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Santé publique : Un couple mère et enfant meurt à Brazzaville, dans des conditions déplorables

Santé publique : Un couple mère et enfant meurt à Brazzaville, dans des conditions déplorables

C’est un drame scandaleux qui s’est produit vendredi 29 mai 2020, à la Clinique municipale Albert Leyono, située à Ouenzé, le cinquième arrondissement de Brazzaville. Une dame de 39 ans, répondant au nom de Chloé Bafouidinsoni, enceinte de huit mois, est décédée alors qu’elle avait des douleurs d’accouchement.

Et on n’a pas pu faire survivre son bébé. Du côté hospitalier, on l’a traitée comme un cas Covid-19, alors que selon la famille en colère, elle n’avait que des douleurs d’enfantement. Le résultat de son test, sorti après son décès, est négatif au coronavirus. Il a fallu l’intervention du directeur général de la police, pour que sa dépouille soit déposée à la morgue municipale de Brazzaville, car les services des pompes funèbres voulaient procéder à l’inhumation à la sauvette, le jour même du décès, suivant le protocole mortuaire des cas Covid-19. Mais, ils se sont heurtés à l’hostilité de la famille et celle-ci a raison, après la publication, le samedi 30 mai, du résultat du test, qui est négatif.

Voilà qu’en pleine ville de Brazzaville, avec ses équipements modernes, un couple mère et enfant périt par incompétence du système hospitalier. Chloé Bafouidinsoni était d’abord admise à l’Hôpital de base de Makélékélé, pour accoucher. A cause des douleurs et de l’étouffement qu’elle ressentait, elle a été transférée, le soir du mercredi 27 mai, à l’Hôpital mère et enfant Blanche Gomez, mieux équipé pour prendre en charge les femmes enceintes.
Selon son frère, le médecin qui l’a reçue a prescrit une ordonnance qui a été remise à son mari, et celui-ci est allé rapidement en pharmacie. Mais après lui, le médecin aurait réalisé une injection sur la femme enceinte.
Au retour du mari, le médecin lui a signifié que sa femme est atteinte de Covid-19 et qu’elle va être transférée à la Clinique municipale Albert Leyono de Ouenzé, où les cas Covid-19 sont pris en charge.
Cependant, à la clinique municipale, aucun traitement ne lui aurait été administré, depuis son admission la nuit du jeudi jusqu’au vendredi 29 mai, le jour où la dame a rendu l’âme, en début d’après-midi. Comme elle était estampillée cas Covid-19, les services des pompes funèbres ont été appelés pour procéder à l’enterrement. La famille en colère s’y est farouchement opposée. Pour elle, la femme enceinte n’a jamais souffert de Covid-19, surtout qu’on ne lui a pas montré le résultat du test dont le prélèvement était fait le vendredi même dans la matinée.
Or, il faut 24 heures, pour avoir le résultat du test, qui a donc été rendu le samedi 30 mai et est négatif. La dame enceinte n’était pas atteinte de coronavirus et sa famille avait raison. Elle aurait pu être prise en charge convenablement à l’Hôpital mère et enfant Blanche Gomez, pour un accouchement par césarienne. Mais, faute de soins appropriés, elle est décédée à la Clinique municipale Albert Leyono, où l’on n’est plus que dressé sur les cas Covid-19, comme si d’autres pathologies n’existaient plus.
En tout état de cause, on fait des confinements pour sauver la population du coronavirus, mais celle-ci est exposée à l’incompétence du système hospitalier. Avec des faits déplorables comme le décès de cette dame enceinte, l’opinion a le sentiment que la lutte contre la pandémie est devenue la «Covid-business», avec ses marchés publics gré-à-gré, les indemnités, les frais de missions, les dons… Autrement, comment expliquer qu’une femme, en voulant donner la vie, meurt et on ne peut même pas sauver son enfant? L’Inspection générale de la santé devrait ouvrir une enquête, pour établir les responsabilités, promouvoir la rigueur du travail en milieu médical et l’obligation de résultats dans le système hospitalier où la négligence des malades est souvent la sinistre règle en vigueur.

Narcisse MAVOUNGOU

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20 octobre 2020, 13: 32

L’editorial de la redaction

L’ÉDUCATION, LA FORCE ET LA QUALITÉ DE LA SOCIÉTÉ!

Ainsi donc, les élèves congolais ont renoué avec le chemin de l’école depuis le lundi 12 octobre. Après pratiquement six mois et demi d’inactivités (du 1er avril au 11 octobre) dus à la suspension des cours pour cause de pandémie de covid-19. Et la rentrée scolaire intervient sur fond de crise sanitaire, puisque le pays continue de faire face à la pandémie. Avec tout ce que cela induit de conséquences impactant la vie scolaire. Le ministre en charge de l’enseignement en a d’ailleurs informé l’opinion nationale.

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