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Vie politique nationale : Le Cap de nouveau en deuil, avec la disparition de Christophe Moukouéké

Le Cap (Congrès africain pour le progrès), parti créé en octobre 2014, a de nouveau perdu un de ses co-fondateurs, Christophe Moukouéké, décédé le jeudi 30 septembre 2021, à 3h du matin, à la Clinique municipale Albert Léyono de Brazzaville, des suites de la pandémie de covid-19. Des tractations pour pouvoir l’évacuer médicalement étaient en cours, quand le décès est survenu. Il a été provisoirement inhumé au cimetière du centre-ville de Brazzaville, lundi 4 octobre 2021.

Après le décès en France, de son co-fondateur et vice-président, Dominique Nimi-Madingou, dont le corps pourra être inhumé à Dolisie, le Cap, le parti de Jean Itadi, situé à l’opposition, a subi un nouveau coup dur, avec la disparition inopinée de son vice-président, Christophe Moukouéké, à l’âge de 82 ans.
Grande figure de la classe politique congolaise issue de l’arrivée du commandant Marien Ngouabi au pouvoir, Christophe Moukouéké est né le 25 avril 1939, à Mvouti, dans l’actuel Département du Kouilou.
Son père, originaire de la Bouenza, fut cheminot du C.f.c.o (Chemin de fer Congo-Océan).
Enseignant de mathématiques au niveau secondaire, il est co-fondateur du P.c.t (Parti congolais du travail), lors du congrès du 29 au 31 décembre 1969.
Il a occupé successivement plusieurs fonctions politico-administratives.
En effet, Christophe Moukouéké fut commissaire politique (préfet) à Ouesso (Département de la Sangha) où il laissa un grand souvenir au sein des populations qui l’avaient adopté comme leur fils. Il fut aussi plusieurs fois ministre et député de Mabombo, dans le Département de la Bouenza.
Au gouvernement, il occupa le portefeuille de ministre de l’enseignement primaire et secondaire en 1971 et de ministre de la communication.
Co-fondateur de l’U.pa.d.s (Union panafricaine pour la démocratie sociale), en 1991, avec le Président Pascal Lissouba, dont il fut l’un des compagnons historiques, il fut le puissant secrétaire général de ce parti sous la mandature de ce dernier (1992-1997).
Avec le renversement du régime Lissouba, il prit le chemin d’exil en France.
Après le congrès de décembre 2006 qui porte Pascal Tsaty-Mabiala au poste de premier secrétaire de l’U.pa.d.s, Christophe Moukouéké, devenu vice-président de l’U.pad.s, prendra la tête d’un mouvement de contestation qui conduira à la tenue d’un autre congrès en 2009 qui va créer l’U.pa.d.s fond jaune.
Ultime combat politique enfin, la création en octobre 2014 du C.a.p avec Jean Itadi.
Christophe Moukouéké change de costume politique. Il s’éloigne du combat au sein de l’U.pa.d.s pour se déployer au niveau national, en faveur de l’alternance démocratique et de la bonne gouvernance électorale, en s’alliant avec Mathias Dzon, Clément Miérassa, etc.
En dépit des liens d’amitié et de fraternité entre son épouse et la première Dame, il pourfend sans merci la politique du Président Denis Sassou-Nguesso, accusé de mauvaise gouvernance. Il s’oppose au changement de la Constitution et conteste la réélection de ce dernier en 2016. Mais, sans base militante consistante, Christophe Moukouéké est loin de se faire entendre. La radicalité du discours de son camp politique n’empêche pas le pouvoir d’imposer son jeu. Il ne verra jamais le dialogue national inclusif auquel il a toujours appelé.
On retiendra de lui le souvenir d’un grand démocrate qui, de retour au pays après son exil, n’a jamais prôné la voie de la violence, réclamant toujours le dialogue.

Urbain NZABANI

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