U.d.h-Yuki

Rampante jusque-là, la crise a fini par éclater de nouveau au grand jour

Le feuilleton de crise à l’U.d.h-Yuki, parti créé par feu Guy-Brice Parfait Kolélas et situé à l’opposition, est loin d’avoir touché à sa fin, après les dernières élections législatives et locales. Les deux courants internes qui se livrent une lutte sans merci ont fait leur réapparition, après le surprenant épisode judiciaire qui se poursuit d’ailleurs. Aux dernières nouvelles, le premier vice-président et président par intérim du parti, Pascal Ngouanou, a été suspendu de ses fonctions, jusqu’à la tenue du congrès, par le courant de Gilles Fernand Bassindikila, deuxième vice-président, à l’issue d’une réunion du Bureau politique qu’il a présidé le samedi 24 décembre 2022. Aucun courant ne peut chasser un autre, leur a enjoint Raymond Zéphirin Mboulou, le ministre de l’intérieur, de la décentralisation et du développement local, à qui les deux parties ont fait recours.

L’U.d.h-Yuki se dévoile comme un parti qui souffre d’une crise de leadership, depuis la disparition de son mythique fondateur, Guy-Brice Parfait Kolélas. Pascal Ngouanou ne semble pas être à la hauteur de présider aux destinées de ce parti, alors qu’il s’accroche à son héritage comme à la prunelle de ses yeux. Après des contradictions avec des militants partis le voir chez lui, pour demander des comptes sur la gestion financière, il a porté l’affaire en justice, malgré les conseils qui lui étaient donnés de trouver une solution à l’interne.

Pascal Ngouanou (en chapeau)
Pascal Ngouanou (en chapeau)

La crise survient toujours à la suite de ses décisions prises de manière unilatérale. Voyant la résurgence de cette tendance, le courant Bassindikila s’est réveillé. Pour lui barrer la route, le camp Ngouanou avait bloqué le siège du parti, au quartier Mpissa, dans le deuxième arrondissement Bacongo. Pour avoir axé au siège, le deuxième vice-président a fait appel aux services de Me Pierre Claver Nitou Ngoko, huissier de justice, commissaire-priseur, près la Cour d’appel de Brazzaville, qui a fait le constat, supervisé l’ouverture du siège et dressé un procès-verbal.

Gilles Fernand Bassindikila (à droite).
Gilles Fernand Bassindikila (à droite).

Prévue à 12h30, c’est finalement vers 14h que la réunion du Bureau politique, présidée par Gilles Fernand Bassindikila, a commencé. Sur 23 membres, 16 étaient présents. Le quorum étant atteint, la réunion a pu se tenir. Ainsi, le Bureau politique a décidé que la commission d’organisation du congrès soit sous la tutelle de la médiation. Tous les actes pris par le président par intérim, Pascal Ngouanou, ont été purement et simplement annulés. Ce dernier a été du reste suspendu jusqu’au congrès. René Mokono, président de la Fédération U.d.h-Yuki de Pointe-Noire a été réhabilité dans ses fonctions.

Avant cette réunion du Bureau politique, Pascal Ngouanou avait sollicité l’intervention du ministre de l’intérieur, Raymond Zéphirin Mboulou. Celui-ci a finalement reçu les deux courants auxquels il a demandé de se mettre à la disposition de la médiation. La balle est donc désormais du côté de la médiation conduite par l’ancien ministre Michel Mampouya et le sénateur Ludovic Miyouna Tétani. La tenue du congrès est maintenant le seul objectif, pour élire le nouveau président du parti, qui supervisera la mise en place des nouvelles instances dirigeantes de l’U.d.h-Yuki.

Chrysostome FOUCK ZONZEKA