Les Bantous de la capitale sont de nouveau en deuil. Après Edo Ganga, en 2020, un autre dinosaure de ce mythique ensemble musical congolais vient de tirer sa révérence. Il s’agit de l’auteur-compositeur et percussionniste Rikky Siméon (Siméon Malonga de son vrai nom), mort à son domicile, à Brazzaville, le dimanche 1er mai 2022, jour de la fête internationale des travailleurs. L’artiste était âgé de 80 ans. Surnommé aussi le «Gardien du temple», transfuge de l’Orchestre Cercul Jazz de Franklin Boukaka, Rikky Siméon a intégré la grande famille des Bantous de la capitale en 1967. Pour ne plus la quitter, jusqu’à sa mort. «C’est d’ailleurs l’une des chansons d’Essous titrée «Tantina tata ya mwasi» dont il est le chanteur principal qui m’a amené dans l’orchestre Bantous.
En l’écoutant chanter avec cœur cette chanson lors d’un concert des Bantous au Bar La Cascade de M. Nzalakanda qui se trouvait à côté du Pont du Djoué, il m’avait donné la chair de poule. Je suis tombé amoureux de la chanson et de de l’orchestre. Et le lendemain, j’ai quitté le Cercul Jazz où j’évoluais avec Franklin Boukaka, Ntounta Mamadou, Céli Bitsou qui est mon ancien collègue de classe, etc, pour les Bantous. J’ai posé ma demande en 1967 et le chef Nino Malapet m’a accepté», expliquait-il, dans une interview accordée récemment au journal La Semaine Africaine.
A son arrivée dans les Bantous, Rikky trouve des anciens comme Pandi, Célio, Kouka, Edo Ganga, Nino et Essous, avant que ce dernier parte monnayer son talent aux Antilles. Papa Noël et Delalune avaient déjà quitté le navire. «L’intégration était très facile, parce qu’on se connaissait déjà. Je connaissais presque tout le répertoire, j’avais l’habitude d’écouter les chansons des Bantous», affirmait-il.
A la question de savoir quels sont ses grands souvenirs avec les Bantous et comment envisageait-il son avenir dans cet ensemble musical, il avait eu la réponse suivante: «D’abord, J’ai été bien encadré. Aujourd’hui, je peux me permettre de tenir l’orchestre et de l’emmener à bon port. Les autorités doivent tout faire pour sauvegarder ce patrimoine congolais et continental. Ce n’est pas pour rien que Monsieur le Président de la République a décoré l’orchestre Commandeur dans l’Ordre du mérite congolais. Ils ont ce souci-là, mais les gouvernants et d’autres personnalités doivent continuer à nous soutenir et à faire davantage».
Rikky Siméon avait aussi donné son point de vue sur e l’inscription de la rumba congolaise au patrimoine immatériel de l’humanité: «C’est une excellente nouvelle. J’espère bien que cette inscription donnera plus de visibilité à cette Rumba tant prisée à travers le monde, ainsi qu’à nous autres artistes qui la pratiquons. Elle peut également devenir une véritable source économique pour les deux Congo, avec la mise en place d’une véritable organisation».
Au nombre des compositions de l’artiste disparu, on peut citer «Pitié», dans les Bantous de la capitale, et «Sango ya makasi», dans le Cercul Jazz. Humble, Rikky était un vrai gentleman qui se distinguait aussi par son élégance et son habillement. Coiffé d’un béret dont il changeait les couleurs à souhait, il mâchotait toujours un chewing-gum.
Signalons que la veillée mortuaire de Rikky Siméon (né le 18 février 1942, à Poto-Poto, le troisième arrondissement de Brazzaville) se tient au 70 de la Rue David Loulendo, au quartier La Base, dans le 4ème arrondissement de la capitale congolaise, Moungali. Espérons que le monde de la musique lui rendra l’hommage qu’il mérite, pour avoir consacré sa vie à la passion de la musique!

Nana KABA

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici