Sélectionner une page

Sur quoi s’appuyer, pour une relance économique plus durable au Congo?

Sur quoi s’appuyer, pour une relance économique plus durable au Congo?

La question, d’une importance capitale, devrait préoccuper actuellement tous ceux qui ont à cœur les problèmes du développement socio-économique et sanitaire du pays: sur quoi s’appuyer, pour une relance économique plus durable au Congo? C’est dans cette optique, en ce qui concerne mon champ de compétence, à savoir la sécurité alimentaire et en ma qualité de chercheur en la matière, j’ai abordé la problématique de la relance économique du Congo sur des bases plus durables, pour contribuer à soutenir et accompagner l’Etat dans ses efforts à mettre en œuvre ses différents programmes de développement économique. C’est tout le sens à donner à la présente réflexion.

Avant de rentrer dans le vif du sujet et pour conduire à une meilleure compréhension de celui-ci, il m’a paru intéressant d’évoquer, tout d’abord, l’affirmation de Jacques Attali. En effet, dans son manifeste intitulé «Urgences française», publié aux Editions Fayard en 2013, il écrivait: «Ce qui se joue aujourd’hui est une question de vie ou de mort. Pour la démocratie. Pour le pays. La crise est là. Et peut-être pour longtemps. Elle est économique, sociale, culturelle et politique. La France pourra s’en sortir. Elle peut tout autant décliner durablement. Il nous faut agir. Tous. Et très vite».
En ce qui concerne le cas spécifique du Congo-Brazzaville, l’état actuel est marqué par les crises ci-après:
– le pays est tributaire des fluctuations des prix des produits exportés bruts. Le cas du pétrole, principale source naturelle du Congo en est la concrète illustration. En effet, la baisse drastique des cours du baril de pétrole a fortement réduit les ressources financières de l’Etat. De ce fait, le pays subit de plein fouet, à l’heure actuelle, la crise économique;
– la covid-19, qui est à l’origine de la crise sanitaire d’une nature sans précédent que tous les pays du monde entier ou presque, dont le Congo, connaissent, est venu aggraver sa situation de crise économique, déclenchant ainsi une plus grave récession économique.
A la lumière de ce qui précède, les préoccupations importantes et évidentes de l’heure peuvent se résumer aux questions de savoir: comment doit s’adapter le pays à ce nouvel environnement difficile qui, malheureusement, ne fait que perdurer? Comment le pays peut-il se sortir de cette ornière, afin de relever son économie?
Ce qui commande à tous ceux qui ont à cœur le problème du développement socio-économique, chacun dans son domaine de compétence, de réfléchir sur les stratégies à mettre en place, les politiques sectorielles crédibles à adopter et les importants organismes en charge de ces politiques, à promouvoir puis proposer des schémas de solutions.
II s’agirait, ici, surtout, des domaines essentiels tels que le tourisme, l’agriculture, l’enseignement et la santé. De ceux-ci, j’évoquerai deux secteurs importants et prometteurs à dynamiser, notamment le tourisme et l’agriculture, en considération du fait qu’ils peuvent jouer les rôles de levier de croissance et de développement national. D’autant plus que le tourisme et l’agriculture ont été rangés parmi les secteurs prioritaires devant contribuer à la diversification de l’économie, en vue de générer des emplois durables et contribuer ainsi à la réduction de la pauvreté.
En ce qui concerne le domaine du tourisme, l’on pourrait développer le tourisme local à travers des initiatives incitatives telles que l’organisation des voyages tout comme des excursions de découverte du pays. De façon concrète, à l’instar de l’organisation des colonies de vacances pour les élèves, les entreprises étatiques tout comme les entreprises privées pourraient organiser, pour les travailleurs et aussi pour les particuliers, des voyages de découverte du pays, notamment des sites touristiques. Parmi ceux-ci, l’on peut citer entre autres: les parcs Nouabale-Ndoki dans la Sangha et la Likouala, Odzala-kokoua dans la Cuvette-Ouest et Conkouati au Sud; les sites culturels de Mbé; l’ancien port d’embarquement des esclaves de Louango; le site de Mbirou dans la Sangha; lac bleu dans le Niari; le lac Nanga à Matombi, le village des pécheurs situé à Louango, au pont du Bas-Kouilou le plus long de notre pays; lac Cao; les chutes de Loufoulakari, les cataractes et le Mémorial Pierre Savorgnan de Brazza, etc. Il y a aussi l’assistance et la participation aux cérémonies des pêches à la corbeille (exemple dans le Département de la Cuvette). Ce qui contribuera, assurément à l’accompagnement d’une politique d’aménagements touristiques, à la rentabilisation des infrastructures hôtelières et à l’amélioration des infrastructures de transport. L’autre grand avantage qu’il conviendrait de souligner ici, est qu’une telle initiative permettra surtout de résoudre l’équation formation-marché en ce sens que, les jeunes formés ou qui sortent des écoles de formation en hôtellerie peuvent facilement trouver à s’employer.
Quant à l’agriculture, il s’agit de la sécurité alimentaire qui fait référence à la disponibilité, ainsi qu’à l’accès à la nourriture en quantité et en qualité suffisantes. C’est une préoccupation évidente et constante de tous les temps. Dans le but que soit bien comprise l’importance exceptionnelle de ma réflexion sur ce domaine, il m’a paru nécessaire et opportun de commencer par l’évocation des propositions de l’économiste et consultant international en management, le Dr Kitsoro Firmin Kinzounza pour la relance de l’économie congolaise en cet état actuel des crises économiques et de la pandémie de covid-19 que traverse la République du Congo. Selon lui, il faudrait entre autres, «une stratégie nationale de diversification de l’économie comprenant des projets économiques prioritaires destinés à réduire les importations et à booster les exportations des produits manufacturés d’une part, et une stratégie destinées aux financements des projets économiques de la stratégie nationale de diversification de l’économie, d’autre part».
Concrètement, en ma qualité de chercheur indépendant hongro-congolais en sécurité alimentaire, à mon humble avis, le développement du Congo devrait partir des grands projets, des programmes précis, crédibles pour relever son économie. Les grands projets sous-entendent les projets de relance de la croissance économique ayant une finalité marquée.
Parmi ces grands projets, l’on peut évoquer un projet important en termes d’activités, du nombre d’emplois prévus et d’autres activités prévues. Il s’agit du projet intitulé «Projet du développement de la filière pomme de terre au Congo Brazzaville» initié par le Docteur Alphonse Emekandoko, expert en sciences alimentaires et chercheur en sécurité alimentaire. Projet qui pourrait avoir une vocation nationale ou sous régionale et peut s’inscrire dans le cadre de la synergie entre la recherche scientifique et le développement du secteur agricole du Congo. Il porte également appui aux exploitants agricoles nationaux et entre dans le cadre de la diversification économique. L’importance du développement des filières se mesure à travers le fait que les filières sont de véritables leviers de développement d’autant plus qu’elles sont créatrices d’emplois et génératrices de revenus durables. Et surtout du fait que la diversification de l’économie passe aussi par la diversification des filières. (A suivre).

