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Sur quoi s’appuyer, pour une relance économique plus durable au Congo?

Sur quoi s’appuyer, pour une relance économique plus durable au Congo?

L’autre problème important qu’il sied de souligner ici, c’est celui lié à la qualité des produits importés. En effet, très souvent, c’est dans le contexte des crises, surtout sanitaires que certaines personnes mal intentionnées en profitent, pour réaliser de bonnes affaires. Il s’agit notamment des fournisseurs, des importateurs et des grossistes, qui, avec de faux documents, pourraient livrer des denrées de vieille congélation, des aliments suspects (trait au formol), des produits impropres à la consommation (contaminés au formol ou par les micro-organismes tels que la salmonelle). Et également, les commerçants véreux qui mettent sur les marchés les produits de mauvaise qualité (avariés, périmés).

La santé des consommateurs étant fortement influencée par l’alimentation, la conséquence logique résultant de la consommation des produits susmentionnés sont les maladies avec les conséquences financières liées à celles-ci. A cela s’ajoute le lot de problèmes qu’elle engendre aussi, à savoir: les décès, l’absentéisme et le faible rendement au travail.
Au regard de ce qui précède, la sécurisation des consommateurs s’impose comme une priorité absolue. Pour se faire, en prenant conscience effective de la délicatesse de leur tâche et de leur responsabilité, les services compétents en charge du contrôle de la qualité des produits alimentaires et non alimentaires devraient effectuer des contrôles systématiques aux points d’entrée dans le pays et sur les marchés. Leurs agents doivent être sans management pour les commerçants véreux. Pour sécuriser les consommateurs, la nécessité s’impose aussi de doter la structure habilitée à compétence générale pour la gestion et la supervision du contrôle de qualité, notamment le département de commerce, des outils d’aide au contrôle tels les laboratoires accrédités de bromatologie pour le contrôle de la qualité sanitaire des aliments ainsi que de leurs compositions physicochimiques et aussi des laboratoires mobiles d’analyse des médicaments contrefaits.
L’on voit, clairement, l’on comprend aisément que la solution appropriée à ces problèmes est l’atteinte de l’autosuffisance alimentaire. Autosuffisance qui sous-entend la meilleure façon d’assurer la sécurité des approvisionnements et généralement aussi comme une politique visant à éviter des importations nettes de produits alimentaires.
En vue de s’efforcer à inverser cette tendance de forte dépendance alimentaire vis-à-vis de l’extérieur, le Congo devrait avoir une politique agricole plus efficiente, concrète pour répondre aux besoins alimentaires. L’élaboration de celle-ci pourra être facilitée par l’ouvrage qui peut être cité comme une espèce de bréviaire. Celui du Dr Alphonse Emekandoko en voie d’édition. En effet, le titre de ce livre en dit long: «Contribution pour relever les défis du développement agricole et de la dynamisation du secteur agro-industriel: filières tubercules et céréales. Cas de la République du Congo».
De manière substantielle, en ce qui concerne la première partie de l’ouvrage, notamment la contribution sur le premier défi à relever, non seulement l’auteur replace l’agriculture congolaise comme un levier du développement, en démontrant la spécificité du secteur pour l’alimentation, la lutte contre la pauvreté et pour la croissance économique et en précisant aussi les conditionnalités, les critères objectifs qui conduisent au développement agricole, il a établi un programme fondé sur un diagnostic précis, à savoir: «Programme pour pérenniser la sécurité nutritionnelle de certains départements du Congo-Brazzaville».
Concrètement, sur la base des enseignements, des leçons tirés des échecs des programmes, projets du Congo et aussi les projets et programmes réalisés avec l’appui des partenaires dans le cadre du développement agricole ainsi que de la sécurité alimentaire.
Pour ce qui est de la deuxième partie, le Dr Alphonse Emekandoko montre, à travers le modèle qu’il a élaboré de dynamisation du secteur agro-industriel pour la filière manioc, pomme de terre et aussi maïs comment l’investissement dans des véritables projets structurants portant sur ces filières est très promoteur.
S’agissant, enfin, de la partie annexe, l’on trouve, entre autres, un cours magistral sur l’entreprenariat agricole, avec étude des cas concrets de projet pratique de création d’une P.m.e pour les diplômés, options production santé animale.
En tenant compte du fait que le développement de tout un pays passe par le développement du secteur privé, ce qui présente un intérêt indéniable.
En rapport avec l’agriculture, il convient de rappeler un facteur déterminant pour la production agricole. Il s’agit des opportunités ou débouchés qu’offre la Zlecaf (Zone de libre-échange continentale africaine); zone qui va entrer en vigueur le 1er janvier 2021. Ainsi, pour que le Congo puisse saisir ces opportunités, il lui faudrait non seulement produire en quantité et en qualité, mais aussi et surtout diversifier l’économie.
Pour conclure, je peux dire que la présente réflexion pourra, assurément, pour la plupart des ceux qui ont à cœur les problèmes du développement socio-économique, amener à réfléchir sur les schémas des solutions adaptées aux situations réelles de l’heure, aux préoccupations évidentes du moment. Il s’agit surtout des universitaires, chercheurs et technocrates qui sont les piliers sur lesquels s’appuient les dirigeants politiques pour la prise de décisions.
Bien que le développement du pays interpelle toute la conscience aussi bien collective qu’individuelle, dans l’objectif de déterminer comment doit s’adapter le pays à ce nouvel environnement difficile qui, malheureusement, ne fait que perdurer? Comment le pays peut-il sortir de cette ornière, afin de relever son économie? A mon humble avis, le mieux serait que des réflexions profondes soient engagées et menées par des commissions d’un panel, d’experts des domaines clés du développement socio-économique. Ceci dans le but de dégager des consensus, de bâtir des vraies stratégies et de trouver surtout des solutions réalistes et pleines de bon sens à proposer aux décideurs.
A cet effet, à l’instar de la commission en charge de la gestion de la pandémie de la covid-19, les autorités compétentes devraient créer des commissions d’un panel d’experts des domaines de compétence. Mon vif souhait serait que les décideurs puissent tenir compte des suggestions qu’ils jugeront pertinentes.

Alphonse EMEKANDOKO
Expert en sciences alimentaires (PhD);
Chercheur en sécurité alimentaire;
Membre privé de l’Institut International du Froid (IIF) Malesherbes (Paris).
Contact: emekandoko@gmail.com.

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20 octobre 2020, 12: 13

L’editorial de la redaction

L’ÉDUCATION, LA FORCE ET LA QUALITÉ DE LA SOCIÉTÉ!

Ainsi donc, les élèves congolais ont renoué avec le chemin de l’école depuis le lundi 12 octobre. Après pratiquement six mois et demi d’inactivités (du 1er avril au 11 octobre) dus à la suspension des cours pour cause de pandémie de covid-19. Et la rentrée scolaire intervient sur fond de crise sanitaire, puisque le pays continue de faire face à la pandémie. Avec tout ce que cela induit de conséquences impactant la vie scolaire. Le ministre en charge de l’enseignement en a d’ailleurs informé l’opinion nationale.

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