Initié par Rfi (Radio France internationale), les Editions Lattès, en partenariat avec la Cité internationale des arts, le Prix littéraire «Voix d’Afriques» a couronné, récemment, lors de sa deuxième édition, le jeune auteur congolais, Fann Attiki. Âgé de 29 ans, celui-ci a été récompensé pour son premier roman intitulé «Cave 72», une fiction qui se déroule au Congo-Brazzaville, son pays natal.

Le lauréat de l’acte 2 du Prix littéraire «Voix d’Afriques» a été sacré après un appel à écriture des jeunes plumes sur le continent africain parmi les trois cent cinquante manuscrits reçu par les organisateurs de ce concours.
Grand lecteur de Sony Labou Tansi, d’Emmanuel Dongala, ses ainés congolais, mais aussi de Gustave Flaubert, découvert dans sa jeunesse à Pointe-Noire où il est né en 1992, Fann Attiki a commencé par être slameur, avant de devenir écrivain. Installé à Brazzaville, la capitale congolaise, depuis 2016, auteur de nouvelles à ses débuts, le lauréat congolais s’est par la suite lancé dans un roman dont il a fini l’écriture pour participer à temps au concours panafricain proposé par Rfi et les Editions JC Lattès et dont l’objectif est de faire lire en France de jeunes talents non édités.
Son manuscrit, sélectionné parmi cinq finalistes, l’a emporté lors des délibérations du jury présidé par l’écrivain ivoirien Abdourahman A. Waberi et un comité composé de journalistes, éditrices, blogueurs, libraire, auteurs et responsables culturels venant de France, de Côte d’Ivoire ou de Mauritanie, entre autres.
«Cave 72», titre de son roman primé, est le nom d’un bar à Brazzaville où se retrouvent quatre jeunes congolais qui passent leur temps à refaire le monde, en buvant des bières et en regardant les passantes, jusqu’au jour où ils sont piégés dans un complot qui implique un ancien ministre.
À la croisée du roman policier, avec un meurtre à la clé, du roman politique, avec les coulisses peu reluisantes du pouvoir et du roman satirique, la fiction est aussi burlesque dans les dialogues et les situations que sérieuse dans les thèmes abordés: corruption, machination, désillusion d’une partie de la jeunesse.
Dans une langue très énergique où le français est émaillé de lingala, kituba ou encore de lari, «Cave 72» dégage une vitalité littéraire incontestable avec un bouillonnement d’idées, de références, de révolte et d’humour qui rend hommage à la population de la capitale congolaise dans ses souffrances et ses sourires.
Rappelons que la première édition du Prix littéraire «Voix d’Afriques» a couronné, en 2020, l’auteur ivoirien Yaya Diomandé, né en 1990 et vivant à Abidjan, pour son roman «Abobo Marley».

Nana KABA