Jamais dans la gestion publique, on peut imaginer un tel niveau d’abandon de l’environnement public! C’est comme si la ville était orpheline. Rien ne peut justifier un tel état d’abandon et faire croire qu’on arrangera dès que les budgets seront disponibles. Ni la crise économique, ni la crise sanitaire, encore moins la crise ukrainienne ne peut expliquer un tel niveau d’abandon!
Les quelques voies goudronnées dans les quartiers sont simplement en voie de disparition, au grand dam des usagers dont les automobilistes qui payent pourtant la taxe de roulage (appelée taxe de circulation ailleurs) sans laquelle ils n’ont pas droit de circuler sur la voie publique, leurs automobiles pouvant être mis en fourrière, systématiquement, par la police ou la gendarmerie. Tout le monde sait que cette taxe a pour vocation de financer l’entretien et le développement de la voirie urbaine. C’est sa raison d’être.
Et pourtant, les autorités municipales ou nationales auxquelles cette taxe est versée demeurent insensibles ou indifférentes à l’état de dégradation continue et irréversible des voies goudronnées. Tout donne à penser que cette taxe n’alimente plus que les budgets de fonctionnement ou les salaires des agents municipaux. En principe, on devrait la verser directement au Fonds routier dont on peut étendre la mission à l’entretien des réseaux routiers urbains. Car, avec l’extension des villes, les mairies n’y arrivent plus. Elles se contentent tout au plus d’entretenir les centres-villes.
Pour ceux des responsables qui en douteraient encore, on les inviterait à visiter certains quartiers de la ville-capitale pour s’en rendre lamentablement compte. Et ce ne sont là que quelques exemples pitoyables de l’état d’abandon de la voirie urbaine. L’on sait que dans toutes nos grandes villes, la situation est similaire.
Avant la visite d’Etat du Président rwandais à Brazzaville, on était surpris de voir des ouvriers s’affairer à la salubrité sur quelques voies goudronnées. Les nids de poule étaient bouchés dans les principales avenues du centre-ville, depuis l’autoroute conduisant à l’aéroport.
Drôle de culture que celle héritée du temps du monopartisme où l’on ne s’occupait de la salubrité dans la ville qu’à l’occasion de l’accueil des visiteurs de marque. Dès que ceux-ci étaient repartis, fini le travail de salubrité. Après le départ du Président Paul Kagame, qui a fait de la capitale de son pays, un modèle de ville propre sur le continent, les menus travaux de réparation de nids de poules, d’éclairage public, d’entretien de jardins publics et de peinture, engagés avant son arrivée, ont disparu. Ils ne reprendront probablement plus qu’à la veille de l’arrivée du prochain hôte de marque.
Ce ne sont pas les budgets qui manquent. C’est la volonté politique qui n’y est plus. Combien les mairies récoltent-elles, chaque année, de la taxe de roulage et que font-elles avec cet argent? Les citoyens que nous sommes avons le droit de savoir, au nom de la loi sur la transparence et la responsabilité dans la gestion des finances publiques. Mais, point de rêve! Personne ne le dira. Notre sort de Congolais, c’est d’accepter de vivre dans des villes insalubres, où les routes sont défoncées, mettant ainsi, chaque jour, nos vies en péril.
L’HORIZON AFRICAIN

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