Après son succès avec le recueil de poésie, «A l’éros, à la muse des cantiques», publié en septembre 2020, par les Editions L’Harmattan Bénin, Chanterelle Piya, magistrate de nationalité congolaise, fille d’un enseignant, récidive avec deux nouveaux recueils de poèmes, «Notus» et «Les verbes de la sève» que viennent de publier les Editions du Flamboyant et Communication basées au Bénin. Ces deux nouvelles publications en poésie confirment son talent de poétesse, elle qui a su mesurer l’intérêt d’avoir un livre, le lire et le comprendre.

C’est dans la lecture que Chanterelle Piya découvre, tôt, que tout être vivant demeure un mystère. C’est plutôt dans l’écriture qu’elle essaye de percer ce mystère, peut-on lire à la quatrième de couverture de sa deuxième publication.
«Notus» est un recueil de poèmes qui symbolise le vent du midi, comme nous le lisons dans la mythologie grecque. Un vent qui est parfois chaud et tantôt humide. C’est une alarme qui sonne le glas de l’ambiguïté des rapports entre les êtres. Si ces vers philosophent et s’interrogent sur les races, les astres, les lois, les prisons, les ennemis, les choix, «Notus», c’est aussi ces vers de liberté, de pureté, d’espoir et de détermination, a confié l’auteur, au cours d’un échange avec les journalistes.
«Notus», c’est l’espoir suscité après un voyage quel que soit la destination. Selon l’auteure, «Notus» fait appel aux concepts, qui peuvent être des vices comme des vertus. «Nous ne sommes pas de cette race… De cette race insatisfaite et rapace… Exhumant le mal de sa carapace. Nous ne sommes pas de cette race», peut-on lire, à la page 8.
Quant au second recueil de poèmes, «Les verbes de la sève», c’est un recueil dont la trame est la sagesse, explique l’auteure. Il est un baume régénérant l’esprit de la sève humaine, ajoute-t-elle. Par ces verbes, il renseigne et enseigne sur certaines vertus et sur certains vices. Pour ne citer que la paix, la prudence, la force, l’argent, le pouvoir, l’hypocrisie, la paresse… «Il y a des choses qu’on dit… Qu’on ne termine pas. Des choses qu’on termine… Qu’on ne dit pas…».
Le critique littéraire peut être tenté de dire que les deux recueils de poèmes sont complémentaires, surtout que les poèmes sont pleins de symboles. A ce stade, l’auteure peut être comptée parmi ceux qui pourront défendre le Congo, dans ce genre littéraire.
Les poèmes de Chanterelle Piya sont riches en images. Celles-ci sont utilisées pour évoquer tel ou telle chose. Une profondeur de langage poétique qui est reconnu à Jean Baptiste Tati-Loutard, pour ne citer que celui-là. Elle puise ses thématiques dans la philosophie, la sociologie, l’anthropologie, qui constituent pour elle des sources d’inspirations inépuisables et des sciences qui placent l’homme devant ces multiples choix.

Narcisse MAVOUNGOU