Sélectionner une page

Pasteur Germain Loubota, Président du Coserco (Conseil supérieur des églises de réveil du Congo) : «Nous avons décidé de lancer une riposte spirituelle contre la pandémie de Covid-19»

Pasteur Germain Loubota, Président du Coserco (Conseil supérieur des églises de réveil du Congo) : «Nous avons décidé de lancer une riposte spirituelle contre la pandémie de Covid-19»

Dans la lutte contre la pandémie de Covid-19, les confessions religieuses ont décidé d’apporter leur pierre à l’édifice. En effet, elles ont mis en place un comité d’appui à la solidarité nationale contre la Covid-19, dirigé par un conseil des présidents coiffé par Mgr Anatole Milandou, archevêque de Brazzaville, afin d’appuyer les pouvoirs publics dans l’application, par les populations, des mesures préventives de lutte contre la pandémie de Covid-19.

Liant la parole à l’acte, le comité a apporté sa contribution à hauteur de 5 millions de francs Cfa au Fonds national de solidarité. Dans l’interview qu’il nous a accordée, le Pasteur Germain Loubota, président du Coserco (Conseil supérieur des églises de réveil du Congo), un des présidents dudit Comité, explique l’engagement des confessions religieuses dans la lutte contre la pandémie de Covid-19.

* Pasteur, le comité d’appui à la solidarité nationale contre la Covid-19 qui réunit le Conseil Supérieur Islamique, le Conseil œcuménique des Eglises chrétiennes et le Conseil Supérieur des Eglises de Réveil, a organisé, le jeudi 14 mai 2020, un culte interconfessionnel au Palais des congrès de Brazzaville, avec la participation du Premier ministre Clément Mouamba, Président d’honneur de votre Comité a-t-on appris et représentant du Chef de l’Etat, et des membres du gouvernement. Quel est l’objectif de cette initiative spirituelle?
** Nous nous sommes retrouvés, pour réfléchir sur la façon dont nous pouvons nous organiser en tant que confessions religieuses, pour proposer aux plus hautes autorités de notre pays, une dimension spirituelle, dans la lutte contre le coronavirus. Pour endiguer la propagation de la maladie, les pouvoirs publics, à travers le monde, ont édicté des mesures barrières. Depuis que cette attaque a commencé à partir de la ville de Wuhan, en Chine, en décembre 2019, ne trouvant ni vaccin ni de traitement adéquat, les Nations se sont organisées pour sensibiliser les populations à respecter les mesures barrières. Les populations par la suite ont été appelées à rester chez elles. Ce que l’on appelle le «confinement». Cela a été l’unique mesure pour freiner la propagation du virus. Au regard de cela, les responsables des confessions religieuses se sont organisés pour analyser la situation sur son volet spirituel. C’est ainsi que nous avons décidé de lancer une riposte spirituelle contre la pandémie de Covid-19 qui a culminé avec le culte organisé au Palais des congrès.

* Comment en êtes-vous arrivés à mettre en place cette organisation, afin de contribuer à la lutte contre la pandémie?
** Dans notre pays, il y a trois principaux conseils qui gèrent l’activité cultuelle: le Conseil supérieur islamique; le Conseil œcuménique des Eglises chrétiennes et le Conseil supérieur des Eglises de réveil. Ces trois conseils se sont retrouvés pour mettre en place un comité d’appui à la solidarité nationale contre la Covid-19. Ce comité s’est donné cinq missions:
– organiser la riposte spirituelle conte la Covid-19;
– sensibiliser les populations sur l’existence de la maladie, parce que les pouvoirs publics ont constaté que celles-ci ne respectent pas les mesures barrières. Ainsi, ils ont senti la nécessité d’associer toutes les forces vives de la Nation, pour mieux mener cette tâche, afin que les citoyens puissent intégrer, dans leur quotidien, les mesures édictées.
– La troisième mission est de contribuer au Fonds national de solidarité, afin de répondre à l’appel lancé par les autorités en direction des citoyens. Nous nous sommes dits: puisque l’effort est demandé à toutes les populations, les confessions religieuses ne peuvent pas rester muettes sur cette question, même si l’Eglise est une association à but non lucratif, le débat en notre sein a conclu que l’Eglise, et au-delà, les confessions religieuses, peut répondre à cet appel de la Nation en détresse. Nous avons donc décidé d’abonder le Fonds national de solidarité, en apportant notre contribution, si modique soit elle, en raison des difficultés de mobilisation des fidèles dans le contexte de confinement.
– La quatrième mission, c’est de mener des activités liées à la lutte contre la Covid-19, notamment la fabrication des masques pour permettre à chaque citoyen congolais où qu’il se trouve, de disposer d’un masque et de le porter.
– La dernière mission, c’est participer, aux côtés des autres forces vives de la Nation, aux activités organisées par le gouvernement dans la lutte contre la pandémie. Nous allons également, au moment opportun, assister les familles vulnérables. Nous allons appuyer le gouvernement pour lui permettre d’avoir un fichier fiable notamment dans l’élargissement de sa base de données qui, pour l’instant, ne s’appuie que sur les données des fichiers «Lisungi» et «Telema».

