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Prix Ahmadou Kourouma (littérature) : L’édition 2020 décernée à la romancière camerounaise Hemly Boum

Prix Ahmadou Kourouma (littérature) : L’édition 2020 décernée à la romancière camerounaise Hemly Boum

La Camerounaise Hemly Boum est la gagnante de l’édition 2020 du Prix Ahmadou Kourouma, pour son roman «Les jours viennent et passent», paru aux Editions Gallimard, en France. Son nom a été dévoilé par le jury présidé par Jacques Chevrier, professeur émérite à La Sorbonne et président de l’A.d.e.l.f (Association des écrivains de langue française) et dans lequel faisait également partie l’écrivain congolais Boniface Mongo Mboussa. La lauréate a reçu sa distinction le vendredi 30 octobre dernier, à l’occasion du Salon du livre en ville qui s’est déroulé du 28 octobre au 1er novembre à Genève, en Suisse.

C’est avec émotion que l’écrivaine Hemly Boum a accueilli le prix qui lui a été attribué. «Je sais que le monde est saturé de douleurs et qu’au bout d’un moment, l’esprit ne peut plus accueillir. Mais, il y a, malgré tout, des limites», a-t-elle réagi, en référence à l’attaque survenue au Cameroun, le 24 octobre dernier, dans une école située en zone anglophone et qui a fait sept morts parmi les enfants âgés de neuf à onze ans. «Ce prix, je le leur dédie. C’est complètement dérisoire. Mais, Boko haram, c’est ça aussi: «Boko», c’est livre, éducation et haram, c’est interdit». Et ce n’est pas pour rien que la brutalité attaque la culture; ce n’est pour rien que des sauvages peuvent tuer des enfants qui sont sortis de chez eux le matin pour aller dans une salle de classe et le jour où ces choses ne nous émouvront plus, je crois que l’on sera arrivé à la fin du voyage», a-t-elle poursuivi, d’un ton grave.
Autrice camerounaise dont le prénom signifie, en langue bassa, «espérance», Hemley Boum a déjà, à, son actif, quatre romans: «Le clan des femmes» (Edition l’Harmattan, 2010); «Si d’aimer» (Ed. La Cheminante, 2012); «Les maquisards» (Ed. La Cheminante, 2015), pour lequel elle a reçu le Grand Prix de l’Afrique noire, en 2015.
Dans «Les jours viennent et passent», la lauréate de l’édition 2020 du Prix Ahmadou Kourouma a choisi d’emprunter une écriture sensible et forte pour évoquer le destin de générations de femmes, de familles déchirées par les violences de l’histoire de leur pays, le Cameroun, mais aussi la France de l’exil. Des thèmes d’une cruelle actualité.
«L’idée de ce roman m’est venue après un choc immense. Le 7 janvier 2015, au moment de l’attentat contre la rédaction de Charlie Hebdo, j’étais chez moi, je regardais les images., épouvantée par l’horreur du geste et par l’improbable course-poursuite que nous vivions en direct à la télévision. Une semaine plus tard, un attentat perpétré par Boko Haram faisait 150 morts, à Kolofata, dans la région de l’extrême Nord camerounais, sans provoquer plus que de maigres articles dans la presse», a-t-elle confié au magazine Jeune Afrique.
Pour la petite histoire, c’est en 2004 que le Salon africain décidait de rendre hommage au monument de la littérature africaine, l’Ivoirien Ahmadou Kourouma, disparu en décembre 2003, en créant un prix littéraire qui porte son nom et qui est décerné chaque année, dans le cadre du Salon du livre de Genève. Il récompense un auteur d’expression française, africain ou d’origine africaine de l’Afrique subsaharienne pour un ouvrage de fiction (roman, récit ou nouvelle) dont l’esprit d’indépendance, de lucidité et de clairvoyance s’inscrit dans l’héritage littéraire et humaniste légué par le romancier ivoirien.
Outre la reconnaissance littéraire et le rayonnement médiatique pour son lauréat, ce prix est également doté d’une somme de 5000 francs suisses (un peu plus de 3 millions de francs Cfa).
Deux auteurs congolais ont déjà remporté ce prix soutenu par la Direction du développement et de la coopération (D.d.c) et l’O.i.f (Organisation internationale de la Francophonie). Il s’agit d’Emmanuel Boundzéki Dongala, en 2011, pour «Photo de groupe autour du fleuve» (Editions Acte Sud) et de Wilfrid Nsondé, en 2018, pour «Un océan, deux mers, trois continents» (Actes Sud).

Nana KABA

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L'horizon Africain, un journal d'information paraissant au Congo Brazzaville

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03 décembre 2020, 12: 13

L’editorial de la redaction

LES CÔTÉS AMERS DE LA DÉMOCRATIE!

Des milliers de supporters du Président Donald Trump ont manifesté, samedi 14 novembre dernier, à Washington, pour protester, une fois de plus, contre la présumée «fraude électorale» qui aurait privé leur champion de sa victoire à l’élection présidentielle du 3 novembre. Ils sont allés manifester leur colère jusque devant la Cour suprême des Etats-Unis, dans le quartier du Capitol Hill, comme pour appuyer les recours en justice introduits par les avocats du Président Trump. C’est la démocratie, peut-on dire! Mais, la démocratie a ses côtés amers et on l’oublie souvent.

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