Sélectionner une page

Patriotisme économique

On a suivi sur une radio dite internationale qu’un pays africain connaît des difficultés actuellement à cause de sa dette. Elle représente plus de 80% de son P.i.b. Les fonds privés d’investissement ne veulent être des laissés-pour-compte, au regard de la dette chinoise. C’est en quelque sorte la situation de tous les pays africains, notamment ceux qui ont connu une période faste, du fait d’un produit de rente.
Le questionnement qui vient à l’esprit, lorsqu’on parle de ces pays, est: comment ont-ils contrôlé leur économie? C’est la question du patriotisme économique. Un économiste sénégalais, le professeur Moustapha Kassé, rappelle avec force comment le patriotisme économique peut booster l’émergence économique. Il postule que «le patriotisme économique est composé de deux aspects. Dans l’aspect défensif, on essaye de faire en sorte qu’on sécurise son secteur privé par des législations et des règlements bien précis. Cela peut être un patriotisme plus offensif: en ce moment, on prépare l’entreprise à prendre des parts de marché à l’extérieur. Autrement dit, nous ne pouvons pas, sous prétexte de répondre à des standards internationaux qui sont imaginaires, nous priver de faire comme tout le monde. Il y a des pratiques nationales. Je crois à ces pratiques nationales. (…) Essayons de voir comment nous pouvons faire en sorte de promouvoir nos propres biens nationaux».
Et, répondant à un journaliste à propos de la crise du coronavirus, il conforte cette idée de patriotisme, en affirmant que «les États africains doivent exploiter cette nouvelle recomposition de l’ordre mondial et se battre avec détermination, sérieux et rigueur, pour trouver leur place dans le nouveau concert des Nations, en exploitant, en toute indépendance (sortir des tutorats, des servitudes et des mimétismes infantilisants), le potentiel de partenariat «gagnant-gagnant» en faveur de leur développement. Ne loupons pas l’essentiel (…) Au-delà des incantations, pour arriver à l’émergence, il faut un État fort, démocratique, actif et capable d’impulser et d’organiser la société, de créer des externalités positives au niveau des infrastructures de base (santé, école, routes, énergie, assainissement, etc.), de guider et coordonner ces politiques sectorielles (industrielles, agricoles, des services, de la recherche et des innovations technologiques), d’encadrer les institutions de financement du développement, de promouvoir, appuyer et associer le secteur privé, de défendre un patriotisme économique clairvoyant et enfin de mettre en œuvre une politique sociale qui, au-delà de la justice sociale et de l’égalité des chances, se fixe de combattre le triple fléau du chômage, de la pauvreté et de la précarité».
Et le Professeur Kassé de conclure: «La politique économique et sociale doit être portée par un État fort et transformationnel qui ne doit être ni mou (G. Myrdal), ni prédateur (F. Bayard), ni patrimonial (P. Jacquemot), ni surchargé (Banque mondiale), ni contourné (P. Hugon). Une de mes hypothèses de travail est que ce qui freine la croissance n’est pas seulement l’insuffisance des ressources financières, technologiques mais aussi les paramètres institutionnels et politiques. Les modèles d’État ont conduit partout en Afrique à l’État bonapartiste souvent incapable de construire un système économique performant, un régime politique démocratique. Ce modèle qui comprend plusieurs variantes a précarisé et dévoyé toutes les institutions législatives, judiciaires et exécutives. C’est pourquoi il suscite beaucoup de controverses relativement à ses défaillances, ses dysfonctionnements et ses impuissances instrumentales».
C’est la nécessité pour le développement de ce qu’un économiste congolais appelle «la gouvernance transformationnelle pour un progrès endogène». Mais, les intellectuels africains sont-ils écoutés par les politiques? C’est l’expertise extra-africaine qui est experte.

Prométhée

A propos de l'auteur

Laisser une réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

heure locale

20 octobre 2020, 12: 53

L’editorial de la redaction

L’ÉDUCATION, LA FORCE ET LA QUALITÉ DE LA SOCIÉTÉ!

Ainsi donc, les élèves congolais ont renoué avec le chemin de l’école depuis le lundi 12 octobre. Après pratiquement six mois et demi d’inactivités (du 1er avril au 11 octobre) dus à la suspension des cours pour cause de pandémie de covid-19. Et la rentrée scolaire intervient sur fond de crise sanitaire, puisque le pays continue de faire face à la pandémie. Avec tout ce que cela induit de conséquences impactant la vie scolaire. Le ministre en charge de l’enseignement en a d’ailleurs informé l’opinion nationale.

Lire la suite

Je m’abonne à la newsletter de l’horizon africain

Votre Publicité

Archives

Statistiques de notre site

  • 39
  • 37
  • 1 681
  • 3 551
  • 424
  • 579
  • 18 octobre 2020

Votre météo

booked.net