Proclamation des résultats des élections législatives

Incompréhension, déception et colère, à côté de ceux qui jubilent !

Après la proclamation des résultats du premier tour des élections législatives, c’est un sentiment mitigé qui prédomine. Il y a de l’incompréhension, de la déception et de la colère, à côté de ceux qui jubilent, notamment les élus du premier tour. Le P.c.t est le parti qui est sorti grand gagnant, avec déjà une majorité écrasante de 103 députés sur 151. Mais, le parti au pouvoir essuie aussi beaucoup de critiques, à cause des méthodes utilisées par beaucoup de ses candidats pour se faire élire.

L’ambiance, de manière générale, est à la crispation dans le pays. C’est depuis la soirée du jeudi 14 juillet que Télé-Congo, la chaîne nationale, publiait une bande annonce sur son écran que bientôt, la publication des résultats des élections législatives. Finalement, c’est vers 1h40 du matin, que Guy-Georges Mbacka, ministre de l’administration du territoire, de la décentralisation et du développement local a fait son apparition sur le petit écran, pour lire les résultats, département par département.

Le P.c.t, le parti au pouvoir, compte plus d’une cinquantaine d’élus dès le premier tour. L’U.d.h-Yuki et l’U.pa.d.s (opposition) ont fait des percées remarquables. Le R.d.p.s et le M.a.r se sont maintenus à Pointe-Noire et dans le Kouilou. Le Club 2002-Pur a eu quelques élus. Il y a des indépendants qui ont tiré leur épingle du jeu. Le M.c.d.d.i a bu de l’eau tout comme beaucoup d’autres partis.

Mais, dans beaucoup de circonscriptions, il y a des témoignages que les résultats publiés ne reflètent pas les statistiques sorties des urnes. Il y aurait même des cas flagrants. Ce qui décrédibilise le scrutin. On a proclamé élus dès le premier tour, des candidats arrivés en troisième position par exemple. D’autres ont été remontés, pour aller au deuxième tour. Enfin, d’autres, pourtant auteurs présumés des cas de fraude, de tricherie, de corruption, de transhumance d’électeurs, de trafic de cartes de vote ou de trafic d’influences sur les agents électoraux et les autorités locales, etc, ont été, malgré tout, proclamés vainqueurs.

Dans certaines circonscriptions à Brazzaville, des précautions ont été prises sur le plan sécuritaire, pour prévenir les troubles à l’ordre public, car l’on craint que les partisans des candidats battus manifestent leur colère de manière violente. Finalement, le calme règne partout, mais dans les états-majors politiques des partis dont les candidats estiment avoir subi des injustices, c’est l’incompréhension ou la colère.

La circonscription de Ngo, dans le Département des Plateaux, est la seule dont les résultats n’ont pas été publiés. Dans une déclaration publiée la veille, dans les réseaux sociaux, Digne Elvis Okombi-Tsalissan, le député sortant, déplorait la disparition du président de la commission locale d’organisation des élections, Jean-Paul Efaka, qui aurait quitté Ngo sur la pointe des pieds, sans avoir terminé les opérations de compilation des résultats avec les autres membres de la commission. Que va-t-il se passer à Ngo? La coordination de la C.n.e.i (Commission nationale électorale indépendante) ne s’est pas encore prononcée sur la question.

En tout cas, tel que c’est parti, il risque d’y avoir beaucoup de requêtes en contentieux. «Les résultats des élections législatives, locales et sénatoriales, transmis par la Commission nationale d’organisation des élections sont proclamés par le ministre de l’intérieur, sous réserve du contentieux électoral», dit la loi électorale. Celle-ci précise: «Toute élection, sous réserve de l’alinéa 2 de l’article précédent, peut être contestée dans les quinze jours qui suivent la proclamation des résultats du scrutin». «La requête est écrite. Elle est adressée, selon les cas, au président de la juridiction constitutionnelle ou du tribunal de grande instance qui en donne, sans délai, avis éventuellement à l’assemblée dont l’élu est membre». Pour les candidats qui s’estiment lésés, à vos requêtes!

Ralph Justin OBILLANGOULOU