Récoltant les fruits du succès de son E.p (Extended play) «Bokoko», sorti en août 2021 et dont le clip a déjà atteint plus de 20 millions de vues sur Youtube en huit mois seulement, Roga-Roga avait pris date, ce mois de juillet en France, pour un concert du groupe Extra Musica au Melting Crew Awards, à Fontenay-sous-Bois, près de Paris. Puis, pour l’enregistrement du tant attendu album du virtuose bassiste Espé Basse, surnommé Saoudien. Une tâche noire a, cependant, marqué le séjour dans la capitale française du bientôt trentenaire ensemble musical brazzavillois: deux pièces maîtresses du groupe, à savoir le guitariste solo, Bondo Mania (transfuge de l’Orchestre Universal Zangul, né de la scission d’Extra Musica), et le chanteur Charly Chaleur, ainsi que la danseuse Julia ont pris la clé des champs dans la capitale française.

Si les causes de la fuite de Bondo Mania et de Julia ne sont pas élucidées, Charly Chaleur, pour sa part, justifie, sur son compte Facebook, les mobiles de son départ. Il évoque la xénophobie manifestée par certains de ses désormais ex-collègues et la mauvaise rémunération lors des concerts qu’Extra Musica a livrés aussi bien en Afrique, au Congo qu’à l’étranger.

Le guitariste solo, Bondo Mania.
Le guitariste solo, Bondo Mania.

Des raisons que les autres membres du groupe battent en brèche. «La fuite de ces artistes était préméditée. Ils attendaient simplement que l’occasion leur soit offerte. Les raisons qu’invoque notamment Charly Chaleur sont fallacieuses. Il m’accuse faussement de l’avoir injurié. Il pense que vivre en Europe, c’est facile, il se trompe, il va souffrir», a affirmé, en substance, sur Facebook, l’animateur Abidjan Ngotima.
Cité aussi parmi les «fuyards», le chanteur ponténégrin, Varan De Komodo, qui faisait partie de l’importante délégation conduite par Roga-Roga, dément avoir fait faux bond au leader d’Extra Musica. «Je suis patron d’un orchestre. Je n’ai pas pris la fuite, comme le disent certaines personnes. Mais, je suis plutôt resté, car j’ai quelques contrats de production à honorer et je dois profiter de l’occasion ou de l’opportunité pour régler quelques situations, me faire enregistrer à la Sacem (Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique), par exemple, avant de rentrer au pays. C’est ma première fois d’arriver ici en France et c’est grâce à mon grand-frère, Roga-Roga qui l’a fait par amour et considération. Aucun jour, je serai ingrat face lui. Les gens de mauvaise foi ne cessent de répandre la fausse nouvelle de la fuite… Je présenterai toujours ma gratitude à l’égard de mon grand-frère Roga. Je n’ai aucune intention de le choquer. Je n’ai pas fui, je prolonge le séjour. Dix jours ne pouvaient pas m’arranger à régler les situations de la Sacem, des shows et beaucoup d’autres…», s’est défendu le chanteur, patron d’un groupe de la ville océane congolaise.
Signalons que Roga-Roga et la délégation qui l’accompagnaient sont rentrés au bercail le 20 juillet dernier. Juste après, l’Orchestre Extra Musica s’est produit le samedi 23 juillet, à l’Hôtel Radisson Blu de Brazzaville. Les 29 et 30 juillet, il est prévu un déplacement au Tchad. «Après cette série de productions, je prendrai mes vacances de trois semaines à la Côte d’Azur à Nice, précisément du 1er au 25 août. Je reviendrai à Brazzaville, le 26 août, pour une production signée M.t.n (Ndlr: une société de téléphonie mobile), le 28 août, sur la Corniche de Brazzaville», affirmait, dans les colonnes du quotidien Les Dépêches de Brazzaville, le patron d’Extra Musica, quelques semaines avant son départ en France.

Nana KABA