L’O.n.g Umaterre (Usines pour les maisons et l’architecture en terre) envisage de promouvoir, en matière immobilière, la voûte nubienne, technique originaire d’Égypte antique consistant à n’utiliser que la terre crue dans le gros œuvre, en vertu de ses avantages écologiques et économiques, comme en ont déjà bénéficié certaines communautés d’Afrique occidentale. Le 7 janvier 2023, à Brazzaville, l’O.n.g Umaterre a tenu son assemblée générale constitutive, sanctionnée par l’élection d’un bureau exécutif de huit membres, présidé par Seidel Aimé Roch. Objectif principal: «assurer la promotion et la vulgarisation des techniques de production et de construction en terre. Nous allons promouvoir le bâtiment autonome. Notamment la construction en terre», selon les explications de ce dernier.

D’après des études, la voûte nubienne est un procédé architectural antique, venu de la Nubie, dans le haut Nil. Il permet «de construire, avec un outillage basique, des matériaux locaux et des compétences techniques simples, des habitations aux toitures voûtées, restaurant la possibilité du toit terrasse et utilisant de la terre crue séchée au soleil». Ce qui fait penser à la technique de la terre battue utilisée depuis des siècles en Afrique subsaharienne, notamment en Afrique centrale.

Promouvoir la voûte nubienne au Congo.
Promouvoir la voûte nubienne au Congo.

Et au Congo, ce n’est pas la terre qui manque. Il faut donc en profiter pour «contribuer à la protection de la planète», explique Seidel Aimé Roch. Le cadre congolais en B.t.p sait de quoi il parle. Tant les avantages de la terre sont légion dans le domaine de l’habitat ou du bâtiment.
Dans un pays tropical comme le Congo, caractérisé par de fortes chaleurs exacerbées, ces derniers temps, par le réchauffement climatique, la terre joue un rôle de régulateur d’un phénomène climatique comme la chaleur ou la fraîcheur. «Quand ça chauffe à l’extérieur, l’intérieur se refroidit. Quand ça se refroidit à l’extérieur, on a une sensation de chaud à l’intérieur», explique encore Seidel Roch Aimé.
L’autre avantage est économique. Si le gros œuvre d’une maison de quelque trois chambres, construite en béton, peut coûter près de 3 millions de francs Cfa, une maison en terre reviendrait à environ 300.000 francs Cfa seulement, soit dix fois moins qu’avec le béton ou le bois. «Une construction en terre se résume à la main-d’œuvre des maçons. On n’a pas besoin d’acheter le matériau pour le gros œuvre, car la terre est partout et à notre disposition», souligne encore Seidel.
Des avantages écologiques et économiques que l’O.n.g Umaterre tient à faire bénéficier aux Congolais, à travers la formation dans plusieurs domaines dont la maçonnerie en B.t.c (Briques de terre comprimée), la voûte nubienne et la terre coulée.
Et pour cette année 2023, Umaterre a déjà ficelé un programme axé sur sept points à savoir: «Acquisition d’un terrain à Madingou et construction en terre du siège; Elaboration du répertoire national des compétences du bâtiment; développement des partenariats avec le réseau international des constructions en terre; mise en place du système de formation des techniciens à la construction en terre; partenariat avec les fournisseurs des équipements: presses manuels, compacteurs, tamis, matériel topographique, laboratoire; système de propagation de la technologie dans les différentes localités du Congo-Brazzaville et élaboration du contrat foncier pour la construction urbaine des logements sociaux».
Voilà une politique qui, si elle est favorablement accueillie, pourrait aider à une amélioration significative du cadre de vie des Congolais qui, du fait de la faiblesse du pouvoir d’achat, éprouvent toutes les peines du monde à se loger décemment.

John NDINGA-NGOMA