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Reconnaître les difficultés, c’est déjà un grand pas!

C’est le gouvernement lui-même qui dresse l’état catastrophique de l’économie congolaise qui, de crise financière en crise multidimensionnelle, a ôté tout espoir aux jeunes générations de pouvoir intégrer le monde du travail, en décrochant un emploi. La crise est d’abord financière, avec la chute des prix du pétrole à partir du deuxième semestre de 2014. Elle est devenue économique, car des secteurs entiers de l’économie nationale, dont le facteur moteur n’est que la vente du pétrole brut, sont entrés en récession.L’Etat lui-même croule sous le poids des dettes: dette intérieure sociale; dette intérieure commerciale; dette extérieure auprès des organismes publics; dette extérieure auprès des organismes privés; arriérés de cotisations auprès des organismes internationaux, etc.
Le gouvernement, qui a signé, de dur labeur, un programme de redressement économique avec le F.m.i en juillet 2019, s’est montré paradoxalement peu déterminé à appliquer les réformes économiques qu’il a pourtant lui-même choisi de réaliser. Ce qui a provoqué une suspension de fait du programme. Et quand survient la pandémie de covid-19, il accourt vers le F.m.i pour solliciter une aide d’urgence pour faire face aux effets économiques induits par la lutte contre cette pandémie. Le F.m.i trouve là l’occasion de lui rappeler son programme de redressement économique qui est toujours à la traîne.
Le constat dressé par le ministre d’Etat Gilbert Ondongo, le patron de la Task-force, la commission gouvernementale mise en place pour trouver des solutions aux effets économiques de la pandémie, est éloquent: «Au total, depuis le début de la crise sanitaire, les activités économiques nationales ont chuté en moyenne de -26,5%. Si l’on se réfère aux dernières statistiques de la B.e.a.c (Banque des Etats de l’Afrique centrale), mises à jour en août 2020, quel que soit le scenario optimiste ou pessimiste, la croissance économique de notre pays serait négative, avec deux chiffres, en fin d’année 2020, allant de -12% à -16,7%». Cette croissance négative à -16,7% promise à la fin de cette année se traduit par le chômage, l’expansion de la pauvreté, l’augmentation du nombre de familles vivant dans la précarité, la fermeture des entreprises, etc.
Que peut faire un gouvernement qui a laissé tomber l’économie nationale à ce point?
Ces contre-performances sont le résultat conjugué de plusieurs facteurs dont évidemment la crise sanitaire. On ne devrait pas continuer à les imputer seulement au contexte de crise internationale, mais aussi au manque d’équilibre dans les mesures prises pour lutter contre la pandémie.
Quels que soient les plans de redressement ou de relèvement qu’on peut mettre en place, le premier facteur pour sortir de cette hécatombe est politique. Il faut une volonté politique pour relever l’économie nationale et cela commence par briser la shape d’immobilisme qui caractérise la politique actuelle avec des acteurs ayant déjà des années voire des décennies aux mêmes postes de responsabilité publique et qui sont plongés dans la sclérose. Généralement, ces acteurs publics sont mus par le souci de sauvegarder leur train de vie plutôt que de faire avancer les choses. Ils recalent le discours politique aux promesses et dans la pratique, ils s’arrangent à ne rien changer de peur de perdre leurs avantages et de voir les plus dynamiques leur damer le pion.
Dans un tel contexte, la diversification de l’économie nationale restera un programme théorique. Car, tant que le pétrole est là et qu’il coule, quel que soit le prix de son baril, ils auront toujours leur train de vie assuré. La diversification de l’économie nationale est un changement de paradigmes socio-culturels, politiques et économiques. Si l’on veut que l’agriculture se développe, il faut faire que les métiers agricoles soient valorisés et que ceux qui les exercent soient respectés dans la société. Les défis sont là, mais il faut un sacré courage de les relever, pour une économie à même de répondre aux aspirations des jeunes générations à la recherche d’emplois.

L’HORIZON AFRICAIN

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23 octobre 2020, 03: 47

L’editorial de la redaction

L’ÉDUCATION, LA FORCE ET LA QUALITÉ DE LA SOCIÉTÉ!

Ainsi donc, les élèves congolais ont renoué avec le chemin de l’école depuis le lundi 12 octobre. Après pratiquement six mois et demi d’inactivités (du 1er avril au 11 octobre) dus à la suspension des cours pour cause de pandémie de covid-19. Et la rentrée scolaire intervient sur fond de crise sanitaire, puisque le pays continue de faire face à la pandémie. Avec tout ce que cela induit de conséquences impactant la vie scolaire. Le ministre en charge de l’enseignement en a d’ailleurs informé l’opinion nationale.

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