Grâce à son poème inédit «Mémoire d’amour», Alvie Mouzita, écrivain et professeur d’anglais à Brazzaville, a décroché le premier prix de la première édition du concours de poésie «Brazzaville, capitale de la France-Libre» (1940-1942). Une compétition ouverte aux Congolais basés au pays et à ceux de la diaspora, dont le jury international était présidé par Gérard Dhesse, poète, écrivain et membre de la Maison de la poésie des hauts de France.

Le lauréat de la première édition du concours de poésie «Brazzaville, capitale de la France-Libre» (1940-1942), Alvie Mouzita, a devancé Tristell Mouanda Moussoki, Prix du meilleur poème pour «Paroles pour le salut du fleuve» (2ème); Bertin Dzangué, Prix de pertinence poétique («L’hymne de la liberté») (3ème); Emmanuelle Ana Nkodia, Prix de persévérance poétique («Frêle fille fragile d’Afrique») (4ème) et Bikoumou Gnali-Mpungu, Prix d’encouragement poétique («Du côté de la Mfuwa) (5ème).
«Lorsque j’ai appris que j’étais sacré Prix d’excellence du jury, c’est-à-dire premier lauréat du concours, qui est d’ailleurs à sa première édition, j’étais habité par un silence très profond où j’entendais mon cœur dire: «Merci, mon Dieu!». C’est dire qu’en écrivant mon texte intitulé, «Mémoire d’amour», véritable chant de mémoire et d’espérance, j’ai voulu honorer nos ancêtres, depuis le commerce d’indigènes, l’accaparement des terres, le travail forcé, les blessures, les larmes et les différents trépas connus et méconnus, y compris les centaines de milliers de soldats africains qu’on qualifiait laidement de «Tirailleurs sénégalais», lesquels sont morts pour libérer la France, naguère en otage par l’armée d’Adolf Hitler, en contrepartie d’une pseudo-indépendance. Pouvez-vous imaginer que pendant cette période, «la France, la vraie, n’y était plus. Elle était ailleurs», ici à Brazzaville, pour reprendre les termes de l’historien Hopiel Ebiatsa? En subsurface, le Fleuve Koongo en fut témoin oculaire. Lui qui a ingurgité toute la douleur des peuples. Donc, il est de notre devoir de ne point déchirer ces pages d’histoire, car nos ancêtres en étaient hommes-porteurs-d’espoir; et qu’il vaille de l’enseigner à tout venant sans falsification aucune, pour une prise de conscience historique et sociétale», a commenté l’auteur de l’anthologie «Vendeurs d’émotions» (Editions Renaissance Africaine, 2022).
En dehors de son coup d’essai littéraire, Alvie Mouzita a participé à sept ouvrages collectifs, dont quatre ont été déjà publiés, entre autres, «Baiser d’une mère», «Cantilènes funèbres», «Anthologie des meilleurs ‘nouveaux’ poètes africains», et «Dialoguer en poésie».
Né à Mindouli, dans le Département du Pool, en République du Congo, Alvie Mouzita est sorti des moules de l’École normale supérieure, à Brazzaville. Il fut troisième lauréat du Prix Cipa, en 2022, finaliste du Prix Pierre Ntsemou en 2021 et lauréat du Prix Pabloemma, la même année, pour son manuscrit «Chants pour une fleur». Il est, par ailleurs, fondateur du Prix Vendeurs d’émotions, pour une poésie sans frontières.

Nana KABA