six mois et demi d’inactivités (du 1er avril au 11 octobre) dus à la suspension des cours pour cause de pandémie de covid-19. Et la rentrée scolaire intervient sur fond de crise sanitaire, puisque le pays continue de faire face à la pandémie. Avec tout ce que cela induit de conséquences impactant la vie scolaire. Le ministre en charge de l’enseignement en a d’ailleurs informé l’opinion nationale.

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