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lun 5 décembre 2022
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Plan de résilience économique face aux risques de crise alimentaire

Soutenir les populations pour qu’elles produisent davantage

A l’instar de la France, le Congo s’est doté d’un plan de résilience économique pour faire face aux risques de crise alimentaire provoquées par la guerre en Ukraine. Elaboré par le Secrétariat technique de la Cellule de veille créée par le gouvernement et placée sous la direction du ministre d’Etat Alphonse Claude N’Silou, ministre du commerce, des approvisionnements et de la consommation, ce plan, d’une durée de douze mois, est soutenu par un Fonds de résilience fixé à 145 milliards 799 millions de francs Cfa. Il est alimenté par les profits générés par la montée des cours du pétrole, à cause de la guerre russe en Ukraine. C’est une véritable opération coup-de-poing qui, en douze mois, doit permettre de booster la production agro-alimentaire du pays, pour réduire sa dépendance aux importations alimentaires et stabiliser les prix, suivant le pouvoir d’achat général des populations. En attendant l’adoption de ce plan par le gouvernement, nous en donnant les grandes lignes.Il s’agira d’identifier et d’accompagner les structures de production existantes dans les secteurs agro-pastoral et halieutique, de manière à augmenter leur production, à travers les appuis financiers qui seront faits aux différentes filières dont la filière volaille. Le gouvernement va soutenir la construction de ces filières, en les protégeant par le relèvement de la taxe à l’importation, une barrière douanière en faveur des filières locales dont la filière volaille devant être développée à court terme.
Les actions du plan de résilience viendront conforter celles du P.n.d (Plan national de développement). Il conviendra de raccourcir les délais d’exécution des actions du P.n.d, en ce qui concerne le pilier agro-pastoral et halieutique, pour réduire, de manière crescendo, la dépendance alimentaire du Congo.
Le Plan de résilience traite une opération coup-de-poing, une réaction à une situation difficile de la crise alimentaire mondiale aggravée par la guerre en Ukraine et qui, espérons-le, sera de courte durée. Il s’agira d’identifier et d’accompagner les producteurs agricoles et les éleveurs nationaux structurés de manière à augmenter leur production, afin de réduire de 10% au moins par an la dépendance du Congo de certains produits alimentaires de base à l’international. «Nous ne devons plus accepter que la vie de notre peuple dépende du travail d’autres peuples», avait indiqué le Président Denis Sassou Nguesso lors de ce conseil des ministres.

                                         Mécanisme d’encadrement

L’urgence de la situation commande une rapide mobilisation des fonds. Une partie des profits du secteur qui tire avantage de la guerre sera orientée vers les secteurs qui perdent du fait de la guerre, pour soulager les populations. Cette ressource nouvelle, non prévue dans le budget exercice 2022, va alimenter le Fonds de résilience, support financier du plan de résilience dont le coût (hors dépense fiscale) est estimé à: 145.799.000.000 F Cfa.
Dans l’approche proposée par le ministre d’Etat, ministre du commerce, tous les fonds doivent être gérés par le Ministère des finances à travers les banques qui vont créer des produits financiers spécifiques. Le ministre d’Etat ministre du commerce est opposé à ce que les fonds soient mis entre les mains des personnes physiques. Il est convaincu que cette rigueur va permettre la réussite du plan de résilience.
Ainsi, pour la mise en œuvre des actions à réaliser à moyen terme, le Ministère des finances passera par les banques qui vont créer des produits financiers spécifiques en faveur des producteurs et des fournisseurs, à l’exclusion des fonctionnaires qui n’ont ni qualité ni compétence de s’impliquer dans ce processus. Le financement arrivera aux producteurs et aux éleveurs préalablement sélectionnés sous la forme d’un prêt à taux zéro remboursable sur une longue durée de dix ans au moins.

                                      Les transporteurs de marchandises

Ce sont les acteurs qui interviennent dans la chaîne d’approvisionnement en produits alimentaires de première nécessité. Il s’agit des importateurs, producteurs agro-pastoraux et halieutiques, industriels du secteur agroalimentaire; transporteurs de produits alimentaires de base (transporteurs de marchandises pour aider le transport des produits agricoles des bassins de production aux zones de consommation; garages de mécano auto appartenant aux nationaux; transporteurs de denrées alimentaires, intrants agro-pastoraux et halieutiques sur toute l’étendue du territoire national. Les camions de transport de marchandises vont circuler gratuitement à travers le territoire national, sans péage. Les frais des péages, durant les douze mois de l’opération coup-de-poing, seront à la charge du budget de l’Etat.
Comme on peut le constater, le Plan de résilience économique définit différentes mesures à effets immédiats visant à réaliser les objectifs à court et à moyen termes propres à renforcer la résistance aux impacts de la crise alimentaire mondiale et à surmonter la flambée des prix des produits alimentaires de base. Ces mesures et actions ont fait l’objet de communication par le ministre d’Etat ministre du commerce au conseil des ministres du jeudi 5 mai 2022. L’objectif général étant de renforcer la résistance aux impacts de la crise alimentaire mondiale. Il s’agit spécifiquement de:
– maintenir un bon niveau d’approvisionnement du pays en denrées alimentaires de base;
– stabiliser les prix;
– identifier et accompagner les producteurs agro-pastoraux et halieutiques nationaux structurés de manière à augmenter leur production.

Jean-Clotaire DIATOU

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