C.s.l.c (Conseil supérieur de la liberté de communication)

Philippe Mvouo a appelé les journalistes, une fois de plus, à leur responsabilité

Après les élections législatives et locales, scrutins des 4 et 10 juillet 2022, le président du C.s.l.c (Conseil supérieur de la liberté de communication), Philippe Mvouo, a organisé, mardi 19 juillet 2022, à l’Hôtel Olympic palace, à Brazzaville, une conférence de presse pour parler de la couverture médiatique et du comportement des journalistes durant la période électorale. A cette occasion, il a déclaré aux journalistes «qu’ils ont péché, pour avoir manqué de traduire la souveraineté électorale. Autant que les politiques ne veulent pas s’exprimer dans les médias, autant les journalistes ont péché par absence de réalisme rédactionnel».

Philippe Mbouo a d’abord rappelé l’importance de la démocratie pluraliste. Il a indiqué que s’il a tenu à faire une conférence de presse, c’est par rapport aux citoyens qui s’étonnaient du silence du C.s.l.c sur ce qui s’est passé dans les médias, concernant la couverture de la campagne électorale. «Le C.s.l.c qui représente l’ensemble de la famille médiatique congolaise a pensé que nous puissions nous retrouver ici, pour qu’ensemble nous apportions une appréciation sur le rôle des journalistes», a-t-il fait savoir.

Après son mot introductif, à peine trois collègues s’étaient inscrits pour poser des questions, juste de forme, concernant le rapport attendu du C.s.l.c. Ce qui a étonné le président Mvouo, qui a parlé de l’aridité des journalistes. «La démocratie congolaise s’inscrit dans ses propres réalités. Malheureusement, les attentes du peuple n’ont pas été comblées, parce que la démocratie se nourrit des paroles. Ces paroles ce sont des discours, des débats sur des questions essentielles de la vie économique, culturelle, politique, environnementale… », a-t-il fait savoir. Avec le franc-parler qui le caractérise, il n’a pas mâché ses mots, en disant «dans cette société moderne, les maîtres de la parole, ce sont les journalistes». Il a fait la remarque aux journalistes de ne pas saisir cette opportunité pour poser des questions sur ce qui s’est passé. Finalement, c’est l’intervention de du reporter de L’Horizon Africain, qui a permis de soulever les préoccupations que tout le monde attendait, à savoir le traitement inégal des candidats dans les médias publics. Ce qui a donné l’occasion au président du C.s.l.c de souligner les défauts qu’il a constatés. Au niveau des candidats, le refus de s’adresser aux médias; au niveau des journalistes, le fait d’être au service de quelques candidats et le traitement inégal de la campagne électorale.

Philippe Mvouo a reconnu tout de même les difficultés auxquels les médias sont confrontés, à savoir le manque de financement. C’est une question lancinante, a-t-il sait savoir, en citant l’exemple du Bénin qui, a une élection, a donné une enveloppe de 400 millions de francs Cfa au régulateur, pour financer le travail des médias pendant les élections. Au Congo, ce n’est malheureusement pas encore le cas.

En sa qualité de régulateur, il a aussi dénoncé le discours de haine qui s’est développé pendant la période électorale et auquel les médias ont fait écho, «même si c’est un seul candidat qui en a payé les frais». Il a saisi l’occasion de cette conférence de presse pour annoncer l’organisation prochaine, dans trois mois, d’un forum sur le discours de haine. La responsabilité des journalistes est de mise dans la consolidation de la paix et de l’unité nationale.

Chrysostome FOUCK ZONZEKA

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