Alphonse EMEKANDOKO
Expert en sciences alimentaires (PhD);
Chercheur en sécurité alimentaire;
Membre privé de l’Institut International du Froid (IIF) Malesherbes (Paris).
Contact: emekandoko@gmail.com.

A propos de l'auteur

Laisser une réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

heure locale

23 octobre 2020, 03: 03

L’editorial de la redaction

L’ÉDUCATION, LA FORCE ET LA QUALITÉ DE LA SOCIÉTÉ!

Ainsi donc, les élèves congolais ont renoué avec le chemin de l’école depuis le lundi 12 octobre. Après pratiquement six mois et demi d’inactivités (du 1er avril au 11 octobre) dus à la suspension des cours pour cause de pandémie de covid-19. Et la rentrée scolaire intervient sur fond de crise sanitaire, puisque le pays continue de faire face à la pandémie. Avec tout ce que cela induit de conséquences impactant la vie scolaire. Le ministre en charge de l’enseignement en a d’ailleurs informé l’opinion nationale.

Lire la suite

Je m’abonne à la newsletter de l’horizon africain

Votre Publicité

Archives

Statistiques de notre site

  • 4
  • 28
  • 1 640
  • 3 699
  • 463
  • 579
  • 18 octobre 2020

Votre météo

booked.net