Sélectionner une page

République Centrafricaine : Les vieux loups regagnent la tanière, en prévision du scrutin présidentiel

République Centrafricaine : Les vieux loups regagnent la tanière, en prévision du scrutin présidentiel

Pays souvent victime de violences armées, la République Centrafricaine s’achemine vers de nouvelles élections à la fin de l’année. Ainsi, l’Ane (Autorité nationale des élections) a fixé au 27 décembre 2020 le premier tour du scrutin présidentiel et un éventuel second tour au 14 février 2021.

La loi électorale obligeant les candidats à la magistrature suprême de résider en Centrafrique au moins un an avant l’élection, les anciens Chefs d’Etat, notamment François Bozizé et Michel Djotodia ont entrepris de regagner le pays, à la faveur du 13ème et dernier accord de paix signé à Khartoum (Soudan), le 6 février 2019, entre le gouvernement du Président Faustin Archange Touadera et quatorze groupes armés centrafricains. Tout donne à penser que ces élections vont opposer les mêmes leaders qui, en 2013, se sont livrés une guerre impitoyable ayant fait plus de trois mille morts en moins d’un an.

En exil depuis sa chute en 2013, l’ancien Président François Bozizé a regagné Bangui, la capitale, depuis le 16 décembre 2019, en toute discrétion et dans des circonstances inconnues, puisqu’il n’est pas passé par l’aéroport. Le gouvernement centrafricain ayant découragé les compagnies aériennes desservant le pays de l’embarquer. Mais, sa présence dans la capitale centrafricaine a été confirmée par un communiqué du ministre de la communication, Ange-Maxime Kazagui, qui a assuré que le gouvernement œuvre pour la consolidation de la paix et que donc, le retour du général ancien Président est bien accueilli. François Bozizé, qui vivait jusque-là en exil en Ouganda, aurait même déjà assisté à un meeting de son parti, le K.n.k (Kwa na Kwa), au quartier Boeing, près de l’Aéroport de Bangui. Mais, il se garderait de prendre la parole en public, tant qu’il n’est pas encore reçu par le Président Touadera.
Son tombeur, Michel Djotodia, en exil à Cotonou (Bénin) depuis 2014, a aussi effectué une visite de deux jours, entre le 10 et le 11 janvier dernier, à Bangui, où il était arrivé par l’aéroport.
Avant de fouler le sol centrafricain, il avait pris soin d’informer, par courrier, le Président de la République, Faustin-Archange Touadera, lors du scrutin du 14 février 2016. «Les derniers développements, notamment l’amélioration de la situation sécuritaire, l’élaboration et la transmission au parlement du projet de loi relatif au statut des anciens Chefs d’Etat, l’adoption par l’Assemblée nationale de la loi sur les fêtes nationales et l’élaboration du projet de loi sur la Commission vérité, justice, réparation et réconciliation sont autant de réalisations positives dans le cadre de la mise en œuvre de l’accord politique pour la paix et la réconciliation en Centrafrique», avait-il écrit le 28 novembre.
Pendant son séjour à Bangui, il a été reçu en audience par le Président Touadera et un communiqué de la Présidence de la République, le 10 janvier, précise que «cette audience est consécutive à la lettre du 28 novembre 2019, adressée par Monsieur Michel Djotodia au Président de la République, Chef de l’Etat, annonçant son retour imminent en Centrafrique. Le Président de la République a pris acte de cette volonté qui intervient à un moment où la République Centrafricaine a besoin de toutes ses filles et tous ses fils, pour apporter leur contribution à l’œuvre de réconciliation et de développement, pour une paix durable, basée sur la cohésion sociale et la réconciliation nationale.»
Face aux inquiétudes suscitées dans l’opinion par sa présence en Centrafrique, l’ancien chef rebelle des milices Séléka (d’obédience musulmane) a rassuré ses compatriotes en déclarant: «Je ne suis plus un homme de guerre, je suis maintenant un homme de paix. Donc, il n’y a pas d’inquiétude. Au contraire, je suis venu pour aider le peuple centrafricain. Il faut que ce peuple vive, enfin, en paix. C’en est trop! Et nous ne permettrons plus à personne de prendre les armes et de faire courir les mamans, les enfants, les vieux à travers la République centrafricaine, c’en est trop. Nous ne le permettrons plus, même pas les rebelles qui sont dans la brousse.»
Malgré tout, c’est à une épreuve complexe que la Centrafrique se dirige, avec ce scrutin qui risque d’opposer des anciens chefs de guerre, alors que la situation sécuritaire sur le reste du pays ne s’est pas encore totalement améliorée. L’accord de Khartoutm pourra-t-il suffire à sauvegarder la paix fragile qui s’instaure? La communauté internationale devrait jouer à fond son rôle d’aider ce pays, riche en sous-sol convoité par les grandes puissances comme la Russie, à traverser ce moment complexe de sa vie démocratique.

Narcisse
MAVOUNGOU

A propos de l'auteur

Laisser une réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

heure locale

24 octobre 2020, 23: 49

L’editorial de la redaction

L’ÉDUCATION, LA FORCE ET LA QUALITÉ DE LA SOCIÉTÉ!

Ainsi donc, les élèves congolais ont renoué avec le chemin de l’école depuis le lundi 12 octobre. Après pratiquement six mois et demi d’inactivités (du 1er avril au 11 octobre) dus à la suspension des cours pour cause de pandémie de covid-19. Et la rentrée scolaire intervient sur fond de crise sanitaire, puisque le pays continue de faire face à la pandémie. Avec tout ce que cela induit de conséquences impactant la vie scolaire. Le ministre en charge de l’enseignement en a d’ailleurs informé l’opinion nationale.

Lire la suite

Je m’abonne à la newsletter de l’horizon africain

Votre Publicité

Archives

Statistiques de notre site

  • 27
  • 33
  • 1 673
  • 3 800
  • 487
  • 579
  • 18 octobre 2020

Votre météo

booked.net