Les autochtones Baka du massif forestier de Messok Dja, dans le Département de la Sangha, à plus de mille kilomètres de Brazzaville, peinent à s’impliquer dans la gestion de leurs terres et forêts, en raison de la méconnaissance de leurs droits et certains textes règlementant les secteurs forestier et foncier, du manque de stratégies et de participation aux différents processus de décision… Pour relever ce déficit, une formation leur a été organisée du 2 au 5 aout 2022 à Sembé, par l’Association pour la protection des écosystèmes tropicaux et le développement de la Sangha, dans le cadre du Projet de renforcement des capacités en plaidoyer des communautés Baka et Bakwélé dans la zone forestière de Messok Dja, en partenariat avec l’O.n.g «Forest peoples programme» (Fpp), avec le financement du Fonds «Rainforest fund».
Durant trois jours, une cinquantaine d’autochtones Baka venus de 11 villages du massif forestier de Messok Dja et ceux de Sembé ont été informés et formés sur les différents processus de réforme en lien avec les terres et forêts; sur le droit foncier coutumier; la gestion traditionnelle et durable des terres et forêts ainsi que sur la gestion d’une organisation paysanne.
Les communications leur ont été faites en tenant compte de leur mode de communication, à savoir l’usage des jeux de rôle (danse, chant et incantations des esprits de la forêt), le likano (étude des histoires et mythes traditionnels liés au leadership), pour mieux faire passer les messages. Les organisateurs parmi lesquels Eric Nkodia, président de l’association et Pierre Timothée Molebanda, coordonnateur des projets et programmes au sein de l’association, sont convaincus cette formation permet aux autochtones puissent être «au premier périmètre de la protection et la sauvegarde des terres et forêts dont ils ont été jusque-là les occupants traditionnels», encourage Makondzo Didace, secrétaire général de la communauté urbaine de Sembé.
Même si actuellement, aucune famille n’a commencé une procédure de sécurisation de ses terres et forêts, Dalton Aweleka, coordonnateur du projet, se réjouit du fait que cette formation permet aux autochtones de faire le choix sur «la procédure à suivre, afin de sécuriser leur terre traditionnelle, parce qu’ils ont appris deux formes de sécurisation de leurs terres coutumières. Ils peuvent aller en individuel ou en association, pour avoir le titre foncier ou faire la reconnaissance leurs terres et coutumières traditionnelles par le biais des mandants d’un chef de famille mandaté par les membres de la famille, afin qu’il soit comme leur interlocuteur auprès de l’administration et des autres acteurs pour sécuriser et faire reconnaitre leur terre coutumière traditionnelle».
De son côté, Moïse Nvoussabaki, directeur départemental des populations autochtones dans la Sangha, a reconnu que la réussite de ces processus va de pair avec le respect des textes et lois de la République. «Les textes nous aident à mieux impliquer les autochtones dans la gestion de leur terre et forêts. Les solutions sont à trouver dans le respect des textes d’application de loi 05 et la loi sur les aires protégées», a -t-il rassuré.

Marien NZIKOU-MASSALA

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