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Sans tirer les leçons du passé, sans réformes: point d’avenir!

L’économie, c’est la manifestation du travail. Car, c’est par le travail qu’on réalise la plus-value non pas spéculative, mais transformationnelle. Et lorsqu’il y a une crise économique, il faut réformer, pour donner au travail la capacité de produire la plus value de nature à relancer l’économie. Or, réformer suppose remettre en cause les habitudes acquises, pour instaurer de nouvelles appelées à créer les conditions de réorganisation du travail dont on attend qu’il amorce la relance économique.
Sans capacité de remise en cause des habitudes acquises, point de réforme et donc de relance économique. Sauf si, comptant sur l’économie rentière, on place l’espoir au hasard des conditions favorables du marché international sur lequel on a aucune influence, mais dont attend seulement de jouir du bénéfice.
Face à la crise économique qui ronge le pays depuis 2015, après l’effondrement des prix du pétrole à partir de juin 2014, le Congo a opté pour une politique de réformes dont la finalité est la diversification de son économie, pour ne plus dépendre du pétrole. Malheureusement, la politique des réformes a du mal à se traduire dans la réalité. Cinq ans après, tout donne à penser qu’on est toujours à la case-départ. Surtout que la pandémie de covid-19 est venue aggraver la crise économique. De quoi donner raison au Président de la République qui, dans un message à la Nation, prononcé le 14 août 2016, disait que l’avenir du Congo dépend de «la capacité de son peuple et de ses dirigeants, à opérer des réformes qui permettent au pays de s’affranchir de sa dépendance du pétrole». Voici un large extrait de ce message qui devrait donner à tout dirigeant actuel, de faire son propre bilan, au moment où la crise économique sévit encore et condamne nombre de citoyens congolais à la précarité:
«J’entends beaucoup, ces temps-ci, nombre de nos compatriotes parler de morosité et de crise, et même de faillite. Il est vrai que notre pays traverse des difficultés conjoncturelles aigues dues, principalement, à l’effondrement des cours du pétrole. Et, il n’est pas le seul. Comme chacun le sait, la longue marche vers le développement n’a jamais été un long fleuve tranquille, pour aucun pays. Le chemin est souvent parsemé d’embûches, de récifs et d’obstacles divers. Il n’y a pas de fatalité où nous devrions nous laisser emporter. Bien au contraire! Les difficultés, aussi aiguës soient-elles, ne doivent en aucun cas être la fin de l’espoir, encore moins du progrès. Elles seraient plutôt la bonne occasion d’ensevelir les mauvaises habitudes et de faire naître des nouvelles, propices au progrès et à la continuité de la marche vers le développement. A la condition que les dirigeants et le peuple sachent tirer les leçons du passé et s’arment de la volonté de bâtir du nouveau plus solide que ne l’étaient les choses du passé. L’avenir du Congo dépend, donc, de la capacité de son peuple et de ses dirigeants à opérer des réformes qui permettent au pays de s’affranchir de sa dépendance du pétrole, du chômage des jeunes, de la répartition encore inégale des richesses nationales et de tous les maux inhérents au sous-développement. Le moment est venu de développer encore plus la production agricole et industrielle ainsi que celle des différents services utiles à la Nation. Voici venu le temps des profondes réformes structurelles pour créer des emplois en grand nombre, pour étendre la protection sociale à tous, pour moderniser l’économie et la société, pour bâtir le développement inclusif et durable. Il n’y a pas de place dans notre esprit pour la fatalité».
Quatre ans après, au lieu d’ensevelir les mauvaises habitudes, éloigner les hommes qui les incarnent ou qui ne veulent pas changer, on a le sentiment qu’on les a plutôt magnifiées, pour notre plus grand malheur! C’est juste un sentiment. Peut-être qu’il y a des amis qui ont le sentiment contraire.

L’HORIZON AFRICAIN

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L'horizon Africain, un journal d'information paraissant au Congo Brazzaville

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25 novembre 2020, 14: 41

L’editorial de la redaction

IL NE FAUT PAS PÉNALISER LES GÉNÉRATIONS FUTURES

On a hérité de la période de vaches grasses, quand les budgets de l’Etat étaient excédentaires grâce à la manne pétrolière (2004 à 2014), des habitudes qui, aujourd’hui où l’on gère les vaches maigres, risquent de pénaliser les générations futures, en raison des ardoises qu’accumule l’Etat chaque année. On pourrait alors se retrouver en porte à faux avec le principe de l’équité intergénérationelle.

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