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Obsèques de Jacques Joachim Yhomby-Opango : L’ancien Président de la République inhumé à Owando, après un hommage national

Obsèques de Jacques Joachim Yhomby-Opango : L’ancien Président de la République inhumé à Owando, après un hommage national

Décédé le 30 mars 2020 et inhumé provisoirement en France, l’ancien Président de la République, Jacques Joachim Yhomby-Opango a eu droit à un hommage national, sous le patronage du Président de la République, Denis Sassou-Nguesso, après le rapatriement de ses restes mortels à Brazzaville, le jeudi 29 octobre dernier. Il a été conduit à sa dernière demeure, samedi 31 octobre 2020, à Owando, chef-lieu du Département de la Cuvette, après une messe de requiem en la Cathédrale Christ-Roi, présidée par l’archevêque, Mgr Victor Abagna Mossa.

L’exposition mortuaire au domicile de l’ancien Président, au quartier Mpila (centre-ville).

Un jour de deuil national était décrété le vendredi 30 octobre 2020, pour marquer le décès de l’ancien Président de la République, Jacques Joachim Yhomby-Opango. Après une veillée mortuaire au domicile de l’illustre disparu, au quartier Mpila, au centre-ville, dans la nuit du jeudi au vendredi 30 octobre, une cérémonie officielle de prise d’armes en sa mémoire, a eu lieu dans la cour du Palais des congrès, sous le patronage du Président Denis Sassou-Nguesso, accompagné de son épouse, en présence des présidents des institutions constitutionnelles, des membres du gouvernement, etc.
Dans une ambiance lourde sur fond de tristesse, le Vice-Premier ministre Firmin Ayessa a épluché, pendant une demi-heure environ, l’oraison funèbre qui a retracé le riche parcours militaire et politique de l’illustre disparu, qui était avant tout frère, ami et compagnon du Président Denis Sassou-Nguesso. «Parce qu’il était tout à la fois votre compagnon, votre ami, votre frère, à maintes égards: liens trinitaires, liens particuliers que les contradictions, mêmes les plus exacerbées, les vicissitudes et les aléas de la vie mêmes les plus retentissants n’ont jamais pu briser. Je sais, beaucoup savent Monsieur le Président, que grâce à cette relation insubmersible, peu sur lui n’a pu vous échapper tout au long de votre parcours partagé. Je sollicite dès lors votre indulgence afin que me soit excusé de trop peu l’excès dont ma langue pourrait se rendre coupable», a-t-il déclaré.
Parent direct du disparu, Firmin Ayessa a aussi rendu hommage à la veuve Marie Noëlle Yhombi, «qui est restée attachée à son mari jusqu’au bout».
Né le 31 janvier 1939, à Fort-rousset, actuelle Owando, Yhomby-Opango y a effectué ses études primaires, avant de les poursuivre à Brazzaville et à l’étranger, notamment en France, à l’Ecole militaire interarmes des Ecoles Saint-Cyr d’où il sort en 1962 avec le grade de sous-lieutenant, avant son retour au bercail pour intégrer les Forces armées congolaises en construction. Le même itinéraire a été suivi par feu Président Marien Ngouabi, son ancien compagnon d’armes. Il fut chef d’Etat-major général des Forces armées congolaises.
Sur le plan politique, il fut entre autres, chef du cabinet militaire du Président Alphonse Massamba-Débat, Président de République (1977-1979), Premier ministre (1994-1996) du Président Pascal Lissouba, et président-fondateur du R.d.d (Rassemblement pour la démocratie et le développement).
Après la cérémonie d’hommage de la République, le cortège funèbre s’est ébranlé vers l’Aéroport international Maya-Maya, pour un vol à destination d’Owando où, après une veillée mortuaire, l’ancien Président de la République a été inhumé après la messe de requiem marquée par l’homélie prononcée par l’abbé Urbain Braginel Ikonga, avec des citations en langue kouyou. «Permettez-moi, Son Excellence l’archevêque d’Owando, chers confrères, mes sœurs et mes frères, de dire un mot, en guise de témoignage, sur la personne du général Jacques Joachim Yhomby-Opango, dont j’ai eu fort heureusement l’insigne honneur de côtoyer le dernier mois de son pèlerinage terrestre. Comme chrétien, le général était habité, au plus profond de lui-même, par l’espérance chrétienne et l’objet de notre espérance, en effet, est de jouir de la présence de Dieu dans l’éternité. Jésus l’a promis à ses disciples en disant: «Je vous verrai de nouveau et votre cœur sera dans la joie, et votre joie, nul ne vous l’enlèvera» (Jn16,22).
Personnellement, j’ai été marqué par sa foi. Je le sentais aimer ces instants simples et intenses de prière, notamment au cours des célébrations eucharistiques que j’ai présidées, pendant mon séjour de deux semaines avant sa mort, chez lui à Vauréal. Oui, il aimait et réclamait ces moments de prière où il recevait l’eucharistie et le sacrement des malades. Je crois que le Christ qui est tendresse et pitié, lent à colère et plein d’amour, vous dira: «Serviteur bon et fidèle, entre dans la joie et la paix de ton maître». Cette paix qui habitait son cœur, car de son vivant, il a su reculer à plusieurs occasions ici à Owando ou ailleurs «Awo eeee! ndzanga essaba yo, ali ehongo» (qu’on peut traduire par: le tigre ne crie pas sa tigritude) (1).
Officier supérieur, il connaissait le métier des armes et n’agitait pas ses arrières, pour perturber la paix des autres. Mais, savait conseiller pour la paix surtout en tenant compte des rapports de forces. «Alihi ekia odzanga lobia eli lodohi no likongo kah» (Malgré ta bravoure, si tu n’as qu’une sagaie, tu ne peux pas t’opposer à celui qui a une arme à feu), disait-il en 1987. Mais, ses conseils étaient soldés par ceux qui n’ont pas le sens de la retenue, par les injures: «Ohiru amoro ekouendze» (Tu n’es qu’une femme, tu es peureux). Mais, l’homme était sage. Un homme d’Etat, un homme pacifique, qui agissait avec responsabilité. «Otwerè oboso, ondzanga ongongo» (D’abord la sagesse, la bravoure après)».
L’ancien Président de la république a été inhumé au cimetière familial du quartier Engobo, à Owando.

Hervé EKIRONO
(La traduction est de la rédaction)

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03 décembre 2020, 10: 51

L’editorial de la redaction

LES CÔTÉS AMERS DE LA DÉMOCRATIE!

Des milliers de supporters du Président Donald Trump ont manifesté, samedi 14 novembre dernier, à Washington, pour protester, une fois de plus, contre la présumée «fraude électorale» qui aurait privé leur champion de sa victoire à l’élection présidentielle du 3 novembre. Ils sont allés manifester leur colère jusque devant la Cour suprême des Etats-Unis, dans le quartier du Capitol Hill, comme pour appuyer les recours en justice introduits par les avocats du Président Trump. C’est la démocratie, peut-on dire! Mais, la démocratie a ses côtés amers et on l’oublie souvent.

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