Mardi 1er novembre 2022, c’était la fête de la Toussaint. Les gens ont la coutume d’aller fleurir les tombes de leurs proches. A Brazzaville, les nécropoles, disparates, sont situées en banlieue Nord et Sud de la capitale. Durant la fête de la Toussaint, il y a des affluences de gens sur les deux axes. C’était encore le cas mardi 1er novembre dernier sur l’axe Sud, notamment la nationale n°1. A Madibou et à Nganga-Lingolo, il y avait des embouteillages.

La route de Linzolo (30 kms), qui a connu des travaux d’aménagement en 2020, par la société forestière Taman industries Ltd, n’est plus que l’ombre d’elle-même, comme en attestent les images qui illustrent ce commentaire. A l’époque, ces travaux étaient financés par un système de troc (travaux de réaménagement des routes contre impôts).

A une vingtaine de kilomètres au Sud de Brazzaville, la route de Linzolo, un calvaire.
A une vingtaine de kilomètres au Sud de Brazzaville, la route de Linzolo, un calvaire.

Un contrat auquel le ministre Rigobert Roger Andély, alors en charge des finances, avait mis un terme. Les sociétés forestières s’étaient ainsi retirées des travaux d’aménagement des routes. Depuis, c’est le chaos sur les routes non bitumées.
Cette situation est, en effet, à l’origine par exemple de l’isolement du Département de la Likouala. Les sociétés forestières avaient retiré les deux bacs de Bissambi et de Sambala sur les rivières Ibenga et Motaba depuis janvier 2022. Un compromis avait été trouvé pour les remettre, en attendant la poursuite des travaux de construction des ponts de Sambala et de Bissambi.
Brazzaville, la capitale, et le Département du Pool ont connu la réalisation des programmes de municipalisation accélérée. Mais, la construction des routes Nganga-Lingolo/Linzolo/Mbanza-Ndounga (86 Km), et Odziba/Mbé/Ngabé (103 kms), est restée au stade de projets jusqu’à présent. A à peine une vingtaine de kilomètres au Sud de la capitale, sur une route très fréquentée, les populations vivent le cauchemar. Les images sont là pour l’attester.
«La route du développement passe par le développement de la route», disent les experts africains. Depuis les années 80, la route de Linzolo, pourtant à vocation agricole, touristique et commerciale, est maintenue dans le sous-développement, on ne sait pour quelle raison. Même les partenaires financiers du Congo comme la Bad (Banque africaine de développement) et la Banque mondiale ne trouvent pas intérêt à regarder ces projets. On sait aussi que le tronçon Kinkala/Mindouli (60 kms), financé par le Fed (Fonds européen de développement) a été abandonné, laissant un contentieux qui n’a jamais été réglé jusqu’à présent, alors que les populations sont pénalisées. C’est très étonnant.

Urbain NZABANI