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Route de la Corniche de Brazzaville : Grande indignation, après l’effondrement d’une bonne partie du trottoir

Route de la Corniche de Brazzaville : Grande indignation, après l’effondrement d’une bonne partie du trottoir

Une partie du trottoir de la route de la Corniche, sur le tronçon qui va du Rond-point giratoire du Ravin du Tchad au Club nautique Mamie Wata, vers l’Hôtel Radisson Blu (ex-Mbamou palace), s’est subitement effondrée sur au moins 150 mètres, derrière le Ministère de la défense, jeudi 9 janvier 2020, après la pluie tombée sur la ville, dans la matinée.

De nombreux Brazzavillois ont fait le Saint-Thomas en allant voir les dégâts provoqués par cette catastrophe qui a suscité une grande indignation au sein de l’opinion, alors que le tronçon était fermé à la circulation, par un déploiement militaire. Après une descente sur les lieux, sous haute sécurité, le ministre en charge des grands travaux, Jean-Jacques Bouya, accompagné des responsables de la société C.r.b.c (China road and bridge corporation), a promis le lancement des travaux de réhabilitation de cette voie. Mais, la catastrophe a déclenché de vives critiques sur la qualité et le coût des ouvrages construits par les sociétés chinoises sous l’autorité des Grands travaux.

Telle une onde de choc, la nouvelle de l’effondrement subit d’une partie du trottoir de la route de la Corniche, derrière le Ministère de la défense, s’est répandue comme une trainée de poudre dans les réseaux sociaux, à travers des images et des vidéos émouvantes qui ont provoqué un grand émoi. Comment un ouvrage d’à peine quatre ans peut-il s’écrouler comme un château de cartes, alors qu’il a coûté cher?
Surplombant le majestueux fleuve Congo, au lieu où il forme une sorte de lac séparant les deux capitales les plus rapprochées du monde, les trottoirs de la Corniche sont devenus une grande attraction pour les Brazzavillois et les visiteurs, dans une ville qui manque cruellement de lieux publics de distraction (jardins, parcs, promenades…). Chaque week-end, ils sont pris d’assaut par des centaines de promeneurs qui retrouvent le charme des berges fluviales ornées de jacinthes baptisées «Congo ya sika», charriées par le fleuve, tout en ayant une vue imprenable sur la ville voisine qui s’offre en spectacle d’un petit Manhattan. Toute une vie divertissante, avec des services comme la promenade à cheval, ont commencé à s’y développer. A l’heure où l’on encourage les gens à marcher, à faire du sport, rares sont les marcheurs brazzavillois qui n’ont pas encore frappé de leurs pieds ces trottoirs fleuris et illuminés de lampadaires de jardin. C’est ce lieu de distraction très prisé des Congolais qui a été détruit par l’action de l’eau.
Ecœurés et même révoltés d’en être subitement privés, les Congolais sont allés de leurs commentaires passionnés, chargeant sans surprise le Ministère des grands travaux et son indéboulonnable patron, Jean-Jacques Bouya. C’est d’ailleurs sous haute sécurité de la garde républicaine que ce dernier est allé visiter les dégâts, en début d’après-midi du jour de la catastrophe. Dans l’opinion, on critique la mauvaise qualité des travaux réalisés, en accusant les Grands travaux de corruption avec les sociétés chinoises.
Rappelons que les travaux de construction des deux tronçons comprenant l’imposant pont à hauban qui enjambe le Ravin du Tchad ont été exécutés, entre 2014 et 2016, par la société chinoise C.r.b.c (China road and bridge corporation), pour un montant total de 72 milliards 27 millions de francs Cfa, payé par l’Etat, grâce à ses recettes pétrolières.
Le deuxième tronçon, qui a subi les dégâts, va du Ravin du Tchad au Club nautique Mamie Wata, vers l’Hôtel Radisson Blu, sur une distance de 1300 mètres. L’ouvrage fut inauguré par le Président de la République, Denis Sassou-Nguesso, le 5 février 2016. Le 5 février étant la date de son accession au pouvoir, pour la première fois, en 1979, à 36 ans. Tout un symbole donc, pour le Chef de l’Etat, lui-même. Et le viaduc à hauban a été baptisé «Pont du 15 août 1960», date de la proclamation de l’indépendance nationale. La conséquence de la fermeture de ce tronçon de la route de la Corniche, c’est la saturation de la circulation automobile, et donc des bouchons sur le Boulevard Denis Sassou-Nguesso entre la Plaine et le Plateau centre-ville et sur l’Avenue Lyautey qui passe par le C.h.u.
Le ministre Jean-Jacques Bouya a demandé à la société C.r.b.c de réaliser une étude complète des deux tronçons, avant la réalisation des travaux de réhabilitation, car l’ouvrage est encore sous la garantie décennale. Le gouvernement a abordé la question lors d’une réunion interministérielle sous le patronage du Premier ministre Clément Mouamba. Mais, il faut dire que depuis le début de la saison des pluies, on enregistre des catastrophes un peu partout, dans les deux principales villes, Brazzaville et Pointe-Noire, et dans le reste du pays. Et tout le monde attend l’action du gouvernement.

Narcisse
MAVOUNGOU

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25 octobre 2020, 00: 35

L’editorial de la redaction

L’ÉDUCATION, LA FORCE ET LA QUALITÉ DE LA SOCIÉTÉ!

Ainsi donc, les élèves congolais ont renoué avec le chemin de l’école depuis le lundi 12 octobre. Après pratiquement six mois et demi d’inactivités (du 1er avril au 11 octobre) dus à la suspension des cours pour cause de pandémie de covid-19. Et la rentrée scolaire intervient sur fond de crise sanitaire, puisque le pays continue de faire face à la pandémie. Avec tout ce que cela induit de conséquences impactant la vie scolaire. Le ministre en charge de l’enseignement en a d’ailleurs informé l’opinion nationale.

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