Projet Durquap

Faire de la restructuration des quartiers précaires, un programme permanent

Le Projet Durquap (Développement urbain et de restructuration des quartiers précaires), financé par la Banque mondiale et mis en œuvre conjointement avec le gouvernement, a été initié en février 2016 pour une durée de cinq ans (Février 2016 à mai 2021). Celui-ci a été prorogé deux fois: d’abord pour 13 mois jusqu’en juin 2022, ensuite pour six mois dont la date buttoir était fixée au 30 décembre de cette année. Pour marquer officiellement la fin de ce projet, un atelier a été organisé, le vendredi 30 décembre 2022, à l’Hôtel Radisson à Brazzaville. A l’issue de cette rencontre, les parties prenantes ont émis le souhait de voir ce projet être maintenu comme un programme permanant du gouvernement.

Le Projet Durquap vise l’amélioration de l’accès aux infrastructures de base pour les populations vivant dans les quartiers précaires ciblés à Brazzaville et à Pointe-Noire ainsi que le renforcement des capacités du gouvernement et des municipalités en matière de restructuration urbaine.

Le présidium pendant l'atelier.
Le présidium pendant l’atelier.

Dans son exposé, pendant l’atelier, le consultant Urbain Tsala a souligné que «le Projet Durquap a produit des outils d’urbanisme qui n’existaient pas depuis les années 85. Mais, ceux-ci peinent à être mis en ouvre». Il suggère «la vulgarisation des démarches de restructuration adaptées au Congo et l’élargissement du projet dans d’autres villes». Au cours de l’atelier, les échanges ont porté entre autres, sur l’entretien des ouvrages réalisés dans le cadre de ce projet et le manque de mesures d’accompagnement des C.g.d.c (Communautés de gestion et de développement communautaire). Il en ressort qu’«il y a eu des erreurs dans la conception du Projet Durquap». Raison pour laquelle un cabinet, Idea consult, a été choisi pour identifier, en dehors des audits urbains menés avec les services d’urbanisme de chaque arrondissement, les besoins à court et moyen termes des municipalités de Brazzaville et de Pointe-Noire, en moyens humains et techniques ainsi qu’en infrastructures, équipements collectifs et entretien. Chaque arrondissement a proposé cinq projets qui seront réalisés. Pour illustration, on peut citer la réhabilitation et le réaménagement du siège de l’arrondissement 4 Moungali et le pavage de la Rue Nkouma, à partir de l’Avenue de la Cité des 17, et de la Rue Loumo jusqu’à l’Avenue Boueta-Mbongo.

Une vue des participants pendant l'atelier.
Une vue des participants pendant l’atelier.

Prenant la parole, Louis Gabriel Missatou s’est dit satisfait des résultats apportés par le Durquap en dépit de son caractère pilote. «C’est une expérience qui n’a jamais été tenté et qui, pour nous en tant que bénéficiaires et autorités municipales, a été une réussite dans le sens où les objectifs fondamentaux ont été atteints», a-t-il déclaré. Il a souligné que la municipalité fera le suivi des infrastructures réalisées par le projet. «La décentralisation au Congo est un principe constitutionnel. Et à partir de l’année 2023, il y aura, pour la première fois, deux transferts de compétence qui seront associés aux transferts de budgets», a-t-il affirmé.

De son coté, Alain Alfred Eléli, coordonnateur du Projet Durquap, a rappelé que les ouvrages construits dans le cadre du projet bénéficient d’une garantie d’une année par les entreprises en charge des travaux. Il a, également, évoqué la poursuite du projet. «Nous avons des pourparlers avec le gouvernement, pour la préparation d’un prochain projet multisectoriel, qui sera soutenu par la Banque mondiale», a-t-il dit.

L'Ecole de Moukoundzi-Ngouaka réhabilité et réfectionné à Brazzaville.
L’Ecole de Moukoundzi-Ngouaka réhabilitée et réfectionnée à Brazzaville.

Dans son mot de clôture, le directeur de cabinet Fernand Sosthène Likouka a remercié le gouvernement et la Banque mondiale pour la clairvoyance, le suivi et l’implication à tous les niveaux qui ont contribué à l’atteinte des résultats escomptés. Il en appelle à «dupliquer ce genre de projet qui impacte directement et positivement la vie des populations». Ainsi, le souhait de tous est de voir le Projet Durquap être transformé en un programme gouvernemental permanent, avec le concours des partenaires financiers traditionnels dont l’inévitable Banque mondiale.

Rappelons que la cérémonie de clôture de l’atelier s’est déroulée sous le patronage de Fernand Sosthène Likouka, directeur de cabinet de la ministre du plan et de la statistique, en présence de Louis Gabriel Missatou, premier vice-président du conseil municipal de Pointe-Noire, Alain Alfred Eléli, coordonnateur du Projet Durquap, des représentants des administrateurs-maires des arrondissements bénéficiaires du projet et bien d’autres invités. Deux temps forts ont marqué cet atelier: la présentation du rapport du Projet Durquap par le consultant Urbain Tsala et, ensuite, les échanges avec les participants.

Roland KOULOUNGOU