«Rimélodie, la pépite de mon cœur», tel est le titre du tout dernier livre de l’écrivain et poète congolais, Pierre Ntsemou, (le 13ème de sa bibliographie), paru fin 2021 aux Editions Kemet. Ce recueil de poèmes de 228 pages était au centre de la «Rencontre littéraire» organisée, mercredi 6 avril 2022, à l’I.f.c (Institut français du Congo) de Brazzaville. Devant un public composé, entre autres, d’hommes de lettres, d’élèves, étudiants et enseignants, l’auteur a justifié le titre de son recueil de poèmes et parler de certains de ses poèmes don un écrit en souvenir de sa mère. Parlant du titre de son recueil de poèmes, Pierre Tsémou s’est attardé sur le terme «pépite»: «c’est une merveille, une chose à laquelle on tient et sur laquelle on veille comme une mère poule couvant sous ses ailes protectrices, ses poussins, pour les protéger de l’épervier prédateur. Ici, la pépite est une métaphore qui renvoie à plusieurs entités. D’abord, elle représente la poésie. Oui, cette belle déesse, cette princesse n’a de cesse de m’emporter en liesse avec allégresse au summum du Nirvâna, jusqu’à dépasser le septième ciel des amoureux du plaisir de la chair. Pour moi, la poésie qui rime avec frénésie n’a de rivale que dans son sein plus exquis que les seins de jeune fille dans leur fraîcheur juvénile ou leur chaleur coquine dont la turbulence aguichante fait bien des ravages du côté des frères d’Adam dans le jardin de leurs désirs libidineux».
«Ensuite, les perles dont elle s’entoure pour sa sortie en public et tenir son discours devant séduire son auditoire. Les vers sublimes qui se suivent, se croisent ou s’embrassent dans une alternance majestueuse rythmant le lyrisme au gré des rimes fantastiques, achèvent mon foudroiement par la mélodie du son final dont la rengaine est simplement magique, magnifique, magnétique, fantastique, électrique, féérique et bénéfique à mon cœur ainsi foudroyé et mon corps au bord de la transe. C’est ce que Ghislain Joseph Gabio, grand journaliste reporter de football, appelait, dans sa verve oratoire savoureuse: le Tao-Tao! Une ambiance du tonnerre, une ambiance volcanique dont les anciens ici dans ce hall de l’I.f.c se souviennent avec émotion. Et moi, dans le jargon poétique, je l’ai appelé la Rimélodie ou la mélodie rimée ou, si vous préférez, la rime mélodieuse. C’est mon coup de cœur que la poésie classique qui, loin d’être une affaire exclusive des écrivains français des siècles passés, est, en réalité, une expression lyrique universelle des âmes qui savent allier mots, sonorités, rythme, images et messages dans un jet poétique (…)», a-t-il poursuivi.
«Enfin, la pépite de mon cœur transparaît abondamment et saute aux yeux de ceux qui ont déjà le livre entre leurs mains et se vérifiera très bientôt chez les autres qui vont l’avoir. C’est évidemment le sonnet. Ce genre de poème court de quatorze vers répartis en quatre strophes de deux quatrains (strophe de 4 vers) et de deux tercets (strophes de 3 vers). Un genre qui frappe par sa force lyrique qui dit plus qu’il n’en faut à un texte en vers libres ou un texte en prose nécessitant un long discours pour passer clairement le message. On dirait du sonnet qu’il est à l’instar du petit piment plus mordant que le gros dont le volume ne justifie pas pour autant la saveur ni la teneur fortement épicée. On peut donc comprendre que le sonnet soit le genre largement dominant dans ce recueil de 206 poèmes dont 191 sonnets.
Je n’aurais pas dit de ce 13ème livre à mon actif, le point d’orgue de mon propos, si j’oubliais de vous livrer la dernière symbolique de la pépite de mon cœur. En effet, dernier poème du recueil titré «Rimelodie», la pépite de mon cœur est un long poème-hommage à ma mère, constitué de 5 sonnets et d’un sonnet inachevé. Soit 82 vers représentant les 82 ans de vie de maman sur terre et la douce mélodie qu’elle chantait pour bercer son petit Pierrot n’a pu être achevée le 8 août 2021, emportant avec elle… la vraie pépite de mon cœur. Maman, évidemment!», a conclu l’auteur.
Pierre des mots, comme on le surnomme a ensuite énumérer les thèmes abordés dans son recueil: le nationalisme; l’humanisme; les réseaux sociaux et leur impact social; le racisme; l’amour maternel; l’ingratitude humaine; la bravoure; l’hommage à la femme africaine; la bêtise humaine; le secret du succès; la conciliation; le libre-arbitre; la sagesse; la reconnaissance; la vie; le bien; le mal; la gratitude; le sens de l’amitié; les vertus du livre; le voyage; la confiance; l’envie; les vertus du dialogue, etc. Avec lui, la liste des poètes congolais s’élargit, à la suite des grands noms que la poésie a donnés au Congo, comme Tchicaya U Tam’si, Jean-Baptiste Tati-Loutard, Sony Labou Tansi…

                                                                                                           Nana KABA