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Vie politique nationale : Divergence au sein de l’opposition sur la concertation politique de Madingou

Vie politique nationale : Divergence au sein de l’opposition sur la concertation politique de Madingou

Annoncée jeudi 22 octobre 2020 par le ministre de l’intérieur et de la décentralisation, Raymond Zéphirin Mboulou, la concertation politique de Madingou devant se tenir courant novembre est diversement accueillie par les plateformes et les partis de l’opposition. Si certains, comme l’U.d.r-Mwinda de Guy-Romain Kinfoussia, s’y montrent favorables, considérant que ce dialogue sous forme de concertation est «la seule voie», pour permettre au Congo d’aborder le scrutin présidentiel de l’année prochaine de manière apaisée, pour d’autres comme la Fédération de l’oppositon congolaise de Claudine Munari ou le C.p.o.c (Collectif des partis de l’opposition congolaise) de Mathias Dzon, le gouvernement doit convoquer «un vrai dialogue inclusif» au lieu d’une concertation qu’ils qualifient de «monologue».

Il faudrait au gouvernement beaucoup travailler s’il souhaite donner à la concertation politique prévue au cours de ce mois de novembre à Madingou, chef-lieu du Département de la Bouenza, la chance de réunir l’essentiel des tendances de la classe politique nationale. Car, du côté de l’opposition, la balance semble pencher vers le refus d’y participer. La Fédération de l’opposition congolaise, que dirige Claudine Munari, a publié une déclaration, le 27 octobre 2020, pour réclamer «l’organisation d’un dialogue national inclusif dans les meilleurs délais, avec l’implication de la communauté internationale». Ce qui signifie implicitement que la concertation politique de Madingou n’est pas une bonne proposition pour elle.
La Fédération de l’opposition congolaise a dressé le constat que malgré la tenue des concertations politiques préélectorales depuis 2009, «aucune élection ne s’est déroulée de manière démocratique, crédible et transparente dans notre pays». «Pourquoi alors reconduire en novembre 2020, une démarche dont les objectifs escomptés n’ont jamais été atteints? Est-ce un rituel?», s’interroge cette plateforme qui est convaincue qu’il s’agira «d’une énième concertation politique dont le but sera de distraire l’opinion nationale et internationale, pour ainsi donner l’impression d’une volonté de décrispation du climat politique et de recherche de conditions d’organisations d’élections crédibles, transparentes et apaisées». La fédération de l’opposition congolaise réclame par ailleurs «la libération des prisonniers politiques».
Même son de cloche au Collectif des partis de l’opposition congolaise que dirige Mathias Dzon. Celui-ci réclame, lui aussi, la tenue d’un dialogue national inclusif à la place de la concertation politique promise par le gouvernement et qu’il qualifie de «monologue». Dans une conférence de presse tenue à Brazzaville, le 31 octobre dernier, son leader, Mathias Dzon, a demandé la convocation d’un dialogue national inclusif qui rassemblera «toutes les forces politiques et sociales de la Nation». Le C.p.o.c va même plus loin en proposant carrément l’instauration d’une période de transition avec un gouvernement d’union nationale et un parlement de transition. Car, à quatre mois de l’élection présidentielle, pense-t-il, il n’est plus possible de convoquer un dialogue national inclusif, pour tenir une élection apaisée. Il faut donc aller vers une période transition, soutiennent les dirigeants de cette plateforme qui trouvent ensuite inutile d’amener les acteurs politiques à Madingou, où il n’y a pas de salle pouvant accueillir autant de monde et au moment où le pays est confronté à une crise financière aigue. Le gouvernement ferait des économies en convoquant cette rencontre à Brazzaville.
Quant aux autres partis de l’opposition qui tirent à boulets rouges sur la concertation politique de Madingou, à l’instar de l’U.p.c (Unis pour le Congo), de Paulin Makaya, ils ont assurément besoin d’abord de régler leur situation administrative de reconnaissance légale. Car, même si on allait vers le dialogue national inclusif, ils ne pourraient pas y être invités, par manque de reconnaissance légale. S’il y a des injustices du côté du gouvernement à reconnaître les partis politiques, à eux d’en fournir les preuves, pour mieux plaider leurs causes.
Du côté du gouvernement, après l’annonce de la tenue de la concertation politique de Madingou, la date est précisée: du lundi 9 au dimanche 15 novembre. Mais, l’agenda n’est pas annoncé. Sera-t-il uniquement question de l’élection présidentielle ou d’autres sujets politiques y seront abordés? C’est dans la salle à Madingou que l’ordre du jour sera annoncé.

Narcisse
MAVOUNGOU

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03 décembre 2020, 11: 08

L’editorial de la redaction

LES CÔTÉS AMERS DE LA DÉMOCRATIE!

Des milliers de supporters du Président Donald Trump ont manifesté, samedi 14 novembre dernier, à Washington, pour protester, une fois de plus, contre la présumée «fraude électorale» qui aurait privé leur champion de sa victoire à l’élection présidentielle du 3 novembre. Ils sont allés manifester leur colère jusque devant la Cour suprême des Etats-Unis, dans le quartier du Capitol Hill, comme pour appuyer les recours en justice introduits par les avocats du Président Trump. C’est la démocratie, peut-on dire! Mais, la démocratie a ses côtés amers et on l’oublie souvent.

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