Ainsi, le dernier remaniement gouvernemental avait pour motivation la recherche d’une plus grande efficacité de l’équipe gouvernementale. C’est ce que la Présidence de la République a laissé entendre dans le communiqué annonçant la reconfirmation d’Anatole Collinet Makosso au poste de Premier ministre chef du gouvernement. Il était demandé au Premier ministre reconduit de faire «des propositions susceptibles de concourir à une plus grande efficacité de l’équipe gouvernementale».
Ce qui sous-entend que l’équipe sortante avait un problème d’efficacité. En termes simples, on dirait qu’elle n’était pas suffisamment efficace. Maintenant, suffit-il de changer trois ministres pour avoir un gouvernement efficace? Cela ne suffit pas bien évidemment. L’efficacité implique aussi l’organisation et les méthodes de travail. Le Congo s’est donné une culture gouvernementale qui ne garantit pas l’efficacité. En plus de ce qu’ils sont politiques, les départements ministériels sont des supers administrations qui, pour leurs actions, doivent s’appuyer sur des structures sous tutelle: directions générales; commissions; agences; offices; sociétés; entreprises, etc. Malheureusement, il y a des départements ministériels aux titres ronflants, qui renvoient à des réalités abstraites ou qui se télescopent. C’est dire qu’en matière d’organisation, l’efficacité est mise en doute.
Ainsi, la formation qualifiante n’est qu’un aspect de l’enseignement technique et professionnel. La coopération internationale n’est qu’une dimension des affaires étrangères. Pour être efficace, il faut l’y rattacher. L’emploi n’est rien d’autre que le travail et on n’a pas besoin de créer deux départements ministériels pour cela. Quelle différence y a-t-il entre l’économie informelle et le secteur informel? L’économie fluviale n’englobe-t-elle pas la pêche fluviale dont s’occupe déjà le ministre en charge de l’agriculture? Est-ce qu’un membre du gouvernement peut réellement mener la lutte contre les anti-valeurs dans l’équipe où il appartient? Comment ira-t-il enquêter dans les cabinets de ses collègues? Ceux-ci ne le prendraient-ils pas pour un ennemi à abattre, parce que fourrant son nez dans leurs affaires? Les structures mises en place ne suffisent-elles pas pour lutter contre les anti-valeurs? Quelle distinction va-t-on faire entre les P.m.e (Petites et moyennes entreprises) et le secteur privé? Quelle industrie culturelle et artistique avons-nous au Congo? Bien sûr, on peut la développer à partir de l’existant. Mais, qu’avons-nous fait du Fespam? Au Burkina Faso, on a fait du Fespaco, une industrie du cinéma. On avait séparé l’administration du territoire et la sécurité publique en deux départements ministériels distincts. On y est revenu parce que ça n’a pas marché, surtout en période électorale. C’est en mettant les deux, ensemble, qu’il y a une efficacité de l’action publique.
Comme on peut le constater, le chevauchement des compétences ou des prérogatives des départements ministériels est l’une des causes de l’inefficacité d’un gouvernement. A cause de cela, des ministres en arrivent jusqu’à se chamailler et cela empoisonne le climat de travail au sein de l’équipe.
Rechercher l’efficacité, cela veut dire répartir les tâches de manière claire, nette et choisir des acteurs aux compétences éprouvées et qui soient politiques, dans le sens propre du terme, c’est-à-dire s’occuper et se préoccuper du bien public. Il y a des domaines qui nécessitent plutôt de créer des directions générales, des agences ou des offices sous tutelle des départements ministériels classiques, pour les gérer avec efficacité. Ainsi, il y aurait une direction générale ou une agence de l’emploi, sous tutelle du Ministère du travail; Une direction générale ou une agence de l’innovation technologique, sous tutelle du Ministère en charge de la recherche scientifique; une direction générale de la pêche fluviale, sous tutelle du Ministère en charge de la pêche et ainsi de suite!
Enfin, l’efficacité vient aussi des acteurs, par leurs propres compétences et talents à conduire l’action publique. A ce propos, le départ de Rigobert Roger Andély du gouvernement est perçu dans l’opinion comme un paradoxe. Voilà un ministre qui, en un an, a grandement impacté son domaine, de par ses qualités et son travail. Car, il y en a qui restent au gouvernement pendant des années voire des décennies, sans marquer autant leurs compatriotes. Ceux-ci restent dubitatifs sur le changement à la tête du Ministère des finances. Autant dire que la nouvelle équipe doit réellement mouiller le maillot, pour convaincre les Congolais de son efficacité. Le nouveau ministre des finances en étant un des acteurs-clés, dans la réussite de cette mission, en raison de ses qualités connues.

L’HORIZON AFRICAIN

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