Lors de sa 16ème session, le 14 décembre 2021, le Comité intergouvernemental de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel de l’Unesco (Organisation des nations unies pour l’éducation, la science et la culture) avait pris la résolution d’inscrire la rumba congolaise sur la liste du Patrimoine culturel immatériel de l’humanité. Près de six mois après cette victoire remportée par les deux Congo, le ministre de la culture et des arts, Dieudonné Moyongo, a, officiellement, remis le certificat de cette inscription au Premier ministre, chef du gouvernement, Anatole Collinet Makosso. C’était au cours d’une cérémonie qui a eu lieu le jeudi 9 juin 2021, à l’Hôtel Radisson Blu, à Brazzaville, en présence des corps constitués nationaux et internationaux.

L’acte a été exprimé en ces termes: «Monsieur le Premier ministre, chef du gouvernement, qu’il vous plaise de recevoir le certificat d’inscription de la rumba congolaise sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité», a déclaré Dieudonné Moyongo, lors de la remise du certificat. Le ministre de la culture et des arts a rappelé que c’est le 26 mars 2020, sur la base des orientations des Présidents Denis Sassou-Nguesso, de la République du Congo, et Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, de la République Démocratique du Congo, qu’un dossier de candidature multinationale intitulé, «Rumba congolaise» avait été introduit auprès de l’Unesco, en vue de l’inscription de cet élément, identité commune des deux Congo, sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité. Une inscription actée le 14 décembre 2021, lors de la 16ème session du Comité intergouvernemental de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel de l’Unesco qui s’est tenue entièrement en ligne, du 13 au 18 décembre 2021.

L’orchestre mythique, les Bantous de la Capitale.
L’orchestre mythique, les Bantous de la Capitale.

Dieudonné Moyongo a, ensuite, rendu hommage aux artistes des deux rives du Fleuve Congo qui ont su perpétuer ce patrimoine d’une valeur inestimable, en lui donnant une vitalité, une architecture et une mathématique toujours renouvelée, une parure toujours plus scintillante: Nino Malapet, Pamelo Mounka, Kosmos Moutouari, Youlou Mabiala, Michel Boyibanda, Ange Linaud, Pembey Sheiro, Roga-Roga, Djoson Philosophe, Luambo Makiadi, Tabu Ley, Docteur Nico, Sam Mangwana, Papa Wemba, Abeti Massikini, Koffi Olomidé, Fally Ipupa, etc.

La photo des officiels à l’issue de la cérémonie.
La photo des officiels à l’issue de la cérémonie.

Le ministre de la culture et des arts a également loué la persévérance, l’abnégation, l’esprit de résilience, le savoir-faire et le dévouement patriotique des membres du Comité scientifique du Congo, présidé par le Professeur Joachim Emmanuel Goma-Thethet, qui ont su donner de leur temps et de leur intelligence, pour faire aboutir cette inscription qui honore les Congolais à plus d’un titre… «Cette inscription est, en vérité, un réel motif de fierté et de satisfaction pour nous. Une fierté personnelle que chaque Congolais doit ressentir, celle d’appartenir à une vaste communauté culturelle dont l’élément le plus caractéristique de notre identité a été reconnu au plan international. Pour les praticiens congolais de la rumba, notamment les musiciens, il y a davantage de fierté d’avoir participé à une longue et exaltante épopée culturelle débutée sur les deux rives du fleuve Congo, il y a plus de quatre-vingts ans», a-t-il indiqué.
Pour Dieudonné Moyongo, le grand bénéfice pour les praticiens (musiciens, chroniqueurs, opérateurs culturels, danseurs, etc.), c’est de profiter du label Unesco pour se former, s’équiper, s’entourer de compétences nécessaires pour être compétitifs en s’arrimant aux standards mondiaux, afin d’être des créateurs d’entreprises, bref des businessmen qui vont non seulement engranger des devises, mais surtout contribuer à la diversification de l’économie nationale. «Aujourd’hui, avec la montée en puissance de nouveaux courants musicaux, il nous faut veiller, plus que jamais, à la sauvegarde de la rumba congolaise que nous avons héritée des anciens et que nous avons, par conséquent, le devoir de transmettre à la postérité; elle fait partie de notre identité», a-t-il conseillé.
Recevant le document, Anatole Collinet Makosso a déclaré: «Au nom du président de la République, chef de l’État, je reçois ce certificat en toute fierté». Puis, il a félicité le Comité scientifique pour le travail accompli. «Le Président de la République s’est permis d’exprimer sa reconnaissance à l’Unesco et de saluer le travail remarquable des délégués de la République du Congo à cette institution, entre autres M. Henri Ossebi», a-t-il ajouté. Signalons que la cérémonie a été agrémentée par les orchestres les Bantous de la capitale et Super Nkolo Mboka de Djoson Philosophe, grands défenseurs de la rumba.

                                                                                                                        Nana KABA

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