Le Congo est doté d’un nouveau projet de développement agricole. Il s’agit du Providac (Projet de développement intégré des chaînes de valeurs agricoles au Congo), sous tutelle du Ministère en charge de l’agriculture et dont le lancement officiel a eu lieu à Djambala, chef-lieu du Département des Plateaux, à travers un atelier tenu du 8 au 9 octobre 2021, avec la participation des producteurs venus de la Bouenza, du Pool et des Plateaux, les trois départements pilotes retenus pour l’instant.
Ayant comme coordonnateur Benoît Ngayou, ce projet a pour objectif de promouvoir une agriculture compétitive et résiliente, à travers le développement intégré des chaînes de valeurs agro-alimentaires.
D’une durée de six ans, le Projet de développement intégré des chaînes de valeurs agricoles au Congo a pour objectif de favoriser l’amélioration alimentaire, la réduction des importations et l’augmentation de la production agricole nationale, avec comme effet de créer des emplois destinés à réduire le chômage en milieu jeune. Le taux de couverture devrait être de 40%. Son financement est déjà disponible et son comité de pilotage sera bientôt mis en place, pour valider le tout premier programme de travail et le budget annuel.
A Djambala, les acteurs concernés par ce projet ont manifesté leur optimisme sur sa réussite. «C’est un projet qui vient d’être lancé, c’est comme un enfant, nous devons l’appuyer, nous, les agriculteurs. Nous devons nous impliquer. Le projet nous présente une chaîne de valeurs pour bien exploiter le maïs, le manioc, l’aviculture et la pisciculture. Cela nous permet de beaucoup produire, en vue de réduire le taux de la malnutrition», a confié Hermann Loko Samba, producteur en agro-pastoral, venu de la commune de Kinkala.
«Pour moi, c’est un projet alléchant. Il est venu peut-être pour booster l’agriculture au Congo, parce qu’il va travailler vraiment dans le secteur agricole. Dans notre groupement, nous avons des difficultés pour avoir des alevins et le projet nous parle déjà de la filiale de production des alevins, pour les mettre à notre disposition et cela nous arrange énormément», a dit Jean-Blaise Bakoudissa Pianda, président de la Coopérative agro-pastorale Terre et développement de Madingou, venu de la Bouenza.
«D’après moi, ce projet vient régler tous les aspects de problèmes qui ont fait que les projets ne réussissent pas. Quand j’entends la chaîne de valeurs, je vois le manioc, notre aliment de base, le maïs, la volaille et le poisson. Mais, il manque deux choses: le soja et le palmier à huile. Ce projet est très bien venu. C’est vraiment un idéal», a déclaré, pour sa part, Daniel Nkouka, vulgarisateur intermédiaire entre le Conseil départemental du Pool, et les acteurs de production.
«Ce projet procèdera aussi à l’ouverture des pistes agricoles, pour donner la possibilité aux producteurs d’écouler les produits agricoles vers les grands centres de consommation. Le Département des Plateaux est un grand bassin de production. C’est à Djambala ou dans les Plateaux où l’on parle toujours de la pomme de terre succulente qu’on peut relancer. Il y a également l’igname. L’espace existe pour développer les activités agricoles. La main d’œuvre est aussi disponible. Il suffit que les producteurs s’organisent en groupements, pour atteindre les résultats escomptés», croit savoir Pierre Essié, secrétaire général et délégué du District de Djambala aux travaux de l’atelier.

Martin
BALOUATA-MALEKA