U.d.h-Yuki

Pascal Ngouanou a traîné cinq militants devant le tribunal

La première audience de la première chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance de Brazzaville sur l’affaire Pascal Ngouanou contre cinq militants de l’U.d.h-Yuki (Union des démocrates humanistes), comparaissant en procédure de citation directe, a eu lieu lundi 14 novembre 2022, au Palais de justice de Brazzaville.

La première audience a permis de relever que le plaignant, Pascal Ngouanou, premier vice-président et président par intérim de l’U.d.h-Yuki, et les cinq prévenus, notamment Jean-Marie Mpassi (chauffeur), Saturnin Loukemba-Nkouka (fonctionnaire), Jean-Marc Loumouamou Banzouzi (militaire), Jérémie Bizenga et René Mokono (sans emplois), étaient présents, en compagnie de leurs avocats, notamment Me Steve Herman Botongo Bagne pour le compte du plaignant et Me Yvon Ibouanga défendant les prévenus poursuivis pour délits de menace, de dénonciation calomnieuse, d’effraction, de destruction et de diffamation. A titre de dommages-intérêts, Pascal Ngouanou réclame à chacun des quatre premiers prévenus, la somme de 300 millions de francs Cfa, soit un total de 1,2 milliard de francs Cfa. A Mokono René, il réclame 2 millions de francs Cfa de dommages-intérêts.

Il était 10h30, lorsque les cadres et militants de l’U.d.h-Yuki ont envahi la salle d’audience du Palais de justice. Une militante a même signalé que «c’est le début du congrès que Pascal Ngouanou ne veut pas». En effet, pour mettre en place ses instances dirigeantes, après le décès de son fondateur, Guy-Brice Parfait Kolélas, l’U.d.h-Yuki a prévu la tenue d’un congrès après les élections législatives et locales de juillet dernier. Malheureusement, le président par intérim traîne les pas, pour retarder la tenue de ce congrès dont la date n’est toujours pas annoncée. Maintenant, avec cette procédure judiciaire, le congrès risque d’être relégué aux calendes grecques.

Il a fallu attendre 14h30, pour qu’enfin Pascal Ngouanou soit appelé à la barre, suivi des cinq accusés. Dès sa prise de parole, l’avocat de la défense, Me Yvon Ibouanga, a déclaré que cette procédure est un fourre-tout. Il a relevé quelques exceptions aux fins de son annulation et la relaxation des prévenus, en s’appuyant sur les articles 226, 322 et 323 du code de procédure pénale, pour faire son argumentaire.

Prenant la parole à son tour, le ministère public a demandé au tribunal de ne pas se laisser distraire par l’avocat de la défense qui agit ainsi, «parce qu’il se sent coincé». «La citation directe n’est pas entachée de nullité», a-t-il répliqué.

Pour sa part, Me Steve Herman Botongo Bagne a avancé qu’«il ne faut pas accepter la demande de l’avocat des prévenus à ce stade de la procédure. Allons au fond sur le dossier. Il faut plaider». «Il y a plusieurs infractions sur lesquelles vous allez nous juger, il n’y a pas que la diffamation», a-t-il ajouté. Finalement, l’affaire a été renvoyée au 12 décembre prochain.

Il faut souligner qu’en regardant la salle d’audience, on voit bien que le parti de Guy-Brice Parfait Kolélas est bien divisé. Pascal Ngouanou était venu avec ses soutiens, notamment son directeur de cabinet, Michel Miayoukou, et les autres. Tôt le matin, il avait appelé le député Joseph Badiabio et Bonnard Moussodia, pour l’accompagner. Malheureusement, la réponse n’est pas allée dans le sens de sa demande.

Pour leur part, les prévenus ont reçu le soutien du deuxième vice-président, Gilles Fernand Bassindikila, du président du groupe parlementaire de l’U.d.h-Yuki à l’assemblée nationale, le député Gérald Lone Bambi-Goma, du député Nicolas Malonga et des autres dirigeants. Au sortir de cette audience, le parti sera-t-il le même? Ira-t-il au congrès uni? Le doute est plutôt permis. Avec cette procédure judiciaire, l’U.d.h-Yuki aura, en effet, du mal à sauvegarder son unité, faute de leadership convainquant.

Chrysostome FOUCK ZONZEKA