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Procès de l’ancien maire de Brazzaville : Christian Roger Okemba s’est engagé dans la stratégie de la non-culpabilité

Procès de l’ancien maire de Brazzaville : Christian Roger Okemba s’est engagé dans la stratégie de la non-culpabilité

La Cour d’appel de Brazzaville tient, depuis le lundi 6 juillet 2020, au Palais de justice, sa session criminelle qui a, à son agenda, 41 affaires dont celle impliquant l’ancien maire de Brazzaville, Christian Roger Okemba, le directeur général du budget, Nicolas Okandzi, et six autres prévenus poursuivis pour «détournement des deniers publics et prise illégale d’intérêt ou d’avantage dans un acte». Dès la première audience de son interrogation, l’ancien maire a plaidé non-coupable.

Le procès relatif à l’affaire de détournement de fonds à la mairie de Brazzaville n’est pas radio-télévisé, comme l’avait souhaité le principal prévenu, mais il est couvert par les médias dont l’accès est, malgré tout, limité à un nombre restreint, par strict respect des mesures barrières contre le coronavirus.
L’affaire porte sur un montant de 1 milliard 250 millions de francs Cfa, une enveloppe représentant l’appui budgétaire du gouvernement destiné à la mairie de Brazzaville, tout comme la mairie de Pointe-Noire en avait bénéficié, pour réaliser des travaux d’assainissement, de réparation et réhabilitation de la voirie urbaine.
Dès la première audience de son interrogation, l’ancien maire Christian Roger Okemba, qui comparaît avec son épouse, Mme Anastasie Eléonord Okemba, née Ibara, directrice de l’Hôpital de base de Makélékélé, a plaidé non-coupable, niant les griefs portés contre lui en ces termes: «Je ne reconnais pas les faits.»
Charge donc à l’accusation, à savoir le Ministère public, assuré par le procureur général, Michel Oniangué, de démontrer, devant la cour et le jury, qu’il y a eu détournement de fonds publics et de prouver l’implication de l’ancien maire et ses sept co-accusés. C’est l’enjeu du fond de l’affaire, après l’évacuation des questions de forme et l’enquête de moralité.
Justifiant le virement des fonds dans le compte de la société privée Af Nora, l’ex-maire a déclaré: «Ces fonds étaient virés directement dans ce compte, afin d’exécuter les travaux. Ce qui m’a guidé, c’était la garantie de ces fonds. Je n’ai jamais nourri l’intention de les détourner. Si vous voyez bien l’utilisation de ces fonds, vous comprenez que je n’ai rien pris.»
Mais, on a senti qu’il a manifesté un embarras, se contentant de dire que c’était pour mettre ces fonds à l’abri des prédateurs. «Dois-je mettre les fonds de l’Etat là où quelqu’un va prendre pour amener à Paris? J’ai préservé les fonds des prédateurs», a-t-il dit, en reconnaissant que «chacun peut se tromper, mais ma volonté était que les choses marchent bien». En clair, Christian Roger Okemba ne reconnaît pas avoir détourné l’argent de la mairie. Pour lui, c’est sans doute une erreur de gestion d’avoir créé la société Af Nora. Il a plutôt dénoncé «un complot politique et familial» contre lui. Les jurés apprécieront, au regard de loi.
Après l’audience, l’un de ses avocats, Maître Andrea Brigitte Nzingoula, a confié à la presse son optimisme sur la suite du procès: «Il y a des infractions qui sont reprochées à mon client. J’ai vu le dossier et j’ai montré à la cour qu’il y a plein de choses à redire dans cette procédure.» Mais la Cour criminelle a rejeté les exceptions soulevées par les avocats de la défense sur la procédure. Pour autant, ils n’ont pas perdu confiance. L’avocat de Nicolas Okandzi, Maître Eric Yvon Ibouanga, a affirmé être confiant dans l’issue du procès, parce que dans cette affaire, son client avait agi «sur instruction de sa hiérarchie et suivant la procédure d’urgence.»
Rappelons que cette affaire concerne le virement, à la demande de Christian Roger Okemba, lorsqu’il était maire, d’une subvention d’un milliard deux cent cinquante millions de francs Cfa accordée par l’Etat, dans un compte privé de la société Af Nora appartenant à sa fille. Une partie de cette subvention avait déjà été utilisée, à travers des paiements par anticipation. Mais, la plus grande partie de l’argent, soit près d’un milliard, a été bloquée à la banque, après l’ouverture de l’enquête. Il y aurait eu des complices au niveau du Ministère des finances et du budget, parmi les co-accusés. Il s’avère qu’à la barre, l’ancien maire nie les faits, contrairement à ses déclarations pendant l’enquête. Ses réponses aux questions du président de la cour ne semblent pas cohérentes. Le verdict est probablement attendu cette semaine.

Chrysostome
FOUCK ZONZEKA

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l'horizonafricain

L'horizon Africain, un journal d'information paraissant au Congo Brazzaville

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04 décembre 2020, 05: 37

L’editorial de la redaction

«DES QUESTIONS BATEAU»

L’expression est utilisée par le chef de file de l’opposition, à l’issue de l’audience que le Président de la République, Denis Sassou-Nguesso, lui a accordée samedi 21 novembre dernier. Parlant de la réforme du processus électoral, Pascal Tsaty-Mabiala a utilisé l’expression que ces questions sont devenues des «questions bateau». Cela mérite qu’on s’y arrête un peu.

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