Commune de Pointe-Noire

Inondation de plusieurs quartiers, après quatre jours de pluies intermittentes

Des images des quartiers inondés de Pointe-Noire, la capitale économique de la République du Congo, avec plus de 1,1 million d’habitants, circulent dans les réseaux sociaux depuis dimanche 6 novembre 2022, suscitant indignation et interrogation. Est-ce bien Pointe-Noire? Et oui! Très triste qu’en quelques jours de pluie, entre dimanche 6 et mercredi 9 novembre, des avenues bitumées et des rues de quartier se sont transformées en rivières, alors que les marigots débordent des eaux.

Les images sont impressionnantes. Mais, c’est du déjà vu et on en verra encore. Les Ponténegrins ont le sentiment que ce phénomène d’inondation des quartiers s’aggrave au fil des années. Agglomération côtière, Pointe-Noire connaît une forte progression de nouveaux quartiers avec une occupation incontrôlée de l’espace. C’est une ville qui est exposée aux inondations, avec de nombreux cours qui la traversent, une fréquence intense de pluies et la montée des eaux de l’océan. Les autorités municipales ont fait l’effort, ces dernières années, de construire des ouvrages de canalisation des eaux. Mais, il faut multiplier ces efforts si l’on veut endiguer le phénomène des inondations.

La ville océane, qui se prépare à célébrer le centenaire de sa fondation, dont le coup d’envoi va être donné par le Président de la République, Denis Sassou-Nguesso, en séjour de travail dans la ville, du 9 au 14 novembre, est dans la catastrophe des inondations. Evidemment, du côté des pouvoirs publics, c’est le silence. Les citadins, eux-mêmes, envoient les images du drame qu’ils sont en train de vivre.

Presque tous les quartiers sont confrontés au phénomène d’inondation, particulière dans les zones de vasière, c’est-à-dire au bord des marigots. Dans chaque quartier ou presque, il y a un marigot. En matière d’urbanisme, ce sont des zones «non edificandi», c’est-à-dire interdites de construction. Mais, des populations s’y installent quand même. Il y a aussi les flancs des montagnes, des collines ou des falaises où les risques d’éboulement sont certains, étant donné que le sol de Pointe-Noire est sablonneux, donc très érosif et très propice aux glissements de terrain. La mort d’un adolescent, mercredi 9 novembre, à Mongo-Kamba, «emporté» par les eaux d’un torrent du fait de la pluie donne la mesure de la catastrophe devenue courante en saison de pluie. Il est clair que le bilan de ces inondations ne sera peut-être pas connu.

John NDINGA-NGOMA