Depuis le mardi 14 décembre 2021, la rumba congolaise, une danse et une musique née sur les deux rives du Fleuve Congo, est inscrite au patrimoine culturel immatériel de l’humanité, lors de la 16ème session du Comité intergouvernemental de l’Unesco tenue à Liverpool, en Grande-Bretagne, pour examiner une soixantaine de candidatures.

Les adeptes de la rumba des deux rives du Fleuve Congo peuvent crier victoire. Leur style musical vient d’être inscrit au Patrimoine culturel immatériel de l’humanité. Dans une interview au quotidien Les Dépêches de Brazzaville, Henri Ossebi, ambassadeur, délégué permanent de la délégation permanente du Congo auprès de l’Unesco, a rendu hommage aux Présidents Denis Sassou-Nguesso et Félix Antoine Tshisekedi-Tshilombo. «Leur volonté a permis l’heureux aboutissement du dossier de candidature solide et pertinent présenté dans le respect des procédures auprès d’une institution multilatérale du Système des Nations unies par le Comité rumba du Congo, présidé au départ par feu Mfumu Fylla. Avec la contribution du Groupe Afrique auprès de l’Unesco, nous sommes plusieurs experts des deux Congo à avoir pu piloter conjointement ce projet culturel de grande envergure. Aujourd’hui, nous pouvons clamer haut et fort que combien cette date symbolise désormais une reconnaissance internationale où la rumba congolaise, après avoir conquis ses lettres de noblesse sur le continent africain, emboîte la pas à sa «cousine» cubaine déjà inscrite à l’Unesco en 2016», a-t-il affirmé.
Interrogée par nos confrères de R.f.i (Radio France internationale), la directrice générale de l’Unesco, Audrey Azoulay, a reconnu que le fait que le dossier rumba ait été porté conjointement par les deux Congo a joué un rôle déterminant dans la décision de son institution: «On est aussi très heureux que les deux Congo aient porté ensemble, aient travaillé main dans la main pour porter cette candidature ici. Et puis, c’est un moment, je dirais, historique, quand on connaît l’histoire de cette musique, tout ce qu’elle porte, l’histoire à la fois de l’esclavage, du Bassin du Congo, jusqu’aux Amériques, jusqu’à Cuba et puis le retour de cette musique au 20ème siècle, qui a accompagné toute l’élite politique, la mémoire, la dignité, mais aussi l’indépendance politique, dans les années 60. Donc, il y a tout un ensemble de valeurs, d’histoire, de mémoire qui sont portées par cette musique. On est au-delà de l’esthétique, on est au-delà de l’émotion et c’était important que la communauté internationale le reconnaisse».
L’inscription de la rumba au Patrimoine culturel immatériel de l’humanité va donner une notoriété nouvelle à cette musique, y compris auprès d’eux-mêmes, les Congolais des deux rives. Sur son portail numérique, l’Unesco définit le «patrimoine culturel immatériel» ou «patrimoine vivant», comme «un héritage de nos ancêtres que nous transmettons à nos descendants». Il comprend «les traditions orales, les arts du spectacle, les pratiques sociales, les rituels et les événements festifs».
Comme musique dansante, la rumba est une véritable identité culturelle chez les peuples des deux Congo. Selon le journaliste Mfumu, le précurseur moderne de cette musique à partir de 1932 n’est autre que Paul Kamba (1912-1950), avec son groupe Bonne Espérance. Il sera suivi sur la rive gauche par Antoine Wendo Kolosoy (1925-2008) qui le fréquentait et leur héritage sera fructifié et donnera naissance à des étoiles qui ont porté la rumba vers les confins du monde.

Nana KABA

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