Considéré comme le principal établissement public en matière de kinésithérapie en République du Congo, le C.r.f.b (Centre de rééducation fonctionnelle de Brazzaville), situé dans l’enceinte du C.s.i (Centre de santé intégré) Jane Vialle, sur l’Avenue des Trois Martyrs, dans le cinquième arrondissement, Ouenzé, de Brazzaville, est confronté à plusieurs difficultés, notamment d’ordre logistique. Une situation déplorable qui, malgré tout, n’entame pas l’optimisme du directeur dudit centre, Narcisse Anfakouwe.

Vieux de 23 ans, le C.r.f.b (Centre de rééducation fonctionnelle de Brazzaville) survit avec les moyens du bord. Il reçoit au moins une centaine de malades par jour, précisément, les Iundi, mercredi et vendredi. La majorité de ces patients sont des victimes d’A.v.c (Accident vasculaire cérébral). On y déplore les mauvaises conditions de travail qui risqueraient de mettre en danger la santé du personnel soignant, si rien n’est mis en œuvre de la part du gouvernement. Il s’agit notamment du sous-effectif du personnel soignant, la non prise en charge des agents bénévoles, qui seraient au nombre de cinq, et le vieillissement du plateau technique.
Comme si cela ne suffisait pas, les travaux de construction d’un bâtiment à un étage, amorcés en 2014, qui semblaient susciter une lueur d’espoir à l’ensemble du personnel, se sont arrêtés depuis, sans aucune raison officielle. «A travers ce bâtiment encore inachevé, on s’attendait à de meilleures conditions de travail. Il y était prévu une vaste salle moderne de mécanothérapie, plusieurs box de massage, des bureaux et bien d’autres composantes plus modernes», a déploré Nathalie Massembo, kinésithérapeute.
Certains agents se disent lassés d’en parler, au regard de l’indifférence et la sourde oreille de leurs autorités de tutelle. «Depuis qu’on en parle, il n’y a pas eu de solutions. Ici, les conditions de travail vont de mal en pis. Par exemple, nous ne disposons seulement que de cinq box pour une centaine de malades environ chaque jour de réception. Voila pourquoi certains patients rentrent souvent à leurs domiciles. Il nous faut donc un local plus vaste, moderne et mieux adapté. Nous prestons au delà des normes recommandées, à cause du faible effectif du personnel. Ce qui risque, dans le futur, de mettre en péril notre propre santé», a poursuivi Nathalie Massembo, kinésithérapeute.
Toutefois, cette situation déplorable n’entame pas l’optimisme du directeur du centre. Car, se souvient-il, sa structure revient de loin. «Quand je suis arrivé ici, il y a environ quatre ans, après chaque pluie diluvienne, on ne travaillait pas, à cause de l’inondation. Cette situation était connue de tous. Même chez nos patients, quand il pleut abondamment, ils ne venaient pas. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas, bien que nous travaillions dans des conditions un peu difficiles, notamment le cadre qui est restreint et un plateau technique vieillissant. Donc, on n’y peut rien. Nous savons, tous, que le pays est en crise. Donc, nous faisons avec. Malgré cela, les gens sont contents de nos prestations. Car, nous avons un bon retour. Je suis optimiste pour l’avenir, parce que les travaux de construction de notre grand bâtiment vont d’ici peu redémarrer», a fait savoir Narcisse Anfakouwe qui a, par ailleurs, déploré le manque de subvention, afin de faire face aux prestataires bénévoles qui abattent un travail important.
Créé le 9 décembre 1999 et placé sous l’autorité de la Direction générale des affaires sociales, le C.r.f.b a, entre autres missions, d’aider les patients à retrouver leur mobilité, œuvrer pour la réinsertion sociale et professionnelle, rendre aux patients leur autonomie. Il vise à prévenir la perte de fonction, ralentir le déficit fonctionnel et maintenir le niveau fonctionnel des personnes ayant subi un A.v.c.

Hervé EKIRONO

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