La cuvée 2022 du Prix littéraire Baobabs, attribué par l’Académie des Baobabs, au Canada, pour récompenser les auteurs d’Afrique et de la diaspora, a livré son verdict récemment, à Montréal. L’écrivain guinéen Tierno Monénembo a frappé un grand coup, en recevant le Baobab du roman pour «Saharienne indigo», publié aux Editions Seuil. Une mention spéciale a été attribuée au Congolais Marien Fauney Ngombé, grâce à «Tant que l’équateur passera par Penda», son roman paru en septembre 2021 aux Editions Les Lettres mouchetées (Pointe-Noire, Congo).
Il va sans dire que pour le jeune auteur congolais basé en France, figurer au palmarès du Prix littéraire Baobab aux côtés des écrivains de renom comme Tierno Monénembo ou Dany Laferrière (Baobab d’honneur) est une grande reconnaissance et un motif de fierté. «Un grand merci au jury du Prix littéraire Baobab, pour la mention spéciale de l’année 2022 décernée à mon roman, «Tant que l’équateur passera par Penda», a, simplement, commenté,  sur son compte Facebook, le lauréat congolais.
De quoi parle l’œuvre de Marien Fauney Ngombé? «Tant que l’équateur passera par Penda» est un roman qui raconte l’histoire d’un jeune homme qui est le fils d’un ponte du régime déchu et qui sait donner un sens à sa vie. C’est une histoire sur la quête de soi. Le roman traverse différentes époques charnières de l’histoire de l’Afrique sub-saharienne. Il se passe au Congo, même si je ne le nomme pas. Et on voit comme ça une saga familiale, depuis les années pré-indépendance, jusqu’à l’arrivée de la démocratie avec des Conférences nationales. Et donc, le roman se situe principalement à ce moment-là, quand le narrateur perd son père, l’arrivée de l’indépendance. Il voit comment la famille est en plein délitement; il voit comment des opportunistes changent casaque pour épouser les nouveaux idéaux de la démocratie. Ces mêmes qui étaient amis de son père. Donc voilà, ce jeune homme comprend son existence avec l’arrivée de ces événements-là. Et, dans cette saga familiale, il permet de questionner le sens de la famille, son père qui avait un rôle central dans cette famille-là, comment aujourd’hui, on tourne le dos à son enfant, à sa descendance, pour faire court. C’est un roman aussi sur le retour aux sources. Parce que le narrateur, le personnage principal, une fois qu’il comprend que c’était une fin en soi de venger son père, il se rapproche de sa grand-mère, qui est la dépositaire de l’histoire de cette famille-là. Il se rapproche de ses ancêtres et il trouve du sens, peut-être, en se rapprochant de ses valeurs ancestrales, ses valeurs africaines séculaires. Donc, c’est un roman qui questionne, qui parle également du destin de l’Afrique. Avec l’arrivée de la modernité, quel destin, quel choix à faire. Il questionne l’Afrique sur les voies à prendre pour son épanouissement, tout simplement», explique l’écrivain congolais, sur la chaîne de télévision en ligne Ziana Tv.
A la question de savoir d’où lui vient cette inspiration, Marien Fauney Ngombé répond: «Ce roman, son inspiration me vient, tout simplement, de mon Congo natal. Je suis né au Congo. Ce pays m’inspire; ce pays qui a encore des plaies ouvertes, qui a connu de nombreux tournants, de nombreux épisodes tristes, je dirais, dans son histoire. Mais ce pays qui regorge aussi de tellement d’énergie, qui porte en lui beaucoup d’espoir».
Très engagé dans la promotion de la culture africaine, Marien Fauney Gombé est fondateur du think tank «Ateliers citoyens du Congo», spécialisé dans la promotion du soft power du Bassin du Congo. Il est aussi président de l’Association Akwa Mossé et promoteur culturel à travers la structure So’Art.

Nana KABA

L’auteur Tierno Monénembo primé à Montréal