L’année 2022 tend vers sa fin. La lueur de l’année 2023 pointe déjà à l’horizon. Dans quelques jours sinon dans quelques heures, le souhait devenu coutumier va parcourir les rues des villes et villages et sera gravé partout sur la plupart des devantures des commerces et de certains établissements: «Bonne et heureuse Année 2023». Ce souhait a une signification on ne peut plus profonde. Mais, il peut être résumé comme ceci: cette nouvelle année sera meilleure que l’année qui vient de s’écouler et les hommes vivront plus heureux.
Pour que la nouvelle année soit meilleure et que les hommes puissent vivre heureux, il faut nécessairement que les comportements changent radicalement. Que soient bannis définitivement l’orgueil, la gabegie, l’injustice sociale et la corruption. Ces immoralités, entre autres, connues aujourd’hui comme d’anti-valeurs, qui sapent la société et causent tant de malheurs.
Pour que les hommes soient heureux, ils doivent vivre dans un climat de paix. La paix, ce n’est pas seulement l’absence de guerre. La véritable paix serait que l’on offre aux populations de meilleures conditions de vie; que leur liberté de choix ne soit pas troublée; qu’elles ne soient pas agressées pour une simple exhibition d’autorité ou de pouvoir; qu’elles ne soient pas arrêtées pour leurs opinions qui ne concorderaient pas avec celles des autres.
La Déclaration universelle des droits de l’homme, dont le Congo est signataire, proclame, en son article 19: «Tout individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre… les informations et les idées par quelque moyen d’expression que ce soit».
Les conditions de vie des populations devraient être corrélées aux richesses du pays où elles vivent. En effet, les Congolais ont la chance d’être nés dans un pays dont la façade maritime s’étend sur quelques centaines de kilomètres. Le pays est traversé par des fleuves et des rivières très poissonneux. Ses incommensurables plaines sont très fertiles. Son sous-sol regorge de toutes sortes de matières premières. Dans ses grandes forêts poussent des essences rares et recherchées.
Mais paradoxalement, sa population vit dans une grande précarité. L’écrasante majorité des Congolais croupit dans la pauvreté et le dénuement. Pourtant, l’article 25 de la Déclaration universelle des droits de l’homme souligne que «toute personne a droit à un niveau de vie suffisant, pour assurer son bien-être et celui de sa famille, notamment pour l’alimentation, l’habillement, le logement, les soins médicaux ainsi que pour les services sociaux nécessaires; elle a droit à la sécurité sociale en cas de chômage, de maladie, d’invalidité, de veuvage, de vieillesse ou dans les autres cas de perte de ses moyens de subsistance par suite des circonstances indépendantes de sa volonté».
En cette année 2023, chacun, là où il se trouve, quel que soit son rang social, doit faire un effort pour se débarrasser des tares qui sont incompatibles à la société. Que soient bannis l’égoïsme, l’injustice sociale, la rancune politique, le rejet de l’autre, le refus des différences, la domination, les barrières linguistiques et les considérations tribales. Tous les citoyens doivent être traités équitablement, car selon l’article 7 de la Déclaration universelle des droits de l’homme, «tous sont égaux devant la loi et ont droit sans distinction à une égale protection de la loi».
L’autre ne doit plus être regardé comme un adversaire, mais plutôt comme un partenaire avec qui l’on échangera les idées, l’on frottera les intelligences, sans considérer son appartenance politique ou sa provenance tribale. Afin de trouver les solutions aux maux qui ont été malheureusement entretenus et encouragés jusqu’ici, les enrayer pour donner au pays une dimension nouvelle où chacun aura le droit de vivre.
De vivre dans un environnement sain et dans des conditions viables. Il n’est certes pas facile aux hommes de se débarrasser des habitudes ancrées pendant de longues années et qui sont devenues leur deuxième nature, mais cela est bien possible. Il suffit d’y mettre la volonté nécessaire et un peu d’amour.
En conclusion, au seuil de la nouvelle année, le meilleur vœu, le plus sincère, serait donc que le gouvernant et le citoyen, chacun selon sa capacité d’agir ou son pouvoir de faire, concoure à l’abolition des maux qui ont foncièrement déstabilisé la société et causé tant de malheurs dans les foyers. L’unité nationale doit être jalousement sauvegardée et les attitudes qui divisent inutilement doivent être à jamais reléguées. Afin que l’on chante hautement et fièrement: «Proclamons l’union de notre nation. Oublions ce qui nous divise, soyons plus unis que jamais…».
Adieu 2022!
Vive 2023!

Eugène GAMPAKA