D’origine congolaise et l’un des écrivains francophones les plus lus dans le monde (son œuvre est traduite dans une vingtaine de langues), Alain Mabanckou vient de publier, aux Editions du Seuil (Paris, France), son nouveau roman intitulé: «Le commerce des Allongés». Paru ce mois d’août, à Paris, le nouveau roman du Renaudot 2006 met en scène un jeune homme, Liwa Ekimakingaï, qui a passé son enfance et continue d’habiter chez sa grand-mère, Mâ Lembé, car sa mère, Albertine, est morte en lui donnant la vie. Il est employé comme cuisinier à l’Hôtel Victory Palace de la capitale économique congolaise et attend de rencontrer l’amour.

Un soir de 15 août où l’on fête l’indépendance du Congo, Liwa Ekimakingaï réunit ses plus beaux atours à peine achetés l’après-midi et, assez extravagants, pour aller en boîte. Au bord de la piste de danse, la belle Adeline semble inatteignable. Pourtant, elle accepte ses avances, sans toutefois se compromettre. Elle signera sa fin…

La couevrture du nouveau roman.
La couevrture du nouveau roman.

Le nouveau roman d’Alain Mabanckou est une remontée dans la vie et les dernières heures du jeune homme qui assiste à sa propre veillée funèbre de quatre jours et à son enterrement. Aussitôt enseveli, il ressort de sa tombe. Pour se venger?
En toile de fond, la ville de Pointe-Noire et ses cimetières, en particulier le Cimetière des riches, où tout le monde rêverait d’avoir une sépulture, mais où les places sont très chères, et celui dit Frère-Lachaise, pour le tout-venant dont Liwa fait partie.
«Le commerce des Allongés» est un grand roman social, politique et visionnaire dans lequel la lutte des classes se poursuit jusque dans le royaume des morts, où ceux-ci sont d’ailleurs étrangement vivants. Le commerce des Allongés est une sorte de fable moderne, urbaine qui met en scène un jeune homme qui vient de mourir et qui est très, très bien habillé, sapeur, les couleurs étaient excellentes et qui pense qu’il ne devait pas mourir ce jour-là, et qu’il a encore quelque chose à régler. Et une fois qu’il était enterré, il surgit, finalement, de la tombe et se met à regarder autour de lui. Il comprend qu’il a un peu survécu et qu’il est dans l’autre monde et les autres défunts autour de lui vont commencer à lui raconter leur existence», explique l’auteur sur sa page Facebook.
D’où lui est venue l’idée d’écrire ce roman?
L’idée de ce roman m’était venue, lorsque j’étais retourné au Congo-Brazzaville et que j’avais aussi lu dans le journal les faits divers d’un individu qui était mort et qui fréquentait les boîtes de nuit. A cet instant-là, je me suis rappelé moi-même les rapports que nous avions avec la mort. Je me suis rappelé qu’au Congo-Brazzaville, ou dans beaucoup de sociétés africaines, la mort et la vie se côtoient; le monde des vivants n’est pas l’aboutissement ou l’apothéose de l’existence; il y a une autre vie qui est derrière, qui est peut-être meilleure.
Je pense aussi que «Le commerce des Allongés» est, sans doute, mon livre le plus féminin, peut-être par la présence de la figure de la grand-mère, peut-être par la présence de la figure de cette femme qui est appelée la Jeanne d’Arc congolaise, parce qu’elle est brûlée pour ses convictions, je n’en dirai pas plus comme d’habitude, et aussi par le courage et l’endurance de ces femmes qui tiennent le marché de Pointe-Noire, ces femmes qui vont accompagner la détresse; ces femmes qui vont, jour après jour, donner de la vie aux pauvres, à ceux qui n’ont rien, à ceux qui ressemblaient à nos mamans, d’ailleurs», se justifie-t-il.
Né en 1966, au Congo-Brazzaville, Alain Mabanckou réside en Californie, aux Etats-Unis, où il est professeur titulaire de littérature à l’Université de Californie-Los Angeles. Lauréat, en 2006, du Prix Renaudot, pour son roman «Mémoires de porc-épic», il est finaliste, en 2015, du Man Booker International Prize et du Premio Strega Europeo. Il a notamment été récompensé en 2012, par l’Académie française (Grand prix de littérature Henri-Gal) et en 2013 par la Principauté de Monaco (Prix littéraire Prince Pierre de Monaco, pour l’ensemble de son œuvre).

Nana KABA

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