Chargé des programmes à la R.d.p.h (Rencontre pour la paix et les droits de l’homme), Franck Loufoua Bessi a conduit une délégation dans le District de Sibiti, du 10 au 12 décembre 2021, pour faire l’évaluation de la campagne de sensibilisation menée en octobre 2021 sur le Cajac (Centre d’assistance juridique et d’action citoyenne), un mécanisme mis en place en 2017, par la R.d.p.h, pour assister les citoyens victimes de corruption. Au cours de son séjour, la délégation a réglé à l’amiable un litige foncier opposant une tante à son neveu.

Tonnerre d’applaudissements, explosion de joie, poignées de main en cette fin de journée du samedi 11 décembre, au village Mongo, dans le District de Sibiti. Landry Mabiala et sa tante Clémence Bitoti venaient d’être réconciliés, grâce à la médiation de la R.p.d.h, par le truchement de son instrument, le Cajac (Centre d’assistance juridique et d’action citoyenne), qui était saisi par le neveu.
En effet, depuis plus de deux ans, le neveu et la tante étaient sur le point d’en arriver à un clash, à cause d’un litige sur les droits coutumiers fonciers relatifs aux terres agricoles. Le chef du village avait du mal à trancher ce litige, tant le neveu lui reprochait un conflit d’intérêt dans cette affaire. Saisi par le neveu, le Cajac y est parvenu. «Les membres du Cajac n’ont fait que renforcer le processus de réconciliation que nous avons déjà entamé. Tout le plaisir est mien, parce que la société civile vient de réaffirmer son rôle régalien: accompagner les pouvoirs publics dans leurs actions», s’est réjoui pour sa part Philippe Makita, chef du village de Mongo.
Même avis du côté de la R.p.d.h. «C’est dire qu’il y a des gens qui ont compris l’importance du Cajac. C’est qu’il faut le plus noter, c’est cette attitude citoyenne dont les deux parties ont fait preuve en se confiant à l’autorité locale. Les autres auraient peut-être réglé le litige autrement», s’est félicitée Jeiss Miyalou, responsable du Cajac.
Début octobre dernier, la R.p.d.h et l’O.c.d.h effectuaient une mission de sensibilisation des populations des Districts de Sibiti, Komono et Zanaga sur la nouvelle gouvernance forestière, dans le cadre des projets «Forêt, gouvernance, marché et climat».
Le projet vise à «apporter un appui aux communautés locales et populations autochtones, en vue d’une participation efficiente et efficace dans la gestion des ressources forestières». Parmi les thématiques abordées, figurait en bonne place la lutte contre la corruption au moyen du Cajac. Mis en place en 2017 par la R.p.d.h, le Cajac est un instrument destiné à aider les populations à dénoncer et lutter contre la corruption. L’outil a aussi vocation à apporter de l’assistance juridique et judiciaire aux citoyens.
«J’ai pu trouver une parade contre le trafic d’influence et la corruption. Désormais, si un bantou abuse d’un autochtone, je n’aurai qu’à appeler le Cajac», promet Antoine Tsoumou, un autochtone du village Sala-Mbama dans le District de Zanaga.
Si des observateurs redoutent déjà des cas de corruption dans la mise en œuvre des initiatives telles que le Redd+ et dans les retombées de l’aménagement des forêts, il était plus que temps d’informer les populations de la Lékoumou de l’existence d’une sorte de parade contre la corruption. Aux populations de s’en servir de manière conséquente.

John NDINGA-NGOMA

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici