Depuis que le pays a fait l’effort de bitumer une grande partie de son réseau routier, il est apparu un fléau qui a fait monter le taux de mortalité sur les routes: les accidents de la circulation. Dans l’après-midi du mercredi 10 novembre 2021, un grave accident mortel s’est produit sur le viaduc reliant Talangaï à Kintélé. Une camionnette est entrée en collision avec un taxi, faisant des morts et des blessés graves parmi les passagers à bord du taxi. Les débris du véhicule éparpillés sur la voie bitumée et le réverbère renversé témoignaient de la violence du choc. L’excès de vitesse est sans doute la cause aggravante de cet accident effroyable, offrant un spectacle chaotique en termes de secours.

Les accidents de la circulation constituent, depuis quelques années, un fléau de plus en plus inquiétant qui mérite d’être éradiqué sur les routes congolaises. Le facteur humain en est l’une des principales causes: excès de vitesse, mauvais dépassement, non-respect du code de la route, refus de priorité, surcharge, non-respect de la distance de sécurité, défaut de permis de conduire, alcoolisme, distraction, fatigue ou somnolence, usage du téléphone au volant, conduite de véhicule à la mécanique défaillante, etc. Il y a aussi que la route congolaise est souvent muette, par l’absence de panneaux de signalisation. Dans les villes, les feux de croisement font souvent défaut dans plusieurs carrefours.
Face au facteur humain, il y a lieu de recourir à la conscientisation, en plus des sanctions déjà prévues par les textes législatifs et réglementaires. Grâce à la mobilisation des O.n.gs (Organisations non-gouvernementales) depuis les années 90, les Nations unies ont institué, à partir de 2005, la Journée mondiale du souvenir des victimes des accidents de la route. Elle est célébrée le troisième dimanche du mois de novembre, chaque année. Ainsi, le dimanche 21 novembre 2021, la communauté internationale va orienter son attention sur les victimes de la route. Le Ministère en charge du transport a-t-il prévu des activités ou une déclaration à l’occasion de cette journée? On le saura dimanche prochain.
Il y a lieu de rappeler que cette journée a pris naissance grâce aussi à la décennie d’action pour la sécurité routière 2011-2020, proclamée par l’Assemblée générale des Nations unies en 2010. Elle a permis d’amener les Etats à prendre des mesures plus énergiques, afin de sauver des vies face au péril de la route. Malheureusement, tous ces événements n’ont pas tellement impacté la politique de notre pays en matière de transport terrestre.
Mais, mieux vaut tard que jamais, dit l’adage. Notre pays peut par exemple instituer, pourquoi pas, une journée nationale contre les accidents de la route, pour orienter l’attention sur le nécessaire travail de conscientisation des automobilistes, afin de baisser le taux de mortalité trop élevé sur nos routes et améliorer la sécurité routière. Les médias attirent souvent l’attention des autorités nationales sur le péril routier. La route lourde Brazzaville/Pointe-Noire, malgré un trafic qui n’est pourtant pas intense se révèle, cependant, dangereuse surtout sur la traversée du Mayombe où l’on relève un taux d’accidents important. En tout cas, il est clair qu’au regard des accidents mortels qu’on peut éviter, le gouvernement doit agir, pour sauver des vies. Les organisations de la société civile doivent aussi apporter leur contribution, pour faire bouger les lignes.

Jean-Clotaire DIATOU

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