Président du parti du centre, Unirr (Union pour la refondation républicaine), Roger Ndokolo s’est porté comme candidat indépendant dans la circonscription de Mayama, dans le Département du Pool. C’est pour la première fois qu’il se lance dans une course électorale, depuis qu’il milite en politique, d’abord dans l’U.c.r (Union congolaise des républicains) de feu Côme Mankassa, avant de créer son parti, l’Unirr, à partir de 2015. Dans l’interview ci-après, il explique le sens de sa candidature aux législatives.

* Monsieur le président de l’Unirr, vous voilà aujourd’hui comme candidat indépendant aux élections législatives à Mayama, dans le Département du Pool. Pourquoi êtes-vous candidat?
** Si vous connaissez un peu le District de Mayama, vous savez qu’il est complètement sinistré. Il n’a ni eau courante, ni électricité, deux éléments essentiels d’une vie moderne. Mais, le district n’a pas de tout temps vécu comme un parent pauvre, l’un des plus pauvres de la République. Mayama fut la première cité administrative du Congo. Le colon français y construisit la première prison-bagne du pays où fut tristement jeté André Grenard Matsoua. Mayama est aussi une terre où l’on cultivait, à l’époque coloniale, du coton, du riz et des pommes de terre, en plus des cultures vivrières traditionnelles. Il n’y a pas longtemps, on y élevait encore des troupeaux de bœufs. La double vocation de ce district est évidente: agriculture et élevage de haut niveau.
En dépit de sa situation actuelle, dont je rappelle qu’elle est absolument médiocre, il faut reconnaître à Mayama un énorme potentiel. D’abord, le potentiel humain qui y est remarquable. Ce potentiel réside essentiellement dans la jeunesse qui, hélas, est aujourd’hui désorientée, trop souvent désœuvrée, livrée à elle-même. Elle est dans un tunnel. Il lui faut des perspectives et, évidemment, des moyens, si modestes soient-ils, pour mettre en valeur son potentiel. Il faut stimuler sa foi en elle-même. Voyez-vous, il ne manque que des idées et une force d’entraînement, pour amener les populations à se prendre en charge d’elles-mêmes, afin qu’elles soient en mesure de réaliser leurs aspirations au bien-être. Je suis candidat précisément pour canaliser cette force latente vers des actions concrètes. J’entends être un interlocuteur direct des populations et un catalyseur de leurs profondes aspirations à l’amélioration de leurs conditions de vie.

* Qu’est-ce que vous allez apporter ou que vous allez faire pour le développement de Mayama, dans le cadre du rôle qu’est celui de député, de parlementaire?
** Parmi les défis à relever, outre l’eau et l’électricité, je note la nécessité d’ouvrir des pistes agricoles pour permettre l’évacuation de la production qui peine à atteindre les marchés urbains. Ceci souligne l’exigence d’une réhabilitation des infrastructures routières. Je pense aussi aux infrastructures scolaires et sanitaires.
J’ai parlé de la double vocation de Mayama: agriculture, y compris pisciculture, et élevage. Mais, il y a un préalable: il faut rendre disponible l’eau qui, heureusement, est en abondance dans les nappes phréatiques. En vue de cela, on ne pourra pas se passer de forages. J’en suis conscient et je vais m’employer à rendre possibles ces forages.
Je pense davantage au capital humain à mobiliser. Le réservoir de ce capital se trouve, pour l’essentiel, dans la jeunesse. Il convient donc de se tourner vers elle pour l’occuper utilement à des actions concrètes orientées vers l’amélioration de sa qualité de vie et, en même temps, vers le décollage économique de leur district. J’entends aider les jeunes à se lancer dans des activités agricoles et d’élevage définies au préalable en consultation avec les intéressés eux-mêmes. Je veux aussi les encourager à se lancer dans la pisciculture qui représente un potentiel fort peu exploité jusqu’ici. Figurez-vous que dans le canton de René-ville est exploité, de façon artisanale, le malachite (nguiinou). Cette exploitation peut être mieux canalisée, afin que les ressources puissent également profiter à la collectivité.
En outre, je réfléchis à la mise à la disposition des ruraux d’un espace ludique alimenté en électricité par des panneaux solaires. Equipé d’ordinateurs, il n’offrirait pas seulement des divertissements, mais surtout la possibilité de s’ouvrir au monde pour s’instruire. Les jeunes ruraux pourront y puiser un peu de modernité dans des sites d’information et de formation relatifs à l’agriculture, à l’élevage et à la pisciculture, entre autres.
Quant à nos jeunes collégiens, ils trouveront sûrement dans ces ordinateurs assez de matériel pour leurs travaux scolaires. Ce qui n’est pas peu.
Je vais redonner de l’espoir à la population de Mayama qui est aussi la terre de mes ancêtres du côté paternel. Je serai à l’écoute de cette population à laquelle me lient des affinités consanguines, gage de ma proximité avec elle. Je la consulterai aussi souvent que possible pour la définition et la mise en œuvre des projets qui la concernent et lui bénéficieront. En d’autres termes, je m’assurerai personnellement du développement de cette contrée. Avec, bien entendu, l’aide des pouvoirs publics dont je sais qu’elle ne me fera pas défaut. Tout cela intègre le programme du Président de la République, Son Excellence Denis Sassou-Nguesso, que je voudrais intérioriser.

Propos recueillis par
Chrysostome
FOUCK ZONZEKA