* Où en êtes-vous dans l’exécution de vos missions à ce jour?
** A ce jour, nous avons organisé la riposte, qui a consisté, à l’exemple du peuple de Ninive, dans la bible, à reconnaître son péché et à s’humilier devant Dieu, par la repentance, de tous les actes pervers commis et qui le rendaient odieux devant Lui. Ce qui arrive à notre monde aujourd’hui est pareil avec ce qu’a vécu le peuple de Ninive. Donc, il a fallu organiser ces moments, pour implorer la grâce du Seigneur pour son peuple.
Le premier jour de prière a consisté à la repentance pour nos péchés personnels et ceux des leaders religieux. Tandis que le deuxième jour était consacré à la repentance pour les péchés de la Nation, du continent africain, berceau de l’humanité, et du monde entier.
Au troisième jour, l’accent était mis sur la repentance pour les péchés que le monde commet et sur la prière pour notre guérison personnelle, celle de notre pays, de l’Afrique et du monde entier. Après la prière, un acte prophétique d’ovation de Dieu a été organisé .Cette riposte devait se faire également dans les chefs-lieux de départements et dans les maisons, à travers la Nation entière. Nous bénissons l’Eternel, parce que cela a été un haut moment de grandes bénédictions pour notre pays. Après cette prière, l’abondement au fonds national de solidarité a été faite et nous attelons maintenant à la sensibilisation des populations.

* Selon vous, pasteur, pour quelles raisons les populations ne veulent pas appliquer les mesures barrières édictées par les pouvoirs publics?
** Je sais qu’on communique sur la maladie, les spots sont diffusés, mais la population, dans une grande partie, semble réticente à croire les messages portant les mesures édictées. Au point même de croire que la maladie n’existerait pas. C’est pourquoi, les serviteurs de Dieu qui sont des leaders d’opinions ayant une grande prise sur les croyants peuvent mieux convaincre. Si un croyant ne respecte pas les mesures édictées, il pèche contre l’autorité établie selon les écritures dans 1 Jean 3, verset 4.Il y est dit que le péché, c’est la transgression de la loi. Nous allons communiquer sur cette question, en disant, par exemple: «Portez votre masque, parce qu’aujourd’hui, c’est une mesure qui est assortie d’une pénalité, si vous n’obéissez pas». Nous allons faire des messages comme: «Portez votre masque et ne péchez plus en transgressant les mesures préventives édictées».
Donc, le chrétien concerné se dira: «Si je ne porte pas le masque, je commets un péché. Comme le salaire du péché, c’est la mort, il faut donc porter le masque». Nous pensons qu’à ce moment-là, une crainte peut s’emparer de la personne et celle-ci prendra la décision de porter le masque. Nous allons apporter une dimension spirituelle sur la question du port du masque.
Un autre aspect en période de déconfinement est de dire: «Restez prudent, car la Covid-19 rode comme un lion rugissant cherchant qui dévorer». Ce virus vient pour donner la mort. Vous entendez cela et vous voyez. Peut-être que chez nous, les gens ne voient pas les malades, mais cela ne veut pas dire que la maladie n’est pas là. J’ai eu un parent qui en a été victime à Pointe-Noire, sur les barges pétrolières. Il a subi un test qui s’est révélé positif. Il a été placé en quarantaine et durant cette période, il a utilisé le «tchioko». A la fin de la quarantaine, il a passé un autre test qui s’est révélé négatif. C’est un cas réel. Il faut dire que chez nous, il y a également des morts. Donc, les journalistes devraient travailler pour arracher les témoignages des malades et des guéris. Cela permettra de convaincre les populations.

Propos recueillis par Chrysostome FOUCK ZONZEKA

Abonnez-vous à notre newsletter et rejoignez les 11 autres abonné·es de notre liste.
close
Abonnez-vous à notre newsletter et rejoignez les 11 autres abonné·es de notre liste.

A propos de l'auteur

l'horizonafricain

L'horizon Africain, un journal d'information paraissant au Congo Brazzaville

Laisser une réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

heure locale

25 novembre 2020, 14: 26

L’editorial de la redaction

IL NE FAUT PAS PÉNALISER LES GÉNÉRATIONS FUTURES

On a hérité de la période de vaches grasses, quand les budgets de l’Etat étaient excédentaires grâce à la manne pétrolière (2004 à 2014), des habitudes qui, aujourd’hui où l’on gère les vaches maigres, risquent de pénaliser les générations futures, en raison des ardoises qu’accumule l’Etat chaque année. On pourrait alors se retrouver en porte à faux avec le principe de l’équité intergénérationelle.

Lire la suite

Votre Publicité

Archives

Statistiques de notre site

  • 44
  • 30
  • 2 447
  • 6 297
  • 852
  • 653
  • 18 novembre 2020

Votre météo

booked.net